Année 2009, hommage aux 50 ans de la Nouvelle Vague : le cas Doinel/Léaud


J. Pierre Léaud et M. France Pisier dans « Antoine et Colette »

On fête cette année les 50 ans de la Nouvelle Vague qui selon la légende aurait débuté avec « Le Beau Serge » (1959) et « Les Cousins » (1959) de Chabrol avec Gérard Blain, Brialy.. A peu près à la même époque, en 1959, Truffaut arpente la Croisette pour  « Les 400 coups », son premier film, en compagnie de son acteur Jean-Pierre Léaud, quatorze ans, et de Jean Cocteau, alors président d’honneur qui l’engagera aussitôt pour « Le Testament d’Orphée » (1960). Avec Léaud, qui deviendra un peu son double au cinéma, son alter ego dans la lumière, Truffaut va tourner d’abord la série des Doinel, les aventures d’Antoine Doinel démarrées avec « Les 400 coups » (1959), qu’il reprend quand Léaud est devenu adolescent pour un court-métrage « Antoine et Colette » (1962) dans le film choral « L’Amour à 20 ans », d’autant plus passionnant qu’ici il découvre la jeune Marie-France Pisier dont c’est la première apparition au cinéma. Ensuite, ce sera « Baisers volés » (1968) avec Claude Jade, Doinel/Léaud viré de l’armée, ses premiers boulots, ses amours impossibles notamment avec la femme du propriétaire d’un magasin de chaussures (célèbre scène où il appelle Delphine Seyrig « monsieur » par confusion). Dans « Domicile conjugal » (1970), Doinel/Léaud est marié à Christine/Claude Jade qu’il trompera ensuite avec une japonaise (scène culte où le couple lit dans son lit, lui avec un livre sur les femmes japonaises et elle sur Noureev). Plus tard, Truffaut tourne un dernier Doinel mais le coeur n’y est plus, c’est « L’Amour en fuite » (1979) où il retrouve Marie-France Pisier et l’animatrice Dorothée en contre-emploi. Dans l’intervalle, Léaud tourne encore deux films avec Truffaut : le film préféré du réalisateur « Deux anglaises et le continent » (1971) du même auteur que « Jules et Jim » et « La Nuit américaine » (1973) avec Jacqueline Bisset et la chanteuse Dani, le film de référence de cinéma sur le cinéma. Ensuite, Truffaut, prend la place de son acteur fétiche et va jouer lui-même certains rôles destinés à Léaud comme dans « L’Enfant sauvage ».

           

Léaud est une histoire de la Nouvelle Vague à lui tout seul, contrairement aux idées reçues, cet acteur génial n’est pas lié qu’à Truffaut au cinéma, très concerné politiquement, il tourne aussi avec Godard dont il partage l’engagement militant, « Masculin féminin » (1966) avec Chantal Goya, « Made in USA » (1966), « Alphaville’ (1966), « Week-end » (1967) avec Mireille Darc, « La Chinoise » avec Anna Karina (1967) et « Le Gai savoir » (1969) (il le retrouvera en 1985 dans « Détective »). On le verra aussi chez Rivette dans un film expérimental de plus de 10 heures « Out one » (1971) sans parler des héritiers immédiats de la Nouvelle vague :  Jean Eustache pour « Le Père Noël a les yeux bleus » (1966) et « La Maman et la putain » (1971) (film qui fit scandale à cannes la même année que « La Grande bouffe »), Philippe Garrel pour « La Concentration » (1968) et même avec Glauber Rocha, leader du cinema novo, Nouvelle Vague brésilienne, dans « Le Lion à sept têtes » (1969).
A noter qu’on devrait retrouver Léaud en sélection officielle à l’affiche de « Visage » de Tsai Ming-liang programmé le samedi 23 mai à Cannes.

Pendant le 62° festival de Cannes, Orange Cinéma Séries, dont je suis l’invitée au titre de ce blog spécial Cannes (voir mon billet précédent…), programme un cycle Nouvelle Vague sur Orange cinégéants avec notamment trois soirées Francois Truffaut les lundis au 11 au 25 mai 2009 dont une soirée spécial Doinel!

Jean Desailly et Françoise Dorléac dans « La Peau douce »

lundi 11 mai : « Tirez sur le pianiste » (1960) suivi de « Vivement dimanche » (1983) : un de premiers Truffaut (film noir, ce qui est rare chez lui  hormis « La Mariée était en noir ») avec Charles Aznavour et  le dernier film de Truffaut avec Fanny Ardant, sa dernière compagne (il a tourné aussi avec elle « La Femme d’à côté »).
lundi 18 mai : « Jules et Jim » (1962) suivi de « La Peau douce » (1964) :  deux Truffaut de la première époque, Jeanne Moreau dans un célèbre ménage à trois chantant « Le Tourbillon de la vie » et une histoire d’amour sans illusion avec Françoise Dorléac et Jean Desailly (fameux, à voir…).

lundi 25 mai : soirée Doinel avec successivement « Baisers volés » (1968), « Domicile conjugal » (1970) et « L’Amour en fuite » (1979) : les deux premiers films avec Jean-Pierre Léaud et Claude Jade sont indissociables et incontournables, le troisième, plus nostalgique, est déjà entré dans une autre époque, les cheveux de Doinel ont poussé comme la mode des seventies le voulait, Truffaut et Léaud ne tourneront plus ensemble, ils le pressentent.


Hormis Truffaut, Orange Cinéma Séries vient de programmer le 4 mai une soirée spécial Godard et a entamé pendant depuis début mai un cycle Bresson dont on peut considérer qu’il est un des maîtres à penser de tous les cinéastes qui le suivront de la Nouvelle vague à  encore aujourd’hui. Après « Le Procès de Jeanne d’Arc » (1961) et « Pickpocket » (1959) ce soir, à surveiller  de près la diffusion le lundi 22 mai à 22h45 d’un film rare, un chef d’oeuvre qu’on trouve difficilement en DVD, « Un Condamné à mort s’est échappé » (1956). Et aussi « L’Argent » (1983) le lundi 18 mai à 22h45 et « Lancelot du lac » (1974) le lundi 29 mai à 21h.
 

Site Orange Cinéma Séries spécial Cannes…

Mots clés: ,

Partager l'article

Lire aussi

Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Remplissez les champs obligatoires (required):

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to Top