Après le 62° festival de Cannes, Palmarès et barrières

  
Michael Haneke et Isabelle Huppert lors de la remise de la Palme d’or 2009 dimanche soir

Retour du festival de Cannes hier dans un train bondé comme j’avais rarement vu dans ma vie, cumulant les retours de vacanciers de l’Ascension, du Grand prix de Monaco et des derniers festivaliers cannois, la gare de Lyon à 20h hier soir n’avait rien à envier à la cohue de la Croisette. Si les lecteurs qui ont suivi mon blog spécial Cannes ont bien noté ma grande déception, voire mon exaspération des mille et une brimades administratives mises en travers de la route des projections des films en sélection officielle pour des blogueurs, cinéphiles, etc… férus de cinéma et basta, j’ai néanmoins pu voir (comment? lire plus bas…) la plupart des films primés au palmarès dont on peut trouver les critiques en cliquant sur les liens ci-dessous. Une vantardise et ce sera la seule à propos de Cannes… J’avais la veille du palmarès donné mes trois films préférés sur le blog spécial Cannes et ils ne s’en sont pas si mal tirés : « Fish tank » d’Andrea Arnold, « Un Prophète » de Jacques Audiard et « Kinatay » de Brillante Mendoza… Un cinéma novateur, moderne, réaliste, en prise avec le monde actuel.

En revanche, peu de gens de ma connaissance à Cannes ont été tentés d’aller voir

« Le Ruban blanc », pour une fois que j’avais une invit en trop et pas une invit en moins!!! un blogueur, charmant au demeurant, a décliné mon offre d’accepter l’invit sup, et je dois dire que sur l’instant, j’étais contente pour lui qu’il ait évité cette déprimante projection du film le plus pervers du festival quand le plus taré a été celui de Lars Von Trier (là aussi, mon blogueur préféré n’est pas venu!!! et il n’a pas eu tort)… Sévices sur les enfants qui reproduisent les schémas de maltraitance qui vont fabriquer la future génération nazie : « Le Ruban blanc » de Michael Haneke… Récit quasi-autobiographique de Lars Von Trier sur ses angoisses et sa dépression nerveuse sous l’argument d’un couple s’entretuant façon boucherie après le suicide de leur petit garçon qu’ils ne voient pas, trop occupés à l’extase sexuelle, maltraité insidieusement par sa mère en amont, « Antichrist… et une projection officielle qui se termine avec Lars Von Trier enfermé dans les toilettes du Palais des festivals et des malaises en série de spectateurs traumatisés assistés par les pompiers (voir mon billet du jour… )—–

Mon grand regret : avoir loupé le Tarentino, « Inglorious basterds »,  et avoir été empêchée de le voir dimanche en séance de rattrapage, les Pass cinéphiles étant, entre autres, interdits des projections du dernier dimanche où on repasse tous les films de la sélection officielle dans les différentes salles du Palais des festivals. Néanmoins, à 14h25, hier dimanche, je tente de passer voir le film de Gaspard Noé « Enter the void » (« Soudain le vide ») et soudain, les vigiles reçoivent une autorisation de dernière minute d’accepter quelques détenteurs de Pass cinéphiles pour cette séance, je cours monter les marches de la salle du 60° anniversaire, enfin un film autorisé avec mon Pass, pour la première et dernière fois de tout le festival, un Pass qui m’a servi pour un seul film… TOUS les autres films de la sélection ayant été vus en faisant de la rétape, soit en arrachant les places sur le tapis rouge parfois deux heures durant (avec la complication que dès le premier dimanche, on change le règlement, les Pass cinéphiles ne pourront plus utiliser les invit de couleur marron, soit la grande majorité des tickets, il va falloir trouver les tickets bleus VIP, rares…), soit grâce à Orange de qui j’étais l’invitée mais à qui l’administration du festival a refusé mon Pass, les mettant devant le fait accompli l’avant-veille de l’ouverture***, ce qui a créé une ambiance lourde pour tout le monde, ils étaients ennuyés pour moi, j’étais gênée de peser sur eux, etc… Le staff d’Orange a essayé cependant d’adoucir les choses en me donnant des invit dès que cela leur était possible, ce qui n’a pas été aussi facile qu’on pouvait le supposer, débordés pour leur premier Cannes cap cinéma (leurs chaînes cinéma ont moins d’un an), croulant sous les réunions de travail et pas mieux traités que les autres. J’ai voyagé avec une productrice américaine au retour en train, qui, après 19 ans de festival, n’ira pas l’année prochaine à Cannes pour cause de restrictions de tickets d’accès et autres portes fermées qu’elle ne comprenait pas compte tenu que, de son point de vue (le marché du film, le vrai festival sous les paillettes), les affaires étaient en berne cette année, les américains grand absents, les bars des grands hôtels vides, etc… (il ne s’agit que de son témoignage, 5 heures de parlotte en anglais, j’aurais au moins remis mon anglais à niveau, un peu…)

*** (J’y reviendrai quand je publierai ici par volonté de transparence mon courrier de réclamation à l’administration du festival, consciente cependant que ces tracasseries administratives récurrentes quatre mois durant (février/mai) dont j’ai été l’objet ne passionneront pas les lecteurs!!!)… 

Voilà, il n’y a pas plus de rêve cannois que la volonté de rêver de la part des participants, festivaliers lucides, sensibles à l’exclusion systématique  ou choqués par le système paroxystique de VIPsation de tout, s’abstenir! Voir les films en sélection officielle à Cannes vaut-il le coup de dépenser autant d’argent pour se loger (tous les hôtels de Cannes triplent les prix et exigent lors de la réservation, fut-elle en janvier, onze nuits payables d’avance non remboursables), se nourrir, prendre des congés pour la plupart? De ne jamais dormir plus que quatre heures par nuit, d’être refoulé d’un peu partout plusieurs fois par jour, de passer des heures à quémander des invit aux abords du red carpet, sport national cannois bouffant la moitié du temps pour un résultat incertain? D’être chassé du temple pour cause d’une tenue habillée pas assez chic, l’absence d’un noeud papillon quand on s’est démené à dégoter une invit bleue? De regarder les plages (sous les plages, les pavés?) derrière les barrières car elles sont toutes privatisées pendant la durée du festival? (hormis le cinéma de la Plage Macé, unique enclave libre d’accès). Pour ma part, j’avais le Pass de la Plage Orange privée puisque je m’étais engagée auprès d’Orange à y écrire un billet quotidien, il fallait donc bien que je m’y rende! mais c’est un cas particulier, jamais je n’aurais pu y mettre un pied sans ce sésame et qu’y aurais-je fait d’ailleurs, compte tenu de l’accueil rude du restaurant Costes hébergé sur les lieux? (quelques rares blogueurs avaient le Pass de la plage du Majestic…). Pour parler simplement, « ils » ne veulent pas des cinéphiles, des blogueurs cinéphiles, des festivaliers non marchands, eh bien, on n’ira plus, peuchère!!! (c’est un festival professionnel après tout et le blogs ciné ont beau (depuis peu, il est vrai) être sollicités par des distributeurs, des attachés de presse, des grands sites comme Allociné, des éditeurs de DVD, voire de temps en temps certaines chaines TV, etc… c’est encore tout neuf, les blogs, c’est un peu la prise de pouvoir par la majorité sur le net, l’explosion de la critique de films non homologuée et experte, le journaliste citoyen concocté par des anonymes qui prennent des pseudonymes… )

Pour les parisiens, toutes les sections parallèles vont être reprogrammées à partir de demain mercredi 27 mai 2009, Un Certain regard au Reflet Médicis et (en même temps) La Quinzaine des réalisateurs au Forum des images ; ensuite, à partir du 4 juin, la Semaine de la critique à la Cinémathèque française, puis, l’ACID plus tard, sans doute au Forum des images aussi (voir mon billet avec les dates et les lieux…)

A noter que les détenteurs de Pass auront la compensation de rentabiliser leurs exhorbitantes dépenses cannoises en pouvant accèder gratuitement aux projections de Un Certain regard (si cela n’a pas changé depuis l’année dernière)…

** Reprise de Un Certain regard / PROGRAMME ET HORAIRES…

Reprise La Quinzaine des réalisateurs / PROGRAMME ET HORAIRES…

Reprise de La Semaine de la critique / PROGRAMME ET HORAIRES…

Prix du jury ex-aequo « Fish Tank » d’Andrea Arnold et « Thirst » de Park Chan-wook

Prix du scénario

« Nuits d’ivresse printanières » de Lou Ye

Prix de la mise en scène

« Kinatay » de Brillante Mendoza

Prix exceptionnel

« Les Herbes folles » d’Alain Resnais

Prix d’interprétation féminine

Charlotte Gainsbourg dans « Antichrist » de Lars Von Trier

Prix d’interprétation masculine

Christoph Waltz dans « Inglorious basterds »

Grand Prix

« Un Prophète » de Jacques Audiard

Palme d’or

« Le Ruban blanc » de Michael Haneke

Palmarès complet et photos de la soirée de clôture (j’en ajouterai d’autres d’ici demain…)

Le compte rendu quotidien de J1 à J12 sur mn blog spécial Cannes qui sera dissous et mis en archives sur un blog général cet été…

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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