Autour des sorties ciné de la semaine du 28 avril 2010

A l’affiche, sélection… La semaine du 28 avril a cette particularité pour moi d’avoir vu deux films parmi ceux que j’ai le moins aimé de l’année : le pesant et malsain « Life during war time » et le challenge zéro scénario « London nights » (quoique ce dernier ait un certain charme, petite critique du film ci-dessous). Hormis ces deux cas, des tentations vives pour « Iron man 2 » que j’irai voir dès que possible, surtout à cause de la présence de Mickey Rourke dont je ne rate aucun film, aujourd’hui comme hier. Et un film dont j’ai loupé déjà trois fois les projections depuis Cannes l’année dernière où il fut présenté dans la section parallème ACID « Mourir comme un homme » et dont je suis certaine que c’est une révélation, j’irai donc aussi sous peu. A mentionner aussi le retour d’Omar Sharif dans un petit film « J’ai oublié de te dire ».

 

         
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« Life during war time » paraîtra sans doute plus limpide à ceux qui avaient vu le film précédent de Todd Solondz « Happiness » bien qu’il ait changé d’acteurs pour les rôles et que les personnages apparaissent vieillis de 5 à 20 ans, selon les cas… Ainsi, on suit trois soeurs, Joy qui a épousé un pervers dont elle comprend qu’il ne changera pas et le quitte, sa soeur Trish, réfugiée en Floride pour oublier que son mari s’est avéré un triste pédophile, dont elle dit à tout le monde qu’il est mort, et une troisième soeur, Helen scénariste à Hollywood. Plus Tommy, le plus jeune fils de Trish errant parmi tous ces tordus qui finira par devenir parano. Censé être drôle et corrosif avec un petit rôle pour Charlotte Rampling, c’est surtout un film très pénible avec une statistique (d)étonnante : sur deux maris, deux pervers…« London nights ».
On a sans doute atteint avec ce film n’ayant l’air de rien le dégré zéro du scénario avec visiblement un seul objectif : créer une ambiance, raconter l’indiscible, traiter de l’errance en tentant de faire partager des sensations introverties… Et quoi de plus ardu que le cinéma des sensations? Dès les premières images, le héros effondré dans un train, puis, aperçu dans une boite de nuit stroboscopée, enfin, se réveillant dans un lit inconnu, on a posé les trois paramètres du film qui vont tourner en boucle : dormir, boire, baiser (mais pas bouffer! ne me faites pas dire ce que j’ai pas dit, la bouffe, ça c’est tabou…)

Le récit (ou faisant affaire de récit) recentré dans un loft genre auberge espagnole faussement crade où on « se croise », l’air plus désenchanté que nature, on a affaire, mine de rien,  à un film soigneusement bordélique où tout est étudié à la mèche décoiffée près, sans parler de l’air exagérément paumé de tout le monde… Le héros, Axl, est paré d’une faculté d’amnésie insensée, où tout excès d’alcool lui fait perdre la totalement la mémoire jusqu’à se réveiller le matin sans connaître ses partenaires et encore moins comment il est arrivée sur les lieux. A défaut de mémoire des actes et des visages, Axl compte les lits, ce qui vaut une inscription « Bed 21 » sur l’écran, ça fait cool.. Axl a néanmoins quelques souvenirs, qu’on va systématiquement montrer comme une série de diapos, procédé repris à chaque flash-back comme les souvenirs de Véra, autre squatteuse du loft. Deux personnages « errent et se croisent » (le synopsis tendance est dans l’économie de mots et d’idées…), ce sont Axl et Véra, chacun ayant une quête à développer dans le film par dessous son errance, le premier est venu d’Espagne pour rencontrer son père, la seconde ayant, primo, la nostalgie de son ancien mec, secundo, joué à s’aimer sans dire son nom et son tél avec un type plutôt mignon l’a perdu en route… Au passage, Axl se rend compte qu’il est attiré par le locataire principal du loft, s’en suit une métaphore un peu longuette sur le saut en parachute censé représenter pour le locataire l’acception d’une homosexualité qui lui est tombée dessus  lors d’une partie à trois avec Axl et une fille dont le rôle consiste à servir des cafés à la maison et des verres dans un bar (si j’ai bien compris).

Dans le genre, je me la joue auteur, exempté de scénario pour cause de talent à faire passer les sensations, on ne fait pas mieux… En fait, le réalisateur, Alexis Dos Santos, est partiellement sauvé par sa BO ultra-riche et éclectique mais le type aime la musique, et ses états d’âme identitaires, plus que le cinéma, aucun doute là dessus! En temps de crise de créativité, le bordélique sophistiqué aurait de beaux jours devant lui…

Festivals… 

En attendant le 63° festival de Cannes le 12 mai qui va occuper les médias du monde entier, un festival de petite taille que j’aime tout particulièrement : le 12° festival du cinéma brésilien à Paris qui débutera mercredi 5 mai au cinéma nouveau Latina. Une semaine de fiction, du 5 au 11 mai, une semaine de documentaires du 12 au 18 mai, le tout sous le parrainage de Georges Moustaki et avec un hommage cette année à Chico Buarque. Lire mon article sur le  détail et programme du festival…

  

Lire aussi deux articles sur le prochain festival de Cannes, avec le détail de la sélection officielle et les sections parallèles. On vient d’annoncer hier la sélection « Cannes Classic » 2010 avec quelques merveilles du partimoine restaurées ou/et sortant en DVD cette année comme « Le Baiser de la femme-araignée » d’Hector Balbenco, superbe film avec un Willima Hurt comme on ne l’a jamais ni vu ni revu depuis, annoncé en DVD chez Carlotta, ou des immenses films cultes comme « Psychose » d’Hitchcock ou « Le Guépard » de Visconti.
 


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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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