Avant-première du pilote de « Boardwalk empire » de Scorsese sur Orange Cinéma Séries : prohibition attitude

Orange Cinéma Séries, diffusion à partir du 19 décembre 2010
   
       


Troisième avant-première de la semaine, troisième buffet à « picorer » et retarder le top départ de l’Arlésienne de mon régime… Hier soir, pour l’avant-première du pilote de la série « Boardwalk empire », Orange avait affrété les services d’un délicieux traiteur italien au son d’un band New Orleans (un musicien m’a d’ailleurs expliqué que cette musique venait de la Nouvelle Orléans en passant par Chicago du temps de la prohibition) qui attendait les invités après la projection.
Cette série en or massif de HBO a réuni 7 millions de spectateurs quand le pilote signé Scorsese fut diffusé aux USA en septembre dernier. Pour annoncer sa programmation sur Orange Cinéma Séries* à partir du dimanche 19 décembre, Orange avait organisé une avant-première VIP au Gaumont Opéra, avec tapis rouge, kit avec flask pour le scotch, buffet dînatoire au champagne, rien que des petits plaisirs sympa… Manquait plus que le billet d’avion pour Atlantic city pour l’immersion dans la prohibition attitude… D’ailleurs, dans le cadre de l’évènement, est également programmée sur OCS une Nuit de la prohibition le samedi 18 décembre. Car si de Chicago il est plus que question, c’est à Atlantic city en janvier 1920, deux heures avant la loi sur la prohibition, que démarre le pilote de « Boardwalk empire ».
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* A noter au passage qu’Orange, bien qu’on en ait pas parlé ce soir, qui fête les deux ans de Orange Cinéma Séries, est sur le chemin d’un accord avec Canal Plus, envisageant la fusion de ses chaînes TV avec TPS Star, les négociations se poursuivraient jusqu’en janvier 2011 mais cela ne se ferait pas en pratique avant fin 2011 si un accord est trouvé (lire l’interview de Xavier Couture, directeur des contenus Orange…), à suivre…

      
les affiches américaines de la série

« Boardwalk empire », le pilote


photo HBO
 

Pour se rafraîchir la mémoire, la loi sur la prohibition, soit le 18° amendement à la constitution des Etats-Unis, entra en vigueur dans la nuit du 15 au 16 janvier 1920 : tout commerce d’alcool fut alors interdit sur l’ensemble du territoire américain. Pour les maffieux, cette loi fut immédiatement reconvertie en profits juteux de revendre les mêmes boissons aux consommateurs le 16 janvier que celles qu’ils buvaient la veille mais à des prix prohibitifs justifiés par les risques qu’ils prenaient pour la fabrication et le transport de l’alcool. Une poule aux oeufs d’or… Cependant, la prohibition va produire un effet pervers : l’émergence du crime organisé. Une scène dans le film montre le héros de la série, une crapule nommée Nucky Thomson, dans un casino d’Atlantic city deux heures avant minuit le 15 janvier 1920, puis, à minuit, on trinque à la prohibition! J’ai écrit « dans le film » parce que la qualité artistique de « Boardwalk empire » dépasse tout ce qu’on peut imaginer, c’est la haute-couture de la série. Déjà avec « Mad men », HBO avait frappé fort mais ici les moyens sont énormes, c’est du luxe jamais vu à la télévision, et rare au cinéma. Avec Scorsese aux manettes d’une série, on voit basculer sous nos yeux le label qualité du grand cinéma à la télévision. La veille, à la cinémathèque française, à l’occasion de l’hommage à JP Melville, ST a lu une phrase de Melville où il prévoyait la disparition du cinéma dans les années 2020 au profit de la télévision, c’était il y a quarante ans.

L’ambiance jazzy New Orleans, Charleston, fait un peu pense à « Cotton club » de Coppola qui se passait à Harlem mais en immense, à l’échelle d’Atlantic city, le Las Vegas de l’est, une sorte de Deauville géant et corrompu du Chicago du grand banditisme avec sa promenade en planches : le « boardwalk ».  Car le projet est ambitieux, Scorsese, attaché à la fois à l’histoire de l’Amérique (« Gangs of New York ») et à celle de la Mafia a trouvé là une série sur mesure, à sa mesure.


« Boardwalk empire », l‘histoire


photo HBO

Trésorier de la ville d’Atlantic city, Nucky Thomson (Steve Buscemi) est au début du récit un gangster à temps partiel, un homme politique véreux qui fait des affaires tout en bichonnant hypocritement ses concitoyens, ses électeurs, comme le mouvement des femmes anti-alcool. Avec son bras droit, le jeune Jimmy Darmody (Michaël Pitt), qui revient de la première guerre mondiale et à qui il reproche de l’avoir laissé tomber, Nucky Thompston va passer à la vitesse supérieure à l’occasion de la prohibition. De Chicago, il fait venir les grands caïds de la pègre et ceux qui vont l’être (comme le chauffeur de Charly Luciano qui s’appelle Al Capone) pour organiser le trafic d’alcool. En même temps, les agents fédéraux s’entraînent pour la riposte sous la férule de Nelson Van Alden.

Le pilote est une mise en place géante des personnages et des situations avec une première scène qu’on reprendra ensuite vers la fin, ayant acquis les éléments pour comprendre ce qui s’est passé, la scène de virage où Nucky Thomson va basculer dans le grand banditisme plus vite qu’il ne l’aurait cru, la main forcée par Jimmy qui a la rage, vexé d’être cantonné à jouer les seconds couteaux. Un embryon d’histoire d’amour est implanté : dans sa corruption, sa débauche, flanqué d’une maîtresse vulgaire et capricieuse, Nucky Thomson est touché par Margaret Schroeder (Kelly Mac Donald), une jeune femme enceinte qu’il a reçu un jour à la mairie où elle lui a demandé du travail pour son mari, une brute qui la tabasse.Martin Scorsese a produit la série et en a réalisé le pilote de 70 minutes, il n’a pas réalisé les épisodes suivants mais les a supervisés. Dès le succès de la diffusion du pilote sur la chaîne HBO, la saison 2 a été commandée. Le producteur exécutif est Mark Wahlberg qui, avec son associé, avait acheté les droits du livre dont est tirée la série et proposé le projet à Scorsese.

   
le Dixieband pendant le cocktail au Gaumont-Opéra / le kit presse « Boardland empire »

« Boardwalk empire » : diffusion sur Orange CinéMax à partir au 19 décembre 2010 à 20h40, 12 épisodes
Nuit de la prohibition sur Orange CinéGéants le samedi 18 décembre 2010 avec 3 films : « L’Ennemi public », « Al Capone », « La Chute d’un caïd » (23h00, 0h20, 2h05)

 

                                                           
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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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