Carte Blanche à Michel Gondry et départ de l’expo « L’Usine de films amateurs » à Beaubourg

CinéCinéma, du 16 au 13 mars 2011
Hier matin, beaucoup de fans de Gondry, et ils sont nombreux, m’auraient enviée d’avoir rendez-vous, à l’invitation de Canal/CinéCinéma, au Centre Pompidou avec le réalisateur de « Eternal sunshine of the spotless mind » pour une visite privée de son expo « L’Usine de films amateurs ». Ce soir, 16 février, aura lieu le vernissage de l’expo ; en même temps, une rétrospective de ses films et deux cartes blanches, la première, in situ du 16 février au 13 mars, la seconde, sur CinéCinéma du 4 au 11 mars 2011. Pour cette programmation, le réalisateur a choisi des films populaires qui lui rappelent son enfance, deux films de Pierre Tchernia avec Michel Serrault, son idole, dont un téléfilm « Le Passe-muraille » (adaptation de Marcel Aimé), »Hibernatus » avec Louis de Funès, « Le Magnifique » de Labro qui traite de la confusion rêve/réalité comme sa « Science des rêves » mais aussi du cinéma socialement engagé, Ken Loach, Mike Leigh, et une rareté, le premier long-métrage de Jane Campion, « Two friends ». 

L’expo lui ressemble, du moins ressemble à l’univers de ses films, ludique, rétro, créative, le principe est simple et ambitieux : créer son propre film et, pour cela, un protocole strict, des décors, soit un studio de cinéma reconstitué au Centre Pompidou pour l’expérience. Une expo qui a déjà eu lieu, avec des décors différents, à New York, Rio et Sao Paolo, que Michel Gondry aimerait bien voir devenir permanente, itinérante ou pas, de ça, on parlera plus tard, au déjeuner qui a suivi la visite, au Café Beaubourg.
—–

Un groupe d’une dizaine de personnes, un atelier 1 et un atelier 2, 45 minutes pour chaque atelier, une heure de tournage, la projection du film. L’atelier 1 sert à créer une histoire, première étape, définir le genre du film, le titre, ensuite, écrire le texte du synopsis en une dizaine de phrases correspondant à dix scènes à tourner. L’atelier 2 va transformer le résultat du précédent en scénario, on détermine les scènes à tourner, on distribue les rôles, chaque membre du groupe devant apparaître au moins une fois à l’écran, excepté le cadreur, coordonnateur. Ensuite, une heure de tournage dans les décors proposés et une seule prise, pas de rembobinage pour vérifier la prise, l’incursion de tierces personnes dans le cadre  étant bienvenue, intégrée comme de la figuration, tout « accident de tournage » utile et recyclable d’après Gondry. Enfin, le groupe visionne son film. Durée : 3 heures. On peut s’inscrire sur place ou sur le site du Centre Pompidou, les trois premières semaines sont déjà bouclées, d’autres inscriptions seront proposées ultérieurement afin de ne pas démarrer avec une expo affichant complet.
 


Pendant le déjeuner qui suit, l’assemblée pose des questions à Michel Gondry, si le personnage est ouvert, sans langue de bois, naturel, un grand pull, les cheveux broussailleux, on ne se rend pas compte (ou trop tard) combien il est hypersensible et sans doute fatigué par le montage de l’expo qui a pris du retard, les tournées de promo et le jet-lag (il habite Los Angeles depuis « The Green Hornet »). Le Café Beaubourg étant bruyant, on n’entend pas très bien les questions des voisins, quand arrive mon tour, je lui demande, pensant enfoncer une porte ouverte d’une question qu’on lui a posée 100 fois, si il n’y a pas un antagonisme entre tourner un film US à gros budget comme « The Green hornet » et  s’engager socialement contre la société de consommation, ce dont il convient,  puisqu’il préconise de faire des films avec ce qu’on a « sous la main », parle d’une ambition plus large que l’expo, d’une démarche sociale. Crispation, il n’aime pas cette question, je suis taxée plus loin de lui « reprocher » de tourner un film à tant de millions de dollars… Je tente de préciser qu’il s’agissait d’une question… Mais l’agacement de Gondry va se reporter à la fin du déjeuner, alors que je lui demande si on verra les films, créés lors de son expo, en ligne sur internet, la réponse est non, il craint les réactions des internautes,  j’insiste bêtement sur l’inocuité du web à propos de ce genre de vidéos (faisant référence au concours organisé en ligne par Danone il y a peu avec le jury du millénaire), ma mine de geek aidant sans doute, il me conseille de sortir de chez moi! Je ne voudrais pas en tirer des conclusions hâtives sur la méfiance viscérale de Gondry pour le net mais la visiste de l’expo avait débuté deux heures plus tôt par une diatribe contre un site ou blog qui l’aurait démoli dans un article, furieux, il n’avait pas mâché ses mots. L’éternel hiatus entre un créateur et ses créations se vérifie, l’expo a séduit, l’homme moins, mais quelle importance, au fond, le meilleur d’un artiste, c’est son oeuvre. Et le nouveau risotto de chez Costes/Café Beaubourg (riz noir au coriandre, gingembre et crevettes) était délicieux…

 

Les projets cinéma de Michel Gondry? Son prochain film aura pour sujet une tranche de vie dans un autobus qui dépose des enfants/ados au sortir de l’école, l’évolution de l’atmostphère et des tensions à l’intérieur du bus au fur et à mesure que les écoliers en descendent jusqu’à ce qu’il ne reste plus que deux élèves. Il laisse échapper qu’il a aussi le projet d’adapter un roman de Philip K. Dick (« Ubik »).

 

    
  

Centre Pompidou à Paris
(galerie sud, entrée par la rue du Renard)
Expo Michel Gondry/ »L’Usine de films amateurs » à partir du 16 février 2011
Rétrospective Michel Gondry et Carte blanche du 16 février au 13 mars 2011 cinéma 1 et cinéma 2
infos sur le site officiel du Centre Pompidou…
programmation cinéma Centre Pompidou…

Carte blanche CinéCinéma du 4 au 11 mars 2011

sur CinéCinéma Classic
« L’Atalante » de Jean Vigo, 1934 (4 mars/22h10)
« L’Ibis rouge » de Jean-Pierre Mocky,1975 (11 mars/20h40)
 

sur CinéCinéma Club
« Deux Filles d’aujourd’hui » de Mike Leigh, 1997 (7 mars/20h40)
« La Gueule de l’autre » de Pierre Tchernia, 1979 (8 mars
/20h40)
« Le Passe-muraille » de Pierre Tchernia, 1977 (8 mars/22h20)
« Eternal sunshine of the spotless mind » de Michel Gondry, 2004 (9 mars/20h40)
« Kes » de Ken Loach, 1970 (9 mars/22h25)
« Egg » de Danniel Danniel, 1989 (9 mars/0h15)
« Two friends » de Jane Campion, 1986 (10 mars/22h30)
« I’ve been twelve for ever »  (11 mars 21h)/
(doc 2003 sur Michel Gondry)
« One day » de Michel Gondry, 2001 (11 mars/22h20) (court-métrage)
 

PS. à noter : le beau site sur Marcel Carné d’un des invités d’hier matin : www.marcel-carne.com

Mots clés: , ,

Partager l'article

Lire aussi

Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Remplissez les champs obligatoires (required):

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to Top