« CinémApocalypse » (doc) : la fin du monde, une fiction? Cycle « Fin du monde » sur Ciné+ , « La fin des mondes » à Universcience

diffusion Ciné+ du 16 novembre 2012 au 16 janvier 2013)
  
Palais de la découverte, jeudi 4 octobre 2012

 

 

Jeudi dernier, rendez-vous au Palais de la découverte à Paris, l’invit dit qu’on parlera de la fin du monde… dur… au cinéma… ah bon! Et si la fin du monde, c’était du cinéma? En prévision de la prévision Maya comme quoi la fin du monde aurait lieu le 21 décembre 2012 (pourvu que je puisse au moins passer la fin du monde « chez moi », il faut que je réserve mon billet d’avion…), chacun a tricoté des programmes conjuratoires, ad hoc… Donc, il y a beaucoup de monde jeudi à cette soirée organisée par Ciné+ en partenariat avec Universcience, le monde de l’info et le monde de la science font connaissance.En avant-première, un documentaire : « CinémApocalypse » (« ou comment le cinéma nous a préparé à la fin du monde ») qui sera diffusé sur Ciné+Frisson le D Day (21 décembre) et, auparavant à Paris le 13 octobre à 13h à la Cité des sciences*/UniverScience, puis, des questions à un intervenant scientifique (Roland Lehoucq, astrophysicien) qui nous dira en gros, qu’à son avis, le scénario le plus probable c’est l’auto-catastrophe (catastrophe écologique, par exemple), la « déliquescente lente et douloureuse » (sic) provoquée par la folie des hommes. On en revient toujours à cette bonne vieille citation de Rabelais « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », rien de nouveau… Bien que le météorite qui nous tombe sur la tête, la collision avec la terre, ça arrive, et pas seulement dans « Melancholia » de Lars Von Trier, c’est ainsi qu’on a vu disparaître les Dinosaures il y a des millions d’années, on a retrouvé un cratère de l’époque de 8km de diamètre. Le prochain serait pour 2029?
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Ce qui est nouveau, c’est que les schémas de fin du monde imaginés au cinéma pendant des dizaines d’années ont fini par donner un visage aux phobies, les gens ont peur dans la vie de ce qu’on leur a montré au cinéma dans les films dits de « fin du monde » et en même temps ces films ont sur eux un effet cathartique, les spectateurs sortent de la projection en se sentant « rescapés », statistiquement, ce n’est pas tombé sur eux, ils se réveillent d’un cauchemar. Le plus intéressant, c’est l’Infocalypse (quand on a baigné dans « Lost », « Fringe »…, on est en terrain connu) : on part du point de vue que la vie ne serait qu’une simulation géante dans une société connectée et qu’en supprimant toutes les connections (internet, fille d’Arpanet, réseau à vocation militaire mis au point en 1969), on supprimerait la vie, on couperait le contact… Cela change quelque chose qu’on passe sa vie IRL ou dans un univers alternatif virtuel? Je ne crois pas mais ce n’est pas le débat… Ainsi, la grande peur du bug de l’an 2000 qui n’a pas eu lieu.

Pour fêter bravement la fin du monde, du 16 novembre 2012 au 16 janvier 2013 : un cycle sur Ciné+ objectif Ciné+Frisson (surtout) avec « La Route » de John Hillcoat, « The Divide », inédit de Xavier Gens, « La fin des temps » de Peter Hyams, etc… ; sur Ciné+Star, « L’Homme qui venait d’ailleurs » de Nicolas Roeg

(on vient d’éditer « Eureka » en DVD) avec David Bowie, ou encore « Rollerball » ; sur Ciné+Classic, « La Jetée » de Chris Marker ; sur Ciné+Premier, « Donnie Darko » de Richard Kelly. Mais aussi une nuit spéciale fin du monde au PIFF, un 21 décembre spécial au MK2, un programme de conférences et autres festivités à Universcience (de septembre à décembre 2012 avec une journée spéciale le samedi 13 octobre).* Le Palais de la découverte (Paris 8°), La Cité des sciences et Universcience (Paris 19°) sont rattachés au même pôle.


Pierre Zéni, rédacteur en chef des magazines Ciné+, « Face au film » , au Palais de la découverte

DOC
« CinémApocalypse » (« ou comment le cinéma nous a préparé à la fin du monde »)
Beaucoup d’interviews de passionnés, beaucoup de références cinéma et un débat qui confine à la philo car existentiel sur la disparition spectaculaire, fiction ou pas, programmée ou pas, de l’homme. Le cinéma catastrophe, il y a ceux

(Christophe Lemaire, Mad Movies, Rock & Folk) qui trouvent que « c’est cool, un genre fun » au début du doc mais à la fin confient qu’ils sont persuadés qu’un jour un dingue « appuiera sur le bouton » (guerre atomique)… Ceux (Arnaud Bordas, Le Figaro) qui rationalisent que la peur de la fin du monde est primale, c’est simplement la peur du néant… Ceux (Alain Musset, géographe, écrivain) qui pensent châtiment, punition divine, Babylone, Sodome et Gomorrhe, qu’on « punit le système » (sic). La figure de l’Apocalypse peut être également envisagée tel un symbole du monde contemporain social et politique, « La fin du monde » d’Abel Gance (1931) fut, par exemple, réalisée entre les deux guerres.Pourtant, un événement va changer la représentation de la fin du monde au cinéma : le 11 septembre 2001. Après les films sur la peur de la bombe nucléaire, « Terminator » dans les années 80, on passe à une période dite « post-nucléaire » et on reviendra à la peur de l’Apocalypse, notamment par le biais du terrorisme, dans les films catastrophe (« disaster movies ») d’après le 11 septembre 2001 où la terre entière a vécu les événements (bien au delà de l’horreur au cinéma) en direct et en boucle. Cependant, il demeure des constantes de tous les temps : les astéroïdes, les virus, les vampires, les zombies, et, plus récemment, la « dévolution », soit une évolution à rebours, par exemple, la stérilité des humains dans « Les Fils de l’homme », ou le récit intime dans « La Route ».

Le doc comporte des extraits d’un film factice parodique de la fin du monde du 21 décembre 2012, c’est amusant, les intervenants sont intéressants, on se prend au jeu mais, en y repensant, on se rend compte que le film est un peu court en extraits des nombreux films cités de « La fin du monde » d’Abel Gance au « 2012 » de Roland Emmerich en passant par « Terminator » ou « Matrix ».

 


David Bowie dans « The Man Who Fell to Earth » (« L’Homme qui venait d’ailleurs, 1976) (photo Courtesy BFI)
Viggo Mortensen dans « La Route » (2009) (photo Metropolitan)

CINE+

Ciné+ Frisson,
du 16 novembre 2012 au 16 janvier 2013

Tous les vendredis et dimanches soirs
« La Route », « Le Livre d’Eli », « Comment survivre à une attaque de zombie », « Infectés », Resident evil », « Les fils de l’homme », « La fin des temps », etc…
** vendredi 21 décembre 2012 : Nuit spéciale fin du monde : « The last day », « Cinémapocalypse » (doc), « Les Prophétionnels » (docu-fiction)
** dimanche 23 décembre : « The last day » et « Mad Max 3 »

en décembre
Ciné+ Star
tous les mardis
Ciné+ Classic
tous les jeudis

en décembre et janvier

Ciné+Premier
** samedi 22 décembre : « Last night », « Donnie Darko », « Peut-être »
** mercredi 16 janvier : « World invasion : battle Los Angeles »

Ciné+ A la demande
en bonus : 10 films canadiens et américains (2010 et 2011) exclusivement « à la demande »

UNIVERSCIENCE

« La fin des mondes »
de septembre à décembre 2012

Journée festive « Les fins du monde imaginées »
samedi 13 octobre de 13h à 18h (entrée libre)

« CinémApocalypse »  (doc) à 13h
« L’Apocalypse dans les mangas » à 14h30
« Illustrations mangas » à 15h15
« Ils ont rêvé la fin du monde » à 16h
« Les apocalypses célestes (entre science et fiction) » à 17h

PIFF

16/25 novembre 2012

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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