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13°Festival du Film Italien d'Ajaccio/IFFA
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"Nos Meilleures années" ("La Meglio gioventu") : deux frères

Marco Tullio Giordana, 2003



05 - 01
2010
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Pitch.
part 1.
Dans les années 60, deux frères, Matteo et Nicola, nourrissent les mêmes rêves de voyage, de liberté. Mais leur projet de périple au Cap Nord à quatre amis, voyage de fin d'études, est stoppé net par la rencontre de Georgia, une jeune fille schizophrène, qui va influer de manière radicale sur le cours de leur existence... Matteo s'engage dans l'armée, Nicola part seul en Norvège. Au retour, lors des innondations de Florence de 1966, il rencontre Giula, une pianiste.

part 2.
Nicola Carati est psychiatre, Matteo policier, Giulia est partie, activiste dans la lutte révolutionnaire. Giorgia retrouvée est soignée dans la clinique de Nicola qui élève seul Sara, la fille qu'il a eue avec Giulia. Carlo, l'ami des deux frères, qui a épousé Francesca, leur petite soeur, est menacé par les Brigades rouges.
A Palerme, Matteo recontre Mirella, une photographe.

Ce n'est certes pas la seule chose à noter dans ce film merveilleux mais j'avais été bluffée par l'acteur Luigi Lo Cascio lors du festival Miracolo du cinéma italien à Paris dont on ne voit malheureusement pas arriver la troisième édition. Il avait obtenu le prix d'interprétation masculine pour le film "Il Dolce e l'amore" pas encore sorti en France à ma connaissance où il m'avait fait penser à un mix entre Al Pacino et Roman Polanski, excusez du peu... Néanmoins, j'ai mis un moment à le reconnaître dans Nicola de "Nos Meilleures années" tant ce comédien extraordinaire peut investir un rôle et quel rôle... Ah, ce n'est certes pas en France qu'on aurait dans un film deux comédiens aussi hot que Luigi Lo Cascio et Alessio Boni, ici dans le rôle de deux frères Nicola et Matteo des années 60 à nos jours...
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"Masahista" ("The Masseur") : le dernier lit

Brillante MA. Mendoza, 2005



11 - 12
2009
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Pitch. Un jeune homme de 20 ans originaire de la province gagne sa vie à Manille en se prostituant dans un salon de massage quand il apprend la mort de père qui les avait abandonné, lui et sa famille, depuis longtemps.


Mendoza filme en miroir deux événements de la vie d'Iliac
(
Coco Martin), un jeune masseur de 20 ans travaillant dans un salon de massage et plus si supplément tarifaire : sa relation avec son premier client de la journée et la mort de son père d'une cirrhose du foie.. Un peu facile le parallèle entre le lit de massage et le linceuil, le sexe et la mort? Pourtant, les images parlent d'elles-même, s'imposent  :  tandis qu'Iliac déshabille son client, en miroir, dans un flash forward, il aide l'employé des pompes funèbres à habiller son père. Les femmes sont sorties dont sa mère, effondrée. La veillée funèbre est piquante, on parle fort, on mange, les femmes jouent aux cartes, les fillettes dansent, une tante s'obsède qu'on ne mette pas le cerceuil dans un certain sens qui ferait mourir un vivant, le mort l'entraînerait avec lui, superstitions d'un autre monde et téléphones mobiles d'une société de consommation mirage qu'on connaît juste assez pour être malheureux de n'en rien posséder ou presque.
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"L'Ange noir" : hommage à la femme fatale

Jean-Claude Brisseau, 1994



22 - 07
2009
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C'est sans doute mon côté midinette mais j'aime "L'Ange noir" de Brisseau, je ne m'en lasse pas, après plusieurs visions du film, je suis toujours captivée par cette femme fatale au superlatif créée sur mesure pour Sylvie Vartan qui a l'intelligence de jouer sobrement, la voix en sourdine, monocorde souvent, mélodieuse en noir, le regard mat et buté, impénétrable. Habillée en Saint Laurent, tailleurs ou robes strictes, en blanc ou en noir, une fois en beige, sac Chanel en bandoulière, bas fumés, lingerie noire ou blanche, elle représente autant la grande bourgeoise chic que la call-girl de luxe, parfaite ambiguité. Le film repassait dimanche soir sur le satellite, je n'ai pas résisté à le revoir encore, ce fut comme si je le découvrais... La photo de Zoé jeune, déchirée, recollée, une vraie photo de Sylvie Vartan du temps du Ye-Yé, que conserve sa mère dans le film, quel must...

Dans le hall d'une maison cossue, une femme blonde en blanc tire sur un homme à bout portant, elle vide le chargeur, il s'écroule, elle dit alors à une femme brune se déplaçant comme un fantôme "viens!" et les deux femmes se dirigent vers une chambre du rez-de-chaussée : sur le lit, la brune déchire brutalement les vêtements de la blonde, arrache son soutien-gorge, la gifle, Sylvie Vartan/Stéphane Feuvrier se relève et appelle la police en confessant qu'elle a tué un homme qui a essayé de la violer. Prévenu en urgence, son mari, Michel Piccoli/Georges Feuvrier, juge d'instruction redouté et notable parmi les notables de Bordeaux, se précipite avec Paul, un ami avocat, qui accepte de défendre son épouse. Dans la foulée, Stéphane Feuvrier est emmenée en prison avec de grands ménagements...


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"Le Prix du danger" : mort academy

Yves Boisset, 1983



23 - 12
2008
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Même si l'image années 80 est sinistre, le décor pauvre, certains acteurs surjouants (Michel Piccoli), ce film premonitoire sur la téléréalité ne dit rien d'autre, 25 ans avant, que le récent "Live!" avec Eva Mendes, mort en direct de candidats volontaires à la recherche d'un pactole Eldorado, productrice aux dents longues avec quelques scrupules, ici, la sublime Marie-France Pisier dans le rôle de Laurence Ballard, la surdouée de la chaîne CTV qui a eu l'idée de génie ce ce jeu du cirque, "Le Prix du danger", pour booster l'audience... Yves Boisset ne fait pas dans la dentelle mais le message est franc et direct : tout comme "Dupont Lajoie" sur le racisme, "Le Prix du danger" tape fort sur la société du spectacle avec les moyens du bord, tournant parfois à la caricature...

Depuis quelques semaines, la chaîne CTV organise un jeu mortel de téléréalité : une chasse à l'homme avec un volontaire censé pouvoir échapper à 5 tueurs amateurs jeté à ses trousses... Jusqu'ici, tous sont morts quelques minutes avant la fin du jeu, à quelques brasses de remporter le million. Le candidat, soigneusement choisi par le staff, ni trop beau ni trop intelligent, ni trop rien, un peu beauf, pas trop, doit d'abord subir un test de présélection : sur trois finalistes, un seul va réchapper à la première épreuve : piloter un avion sans savoir piloter avec de l'essence pour 5 minutes de vol... François Jacquemart, unique rescapé, a donc droit à être la future cible des tueurs de la prochaine session du jeu. 5 tueurs recrutés parmi 25 000 candidats, des amateurs motivés comme cet empailleur du dimanche ou cette jeune femme championne d'art martiaux qui en veut à tous les hommes.

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"Corps à corps" : raccords

François Hanss et Arthur-Emmanuel Pierre, 2003



11 - 08
2008
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Laura Bartelli, strip-teaseuse au "Moonside", un cabaret minable, s'apprête à raccrocher son costume d'effeuilleuse pour refaire sa vie. Tandis que Laura (Emmanuelle Seigner) apparaît sur scène pour la dernière fois en combinaison lamé argent et perruque assortie, un homme, Marco (Philippe Torreton) l'attend au fond de la salle avec l'expression absente d'un Jacques Dutronc, petites lunettes métalliques et mèches tombant sur les yeux. En coulisses, Laura se dispute avec ses collègues de strip-tease et on comprend qu'elle connait à peine ce Marco qu'elle s'apprête à suivre et épouser.

C'est vrai que les réalisateurs, puisqu'ils sont deux! , forcent dès le début sur les symboles : Après le plan argent du cabaret, Laura Bartelli, vêtue de blanc, rejoint Marco sur le parking. Plan suivant, Laura Bartelli, vêtue de rouge, monte dans sa voiture rouge à l'appel de son destin qu'on pressent noir. Dans les minutes qui suivent, Laura a un accident et sa voiture prend feu.

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"Swiming with sharks" : les dents d'Hollywood

Georges Huang, 1994



10 - 08
2008
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Qu'est-ce qui a conduit Guy (Franck Whaley) a prendre son patron, Buddy Ackerman (Kevin Spacey) en otage chez lui cette nuit-là? On assite à deux récits en parallèle, celui du tête à tête entre Buddy ligoté sur une chaise face à Guy qui le torture, entrecoupé du récit en flashback de ce que furent leurs relations patron-employé dans un grand studio hollywoodien. Ceci expliquant cela. Le procédé est classique mais efficace.

Quand Guy débarque dans les grands studios hollywodiens, c'est un jeune homme lisse et vulnérable fraichement diplomé d'une école de cinéma. Engagé comme assistant personnel du vice-patron des studios Keystone, Buddy Ackerman-Kevin Spacey, Guy est mis au courant de sa fiche de poste par son prédécesseur qui s'apprête à quitter les lieux pour une belle promotion chez Paramount. L'ancien assistant de Buddy est joué par Benicio Del Toro qu'on n'attend pas du tout dans ce registre : dandy affecté et blasé, le cheveu gominé, le geste maniéré, ce jeune requin a accepté les délires de Buddy Ackerman en attendant de grimper dans la hiérarchie. Excellente composition de Benicio Del Toro pour un second rôle où lui même n'allait pas se cantonner par la suite.
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