22 - 07
2009
C'est sans doute mon côté midinette mais j'aime "L'Ange noir" de Brisseau, je ne m'en lasse pas, après plusieurs visions du film, je suis toujours captivée par cette femme fatale au superlatif créée sur mesure pour Sylvie Vartan qui a l'intelligence de jouer sobrement, la voix en sourdine, monocorde souvent, mélodieuse en noir, le regard mat et buté, impénétrable. Habillée en Saint Laurent, tailleurs ou robes strictes, en blanc ou en noir, une fois en beige, sac Chanel en bandoulière, bas fumés, lingerie noire ou blanche, elle représente autant la grande bourgeoise chic que la call-girl de luxe, parfaite ambiguité. Le film repassait dimanche soir sur le satellite, je n'ai pas résisté à le revoir encore, ce fut comme si je le découvrais... La photo de Zoé jeune, déchirée, recollée, une vraie photo de Sylvie Vartan du temps du Ye-Yé, que conserve sa mère dans le film, quel must...
Dans le hall d'une maison cossue, une femme blonde en blanc tire sur un homme à bout portant, elle vide le chargeur, il s'écroule, elle dit alors à une femme brune se déplaçant comme un fantôme "viens!" et les deux femmes se dirigent vers une chambre du rez-de-chaussée : sur le lit, la brune déchire brutalement les vêtements de la blonde, arrache son soutien-gorge, la gifle, Sylvie Vartan/Stéphane Feuvrier se relève et appelle la police en confessant qu'elle a tué un homme qui a essayé de la violer. Prévenu en urgence, son mari, Michel Piccoli/Georges Feuvrier, juge d'instruction redouté et notable parmi les notables de Bordeaux, se précipite avec Paul, un ami avocat, qui accepte de défendre son épouse. Dans la foulée, Stéphane Feuvrier est emmenée en prison avec de grands ménagements...
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cinéma français,
Années 90,
L'Ange noir,
Jean-Claude Brisseau
11 - 08
2008
Laura Bartelli, strip-teaseuse au "Moonside", un cabaret minable, s'apprête à raccrocher son costume d'effeuilleuse pour refaire sa vie. Tandis que Laura (Emmanuelle Seigner) apparaît sur scène pour la dernière fois en combinaison lamé argent et perruque assortie, un homme, Marco (Philippe Torreton) l'attend au fond de la salle avec l'expression absente d'un Jacques Dutronc, petites lunettes métalliques et mèches tombant sur les yeux. En coulisses, Laura se dispute avec ses collègues de strip-tease et on comprend qu'elle connait à peine ce Marco qu'elle s'apprête à suivre et épouser.
C'est vrai que les réalisateurs, puisqu'ils sont deux! , forcent dès le début sur les symboles : Après le plan argent du cabaret, Laura Bartelli, vêtue de blanc, rejoint Marco sur le parking. Plan suivant, Laura Bartelli, vêtue de rouge, monte dans sa voiture rouge à l'appel de son destin qu'on pressent noir. Dans les minutes qui suivent, Laura a un accident et sa voiture prend feu.
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cinéma français,
Corps à corps,
Arthur-Emmanuel Pierre François Hanss
10 - 08
2008
Qu'est-ce qui a conduit Guy (Franck Whaley) a prendre son patron, Buddy Ackerman (Kevin Spacey) en otage chez lui cette nuit-là? On assite à deux récits en parallèle, celui du tête à tête entre Buddy ligoté sur une chaise face à Guy qui le torture, entrecoupé du récit en flashback de ce que furent leurs relations patron-employé dans un grand studio hollywoodien. Ceci expliquant cela. Le procédé est classique mais efficace.
Quand Guy débarque dans les grands studios hollywodiens, c'est un jeune homme lisse et vulnérable fraichement diplomé d'une école de cinéma. Engagé comme assistant personnel du vice-patron des studios Keystone, Buddy Ackerman-Kevin Spacey, Guy est mis au courant de sa fiche de poste par son prédécesseur qui s'apprête à quitter les lieux pour une belle promotion chez Paramount. L'ancien assistant de Buddy est joué par Benicio Del Toro qu'on n'attend pas du tout dans ce registre : dandy affecté et blasé, le cheveu gominé, le geste maniéré, ce jeune requin a accepté les délires de Buddy Ackerman en attendant de grimper dans la hiérarchie. Excellente composition de Benicio Del Toro pour un second rôle où lui même n'allait pas se cantonner par la suite.
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cinéma américain,
Swimming with sharks,
Georges Huang
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