"Control" : le film rock de la rentrée

Cannes 2007 : Quinzaine des réalisateurs - Anton Corbijn

Récit de la vie du chanteur Ian Curtis du groupe mythique Joy division qui sest suicidé à 23 ans en 1980, le film est une parfaite réussite et possède toutes les cartes en main pour devenir un film culte. Avant même lattribution du Prix de la quinzaine des réalisateurs, ce film avait une côte denfer et ce soir en séance de rattrapage au cinéma des cinéastes à Paris, cétait comble.

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Adolescent habitant encore chez ses parents, Ian Curtis, ressemble à Mick Jagger dans «Performance» habillé dune veste en fourrure sur torse nu, les lèvres et les paupières maquillées, les cheveux mi-longs. Dans sa chambre, il écoute lalbum « Aladdin sane » (1973) de David Bowie dont les posters sont affichés au mur, ce qui nous vaut dentendre le superbe « Jean Genie ». Il aime aussi Lou Reed et Iggy pop. Le rock décadent, comme celui de Bowie, succédant au hard rock, on sachemine vers la fin des années 70 où le groupe Joy division va prendre place auprès des Sex Pistols et de Clash.

Rejoignant un groupe inconnu orphelin de son chanteur, Joy division est né. Mais Ian Curtis, terrifié par la perte de contrôle, sujet récurrent de ses chansons, dont il connaît les affres physiologiquement, étant victime de crises dépilepsie, ne souhaite pas la gloire qui enchaîne et rend esclave et à la veille dune tournée aux USA qui va les consacrer, il met fin à ses jours.

Malgré tout, le film laisse à penser que Ian Curtis, bien quétant au départ un mélancolique inadapté à la vie, sera débordé par lirruption dans sa vie de la maladie, lépilepsie, en faisant un infirme dépendant de nombreux médicaments et de la peur permanente de la survenue dune crise. Pour aggraver les choses, Ian Curtis est pris en tenaille dans un conflit amoureux. Très jeune, Ian Curtis épouse la sage Debbie mais larrivée dans sa vie dune journaliste belge beaucoup plus sexy va le plonger dans la culpabilité, mortifié de faire souffrir sa femme et incapable de rompre avec sa maîtresse, allant de lune à lautre.

 


Tourné en noir et blanc avec une esthétique sobre mais raffinée, des images superbes et une bande son composée des seules musiques rock essentiellement du groupe Joy division, le reste étant constitué de dialogues et de sons réels, cest un film ascétique se focalisant sur son héros : Ian Curtis, le jeune homme triste qui marche de façon certaine vers une fin prématurée. En témoignent les textes sombres et dépressifs de ses chansons depuis le début quil interprète sur scène avec un don de soi qui va le dévorer.


Interprétation originale dun chanteur bougeant sur scène comme un automate qui serait ensuite sujet à des sortes de transes, emporté dans un ailleurs, seul sur scène alors quil est entouré par les autres membres du groupe avec lesquels il communique très peu. On dailleurs peut regretter leffet secondaire de ce parti pris : du fait de cette focalisation sur Ian Curtis et ses deux femmes, les rôles des personnages secondaires comme les musiciens du groupe, leurs compagnes, leur vie, ne sont assez développés, les parents à peine entrevus, cest le petit bémol.


écrit que le 18/06/2007 sur CinéManiaC/Allociné

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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