FF Coppola au Forum des images à Paris pour la sortie de « Tetro » : la foule pour une mélodie en sous-sol

    
lire la critique du film… « You have to fall in love with every film that you make… like a romance.. »
(Francis Ford Coppola, Forum des images, Paris, 11 novembre 2009)
Malgré que le Forum des images ait demandé de ne pas prendre des photos de la Master Class (enregistrée par ailleurs, on la retrouvera ensuite sur leur site), j’ai cédé à la tentation d’en prendre quelques unes, trèèès peeeu, sorti trois fois mon appareil à la vitesse de l’éclair quand ma voisine faisait pareil… Dommage, j’étais super-bien placée malgré la foule compacte qui se pressait à la porte en faisant des lacets dans le Forum des images, un peu Cannes en sous-sol du Forum des Halles. Car en cette fin d’après-midi, personne ne voulait être en retard et moi non plus, tout le monde espérait choisir la meilleure place possible pour rencontrer Coppola, la légende.Une fois assis, grand calme, respect, tout le monde se lève pour l’applaudir quand il arrive, c’est tout. Auparavant, quelques extraits, « Le Parrain », « Conversation secrète », « Dracula », « La Parrain II », « Apocalypse now », dieu que c’est beau « Apocalypse now » sur grand écran… Et pendant la Master Class avec Coppola, faisant tout de même un petit marathon mondial pour la promo de Tetro » (sortie 23 décembre en France), deux extraits du film magnifiques qui donnent envie de se précipiter demain soir au Max Linder pour l’avant-première du film, premier extrait : quand le frère cadet Bennie rejoint l’aîné Tetro exilé en Argentine, second extrait avec flash-back en couleur (le film est en noir et blanc) sur Tetro/Vincent Gallo et son père Carlo (Klaus-Maria Brandauer), star de la musique, à qui il avoue qu’il veut devenir écrivain mais il n’y a pas la place pour deux stars dans la famille d’après ce père… Et il va écrire quoi? demande le père : « Ca! » répond Tetro/Gallo alors que les photographes se précipitent sur son père…

A noter!
Avant-Première « Tetro » au cinéma Max Linder à Paris jeudi 12 novembre à 20h15 en présence de FF Coppola.
Master Class de FF Coppola à la  FNAC Montparnasse vendredi 13 novembre à 20h.
 

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Master Class donc dirigée subtilement par Pascal Mérigeau du « Nouvel Obs » (et quelques questions de l’assistance à la fin). Pourquoi Coppola n’avait plus écrit de scénario original depuis « Conversation secrète » en 1974? Parce qu’un mariage jeune, la paternité, l’argent, à 22 ans, Coppola pensait faire des films d’auteur toute sa vie… Mais qui aurait financé des films comme « The Conversation »? Comme aujourd’hui, les studios « crazy » ne savent plus ce qu’il faut faire, ce qu’il veulent faire, hormis des suites…, c’est le moment de revenir à des films d’auteur. Il blague qu’il a fait une carrière de vieux quand il était jeune et qu’il va faire une carrière de jeune à présent qu’il est vieux! Une nouvelle jeunesse alors depuis « L’Homme sans âge » (son précédent film)? C’est surtout qu’il peut financer son film tout seul, il en a les moyens… Le choix des lieux de tournage à l’étranger, la Roumanie pour « L’Homme sans âge », l’Argentine pour « Tetro, d’abord, tout coûte moins cher, infrastructure, logistique, etc… mais aussi, Coppola va tourner dans des pays qu’il est heureux de visiter, en Argentine, il apprend l’espagnol, goûte la cuisine locale… L’Argentine, pays des grands écrivains souvent en exil, Coppola est un fan de littérature, d’ailleurs, on lui fait remarquer qu’il met toujours l’auteur du roman qu’il adapte avant lui sur un générique…Bon, il est arrivé avec un gilet vert sapin genre tricoté maison, à présent, il tombe la veste, conserve la cravate, poursuit le rencontre en bras de chemise, comme à la maison, difficile de faire plus casual. Les questions reviennent souvent sur « Le Parrain », il se serait inspiré de sa propre famille, pas mafieuse au demeurant… mais dans les films de gangsters, il n’y avait pas aux USA autrefois la dimension mafia italo-américain grande famille. La famille, il en parlera plus tard pour dire qu’il produit peu les films des autres, le premier film de George Lucas, il l’a produit à l’époque, mais sa priorité aujourd’hui, c’est de produire les films de ses enfants, il assume. Enchaînement sur les deux frères de « Tetro »,

dans « Rusty James »/ »Rumble fish » c’était aussi deux frères… Coppola avait un frère aîné, s’est-il identifié à Bennie, le cadet dans « Tetro »? Il parle de son frère aîné qu’il admirait, copiait, suivait, mais c’est lui, le plus jeune, qui est parti… (dans « Tetro », c’est le plus âgé qui part). De toute façon, on le sait et on le vérifie, la famille, la saga familiale, ça lui parle… 


Les stars au générique, ce n’est pas son truc, trop difficile d’accès, etc… Il a toujours préféré des acteurs moins connus ou mis sur la touche comme Marlon Brando au moment du « Parrain » et aujourd’hui Vincent Gallo, deux caractère forts, voire Travolta avant son come back. Il a détesté tourner « Le Parrain », un fort mauvais souvenir pour lui, chaque semaine, on menaçait de le renvoyer, les producteurs n’aimaient pas son casting, pas sa musique, pas l’image qu’ils trouvaient trop sombre… Il a tenu bon, il préférait être remplacé que faire les changements souhaités… Bon, le miracle ensuite, c’est le succès inattendu du film… Avec « Tetro », cela ne serait pas un peu le film déroutant d’un jeune réalisateur qui maîtriserait tous les codes de cinéma??? Il pense qu’à chaque film, il a changé de style, pour « Le Parrain », par exemple, c’était très classique, mais il se rend compte qu’il revient vers l’origine du cinéma avec son tropisme aujourd’hui pour les planss fixes. Il a été influencé par tant de réalisateurs, il ne pourrait pas en citer 5 mais 50, en vrac, les japonais comme Kurosawa, Mizoguchi, Ozu, le Fellini des « Vitteloni », Eisenstein, le théâtre d’Elia Kazan et Tennessee Williams, (il fut d’abord étudiant en théâtre) et aux USA Wyler, Walsh, Ford, Welles, Hitchcok.
Il aime bien préparer les films en amont pour que les acteurs deviennent les personnages, pour « Le Parrain », il avait organisé un repas italien chez sa soeur avec les acteurs en costumes, à la fin, ils formaient un peu une famille, pour « Tetro », ce fut plutôt l’inverse, il narre une anecdote que lui a raconté Gene Hackman : sur le tournage de « French connection », Hackman n’avait pendant longtemps pas la moindre idée de ce que voulait Friedkin, il a découvert son personnage hors plateau un matin en commandant un café et un croissant qu’il a trempé dans son café, puis en a croqué une bouchée et l’a jeté, il a senti que son personnage était ce genre de type à faire ce genre de choses…

Est-ce qu’il a volé des idées aux autres et que peut-on lui voler comme idées? Le langage cinématographique a changé, le langage tout court évolue, la révolution numérique implique une infinité de combinaisons, etc…  Il a volé des idées aux autres, oui et non, pas volé car on se les réapproprie « you make it your own », son père l’a toujours encouragé : « steel from the best! » Souvent, c’est en voyant le film d’un autre qu’il a envie de faire un nouveau film, par exemple le film « The Conversation » lui a été inspiré par « Blow-up »! Un mot sur l’évolution de son projet d’adaptation de « Sur la Route » de Kerouac en collaboration avec Walter Salles? Il n’en dit pas grand chose mais ça a l’air de rouler…

Merci au Forum des images pour m’avoir permis d’assister à la Master Class et pardon pour les quelques petites photos du maître, je n’ai pas résisté à immortaliser, même modestement, ce moment d’exception…
 

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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