Gregg Araki inédit : redécouverte de "The living end" avant sa sortie DVD

Ouverture avec « Extérieur Blogs » d’une nouvelle rubrique destinée à infuser du sang neuf à CinéManiaC : un regard extérieur sur un  film, un coup de coeur ou de projecteur : soit sur un film que je n’ai pas eu l’idée ou l »occasion de voir, soit, pour un film donné, une manière différente de l’aborder, de le critiquer, en deux mots, un avis différent. J’avais déjà lancé de manière informelle l’idée de critiques contradictoires pour certains films faisant polémique. A présent, c’est régulièrement, périodiquement, comme on dit, que j’accueillerai des critiques de blogueurs venus d’un ailleurs que je connais bien pour les lire régulièrement, des auteurs que j’apprécie…

On démarre aujourd’hui avec « Tadah blog » de Voisin blogueur, blog éclectique à forte audience, cinéphile et cinéphage, mélomane aussi, voyant à peu près tout ce qui sort en salles chaque semaine, avec un penchant pour le cinéma d’auteur, mais une curiosité de tout les cinémas, toutes les époques, de Joseph Losey à Christophe Honoré. Collaborateur de Radio-Campus, Jonathan suit également des grands festivals comme Cannes ou Deauville.


C’est au détour de son suivi du 14° festival de films gays et lesbiens de Paris, qui vient de s’achèver la semaine dernière, et je vous invite à en lire son compte rendu quotidien extrêmement complet, que notre « Voisin blogueur » à dégoté un samedi soir tard dans la nuit… une rareté : un Gregg Araki inédit dont on devrait voir bientôt la sortie en DVD : « The living end » (1992) : « Avec ce film, Gregg Araki … saffirmait en 1992 comme lun des cinéastes les plus prometteurs du New Queer Cinema qui émergeait alors aux Etats-Unis dans la foulée des premières uvres de Gus Van Sant. « 
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critique du film « The living end »

Sorti en salles en 1992, The living end fait partie de ces films du réalisateur Gregg Araki (connu pour « The doom generation », »Nowhere, » « Mysterious Skin » et plus récemment « Smiley Face ») qui demeurent introuvables. Bonne nouvelle pour les fans du cinéaste : un DVD de « The living end » devrait être édité très prochainement et à cette occasion le film était projeté au dernier festival de films gays et lesbiens de Paris. Loccasion de se replonger en plein dans les années SIDA entre road movie et cinéma underground.

 

Lhistoire est celle de Jon, un critique de cinéma qui voit sa vie seffondrer en apprenant quil a le VIH. Seul, célibataire, il na quune bonne copine sur qui compter mais cela ne semble pas lui remonter le moral. Et voilà quil prend en stop Luke. Un mec paumé, prostitué, et lui aussi séropositif. Les garçons sont deux opposés. Jon est quelquun de sérieux, droit, qui aime garder le contrôle. Luke est un mec destroy, imprévisible, qui passe son temps à picoler et à se fourrer dans des situations impossibles. Ainsi, quand Jon le rencontre, il est en pleine cavale pour avoir tiré et tué des mecs qui lavaient agressé. Si Jon a toutes les raisons du monde de fuir et de ne plus jamais revoir ce garçon à problèmes, il va pourtant peu à peu se laisser prendre dans ses filets et en tomber amoureux

 

Une histoire damour gay et rockn roll, souvent farfelue mais aussi très touchante : voilà comment lon pourrait résumer « The living end » de Gregg Araki. On y retrouve lunivers 90s et un peu fauché du cinéaste comme ce fut le cas dans « Doom Generation » et « Nowhere » mais sauf que cette fois le côté «cool underground  sefface au profit de lintensité dune histoire damour singulière. Pour information, « The living end » a précédé les autres films cités et fut le premier film reconnu du réalisateur à sortir en France. Un film qui reste dans les esprits déjà car il évoque avec subtilité le thème du SIDA en plein début des années 90 mais aussi parce que nous sommes là devant une histoire damour, une passion borderline qui semble pouvoir éclater à tout moment. Quand lon nattend plus rien de la vie, que peut-on attendre de lamour ? Le personnage de Luke préfère prendre le problème «à la cool» en se considérant comme totalement libre. Condamné à mourir, il se dit quil na plus rien à perdre et que tout est permis. Jon, lui, na pas la même vision des choses et même sil se laisse entrainer dans de multiples péripéties avec son nouveau compagnon, il ne peut sempêcher de réfléchir et garder les pieds sur terre. Au final, il ressort de « The living end « une étrange liberté, celle daimer et vivre sans condition, sans règles. Daffronter le danger sans dramatiser. Une course à la mort et à lamour, à la fois tendre et sauvage.

par Voisin Blogueur

 

 

 

 

  voir aussi l’interview de Gregg Araki au festival de Sundance…


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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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