« Incognito » : Bénabar dans le rôle d’un chanteur…

Eric Lavaine, sortie 29 avril 2009
Projection presse unique ce matin du film « Incognito » qui sort le 29 avril que j’ai pu voir, grâce à Allociné (merci!), au Gaumont-Marignan sur les Champs-Elysées. Une particularité pour ce film : Bénabar tête d’affiche dans le rôle d’un chanteur…

Sur un thème qui a souvent donné des oeuvres dramatiques comme, par exemple, « Le Mort saisit le vif » de Troyat, où un écrivain s’approprie le manuscrit d’un mort qu’il publie sous son nom à lui, une comédie, qu’est-ce que ça donne? En 1995, Lucas forme avec deux copains un groupe plutôt nul mais sincèrement entiché de musique « Orly sud » (à vérifier…) Peu de temps après, un des compères, La Glue, se tue en moto et l’autre, Thomas, meurt d’une overdose, fin de la rock attitude, Lucas retourne à la RATP… 10 ans plus tard, Lucas est toujours contrôleur d’autobus quand, par hasard, il tombe sur une vieille connaissance, Marion, une jeune femme qui va changer sa vie, le transformer en star et lui donner un enfant… Du jour au lendemain, Lucas devient Luka, genre chanteur issu de la téléréalité à qui on demande des autographes au bout de trois semaines d’antenne.

Sauf que tout est parti d’un malentendu, d’une petite lâcheté qui n’aurait pas dû prêter à conséquences : pour séduire Marion, Lucas lui chante la chanson d’un autre, elle l’embrasse alors qu’il allait le lui dire… Les évènements se précipitent, Marion présente Lucas à un producteur… Lucas ayant conservé le carnet bleu de Thomas avec ses textes de chanson les reprend à son compte, il devient riche et célèbre… Dans l’intervalle, Lucas s’est encombré  depuis les années 95 d’un sympathique parasite, Francis, comédien raté, mime, qu’il loge depuis dix ans, une manière de garder le pied dans la réalité… Le comique de situation va donc se baser essentiellement sur les chocs entre les deux personnages Lucas et Francis. Le personnage de Francis ressemble un peu à J.Pierre Darroussin dans « Mes Meilleurs  copains » (1986) de J.Marie Poiré (son meilleur film et le seul qui n’ait pas marché!), le looser rêveur, musicien d’un groupe qu’ils avaient formé autrefois (même sujet aussi, l’ancien groupe rock illusoire), trop pur, trop gentil, déconnecté du quotidien, provoquant des catastrophes (les rapports Lanvin/Darroussin dans « Mes Meilleurs copains » sont du même genre).

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Jocelyn Quivrin et Bénabar
© Pathé Distribution Galerie complète sur AlloCiné

 

Seconde source de gags beaucoups plus fins, le retour de Thomas qui n’était pas mort mais parti pour les Indes… Débarqué en France pour une signature chez un notaire, Lucas ne veut pas que Thomas sache qu’il est devenu une star, aussi, il l’occupe, l’isole, à la campagne, par exemple… Où les paparazzis vont les photographier nus et les faire passer pour un couple gay… Petit à petit, Thomas va se douter de quelque chose, bien évidemment…

Ce qui est bien vu, ce sont les rapports des gens dits anonymes avec la célébrité et donc les stars à qui ils passent tout, exemple du type à qui on vient d’arracher son rétroviseur, ravi quand il voit que son agresseur, c’est la chanteur Luka… Ou les demandes de photos avec la star sur l’escalier mécanique d’un centre commercial au risque de provoquer un accident . Plus lourd, l’argent va à l’argent, pour les stars, c’est gratuit, les vigiles laissent passer dans les clubs VIP, au restaurant, une table se libère, etc… Le public et les fans sont néanmoins montrés comme « la meute » dont parle Houellebecq dans ses entretiens avec BHL, par exemple, impitoyable, mine de rien, ce constat du rapport aux nouveaux dieux…

 

Jocelyn Quivrin, Franck Dubosc et Bénabar
© Pathé Distribution Galerie complète sur AlloCiné

 

 

Si le tandem Bénabar-Jocelyn Quivrin est franchement bien, acteurs naturels, pour le reste, des personnages comme la productrice/Isabelle Nanty ou Francis/Franck Dubosc en font des tonnes, ce qui divise le casting en deux camps correspondant à deux générations d’acteurs  : ceux qui sont crédibles et ceux qui vous donnent la migraine… Bénabar teint en brun noir, blouson de cuir noir, est très à son aise, on dirait qu’il joue la comédie depuis toujours mais n’est-ce pas le cas déjà sur scène? Quant à Jocelyn Quivrin, c’est un des meilleurs comédiens français sur la place… Bénabar/Quivrin, un renouveau de casting vraiment réussi, pour le reste… Il faut donc être Dubosc-compatible si on veut voir ce film car il tient beaucoup de place, pas gâté non plus par les dialogues et les situations (fesses à l’air dès le premier plan sur lui, le pauvre…) 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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