Jour tranquille à la Porte de Versailles : 2ième Salon du cinéma

Paris, vendredi 18 janvier 2008
Salon du cinéma, 2° édition du 18 au 20 janvier 2008, Paris, Porte de Versailles, hall 6

 

Autour de « Lady Jane » : rencontre avec Robert Guédiguian et Ariane Ascaride

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Salon du cinéma, première journée, première étape, la rencontre avec Robert Guédiguian et Ariane Ascaride, sa compagne et son actrice fétiche, autour de film « Lady Jane » qui vient d’être sélectionné à Berlin et sortira en salles le 9 avril. Sur l’affiche du film, les trois personnages héros, anti-héros du film ne regardent pas dans la même direction, symbolisant leur état d’esprit d’aujourd’hui individualiste et sans projet ni combat commun. C’est de cette absence d’espoir, voire de combat politique, de ce renconcement à la révolte que Robert Guédiguian va parler aujourd’hui pour tenter d’expliquer son film « Lady Jane » quand d’aucuns d’avance ne comprennent pas son choix : pourquoi un film de genre, pourquoi un polar? Telle cette intervenante qui aurait préféré retrouver un Ken Loach français dénonçant les injustices, disant à Robert Guédiguian « vous êtes les seul à pouvoir faire du cinéma social », on citera d’ailleurs plusieurs fois « It’a free world » pendant la rencontre… A mon humble avis, c’est davantage d’un film noir que d’un polar qu’il sagit comme j’ai essayé de l’expliquer dans ma critique du film vu en avant-projection et ça change tout…Robert Guédiguian est un personnage incroyablement vivant, sympa, un poil bourru, avec une anti-langue de bois qui fait du bien : mais les acteurs, on les emmerde à les diriger, à leur parler tout le temps, on travaille avec eux, on ne dirige que les mauvais acteurs… Ecrire seul des scénarios, mais il s’ennuie tout seul Robert Guédiguian, la solitude, ce n’est pas son truc… La profession de réalisateur, en réponse à une question de quels conseils il donnerait à un jeune aspirant réalisateur, c’est une occupation à temps complet, une obsession, on y pense tout le temps, on se réveille la nuit en y pensant, on ne fait que ça toute sa vie, un sacerdoce plus qu’une profession…

Tout amateur du cinéma de Guédiguian le sait, il ne travaille qu’en équipe avec son trio du début Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. De sa manière de faire un film, il dit qu’il a un pressentiment de film en débutant le tournage, c’est à dire qu’il ne connait pas encore tout de son film, idem pour les personnages pas encore finis, des pressentiments de personnages, quelquefois, il tourne plusieurs versions d’une scène avec des intonations différentes et il fera le choix au montage, ça demande une confiance immense de la part des acteurs et une absence de rapports de force, le mot est lâché! La musique classique dans ses films? Il dit avoir été influence par Pasolini qui jouait du Vivaldi ou du Bach en filmant des terrains vagues, des usines désaffectées, comme un cadeau qu’il leur faisait. Il y a du classique, dont du Vivaldi, dans « Lady Jane » (et aussi Canned Heat…)

Ce qui différencie le personnage de Muriel interprété par Ariane Ascaride des ses précédents rôles avec Robert Guédiguian, c’est son absence d’espoir. « Lady Jane » est un film sur la fin des utopies, Muriel peut vivre cent ans mais elle est vidée de projets, d’espérances. Quand une intervenante dit qu’elle lui fait penser à Anna Magnani, puis une autre cite Giuletta Massima, elle est touchée, ce sont ses modèles, elle-même est d’origine italienne, dit-elle modestement, « et moi, je ne ressemble pas à Fellini? » râle Robert Guédiguian!

Des trois personnages de « Lady Jane », un seul voudrait revivre les espérances du passé, celui interprété par Jean-Pierre Darroussin, les deux autres en ont fait leur deuil, la scène clé du film, c’est ce retour dans le quartier où les trois ont vécu dans les années 70, cette scène qui ouvre le film où ils distribuent les fourrures d’un casse à des ouvrières, et aujourd’hui personne ne s’en souvient, on ne les reconnaît plus dans leur propre quartier (tourné à L’Estaque)…

Robert Guédiguian a une exigence : produire ses films, le seul cas où il a été co-producteur fut pour « Le Promeneur du Champs de mars » qui fera l’objet de la rencontre suivante sur le stand CinéRoman de l’adaptation littéraire au cinéma. Il produit aussi les films des autres, le partage toujours, Darroussin, obligé! mais aussi « Anna M », par exemple, de Spinosa ou Lucas Belvaux ou récemment « Les Toits de Paris » avec Piccoli.

Le projet de Robert Guédiguian, pas encore complètement désespéré pour ne plus tourner du tout, comme il le dit lui-même avec humour, c’est « L’Affiche rouge », un film sur une opération de propagande menée par la police allemande pendant l’occupation avec l’aide de la police française… En 1943, 23 francs-tireurs très jeunes (certains avaient 17 ans) furent exécutés, on avait pris soin auparavant de les affamer, de les présenter pas rasés, épuisés, puis, on en fit une photo pour une affiche de propagande anti-résistants… On le voit, le combattant a repris des forces, Robert Guédiguian est un résistant et on en a bien besoin en France aujourd’hui…


lire la critique du film…
Ariane Ascaride qu’une intervenante compare à Anna Magnani et Giuletta Massima…

Robert Guédiguian, star de la première journée du Salon du cinéma avec 3 événements : rencontre autour de « Lady Jane » avec Ariane Ascaride, débat CinéRoman autour du « Promeneur du Champs de Mars », signature de son livre « Conversations avec Robert Guédiguian » d’Isabelle Danel (critique ciné à « Première » et auteur d’un livre sur les 60 ans du festival de Cannes ) au stand MK2

 

Foule pour la masterclass de Jean-Jacques Annaud, parrain du Salon du cinéma numéro 2, quand je passe devant le lieu de la rencontre, des grappes de spectateurs débordent de la salle, le réalisateur est en train d’expliquer comment il a tourné « L’Ours », il  imite très bien l’ours!!!, ensuite, on passe un extrait du film sur grand écran…

Au fil du salon :

Le stand du café Carte noire, sponsor du prix CinéRoman, expresso et adaptations littéraires au cinéma. Des stands d’affiches de films (souvent très belles). L’atelier de maquillage de studios Make up for ever…. où on peut se faire faire la gueule de Frankenstein, par exemple… Un stand clos de parois en verre, décor de film accessible au public… Ce n’est pas le cas du studio Harcourt, quelques photos sur un mur, une maigre pêche (la salle entièrement VIP, impossible d’y entrer pour le simple pélerin). Le stand Locafilm (www.locafilm.com), avec une offre d’un mois d’abonnement gratuit et un nouveau parrain entre ciné et télé : Benjamin Castaldi, petit-fils de Simone Signoret. Visite sur le stand de l’association « Les Toiles enchantées », parrainée par Alain Chabat, qui organise des projections de films, avec quelquefois la visite des acteurs du film, dans tous les hôpitaux de France pour les enfants hospitalisés malades ou handicapés www.lestoilesenchantees.com (bien entendu, les dons sont déductibles des impôts, comme pour toutes les associations. Les Toiles enchantées, 2, villa Octave, 92270, Bois-Colombes) .

shopping :

Des boutiques d’accessoires ciné pour les pros, des claps, des sacs à customiser (un peu cher, 75 Euros www.cineboutique.fr), des fauteuils de réalisateurs, des t.shirts du festival de Cannes… Plus loin, on vend un jeu cinéma genre Trivial Pursuit updaté avec des indices par paliers (amusant, 30 Euros pendant le salon, 50 Euros ensuite, www.tousaucinema.com). Des silhouettes en carton grandeur nature (pliantes tout de même) : Marilyn, Johnny Depp ou John Wayne (marrant, environ 35 Euros www.starsilhouettes.fr) un homme en achète une et se fait photographier avec John Wayne cartonné sur le stand. La boutique MK2 avec livres, dvd, signatures pendant le Salon, etc…

 

Des idées de futures rencontres :

 


 

« Les Cinglés du cinéma » à Argenteuil du 23 janvier au 5 février 2008, invité d’honneur cette année Claude Miller, renseignements 01 34 23 44 70.. Le 7° Festival du cinéma israëlien du 21 au 27 mars 2008 à Paris au cinéma Gaumont Champs-Elysées-Marignan, on passe d’ailleurs des films tous les jours sur le Salon… renseignements festival : www.isratim.co.il

Une affiche de de rêve pour un film culte (le remake de « Plein soleil » est « Le talenteux Mr Ripley » nettement moins captivant et beau que l’original)…

 

              

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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