Kiarostami au Japon, Brad Pitt remet ça avec Andrew Dominik pour « Killing them softly », Ken Loach et le pure malt (« La Part des anges ») + « J’enrage de son absence »/S. Bonnaire à la SDC

   
Ray Liotta
Hier en fin d’après-midi, des voitures officielles en file indienne devant une aile du Carlton, la rue mi-barrée, je peux voir la cortège de limousines de ma fenêtre, je finis par me décider à descendre avec mon appareil photo, c’est la préparation de l’arrivée de l’équipe du film « Killing them softly » d’Andrew Dominik pour la séance de gala du soir de 19h30 (j’ai, pour ma part, vu le film le matin), tous les acteurs sont là sauf Brad Pitt dont on entend qu’il a été mis à l’abris dans une villa… Ray Liotta, Ben Mendelsohn, Scoot McNairy, les quelques festivaliers présents leur lancent « ah! vous n’êtes pas mort? » (en référence aux règlements de compte et leurs personnages dans le film). Mais il y a aussi Joshua Jackson (« Fringe ») qui accompagne Diane Kruger qui fait partie du jury et Harvey Weinstein, le producteur, etc…Dans l’après-midi, je vais à l’Espace Miramar voir un film de la section La Semaine de la critique : « J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire qui présente le film en minijupe en jean, natte blonde, avec tous ses acteurs dont Alexandra Lamy, excepté William Hurt, le personnage masculin principal du film. Comme d’habitude, la salle du 60° anniversaire étant cette année occupée en priorité par la presse qui n’a sans doute pas assez de place dans ses projections presse, il n’est plus question d’aller rattraper les films le lendemain sauf au Marché du film quand il y a de la place. Donc, la chasse aux invit, sport cannois que le festivalier ne connaît que trop, continue… Hier, je décroche le sésame pour la séance de 22h de ce qui est sûrement le seul film drôle de la sélection officielle, « La Part des anges » de Ken Loach, la salle est ravie, c’est un peu lourd, une farce sociale, mais sympa, avec un très bon scénario.


Ben Mendelssohn

  
Scoot McNairy


Ray Liotta

  
Diane Kruger   /   Joshua Jackson

 

« Killing them softly » d’Andrew Dominic /SO, compétition (sortie en salles 17 octobre 2012)

On attendait beaucoup de la seconde collaboration de Brad Pitt avec Andrew Dominik avec qui il avait tourné le superbe « L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » mais mieux vaut ne pas avoir vu le premier film pour apprécier le second. Si la lumière demeure magnifique, la mise en scène de qualité penche parfois vers des effets mode comme cette tuerie avec tir au ralenti sur une musique romantique en strict contre-emploi, bof! Brad Pitt, plutôt mono-expressif, n’est pas au niveau de « Jesse James », loin s’en faut. Mais le film se regarde volontiers bien qu’on regrette que le réalisateur qui avait son propre style s’en aille pencher du côté des frères Coen, voire de Tarantino, était-ce bien nécessaire?

Le sujet : une partie de poker illégale se tient depuis des années dans un tripot tenu par un certain Markie (Ray Liotta), play-boy et « méchant sympa » qui se vante un soir aux autres joueurs de s’être braqué lui-même… Cela donne l’idée à des voyous de braquer à nouveau la partie de poker pour que Markie soit accusé à leur place… Deux bras cassés sous la férule d’un troisième, qui se sont connu en prison, Frankie (Scott MacNairy) et Russel (Ben Mendelsohn), un « type bien » qui vole des chiens pour les revendre et espère accumuler un pécule pour acheter un stock de drogue et devenir dealer… (un peu le genre de personnages tarés de « Jackie Brown » de Tarantino, par exemple). Mais ce braquage d’un jeu, sous contrôle de la Mafia, par deux types minables ne passe pas, cela provoque des remous dans toutes les couches de la pègre qui fait appel à un tueur, Jackie Cogan (Brad Pitt), pour faire le ménage. La situation dégénère…

 


© The Weinstein Company  

Andrew Dominik, déçu par le non succès commercial en Amérique de son « Jesse James » a voulu faire un film sur l’argent et a noté que seul le genre policier permettait de montrer des personnages qui ne s’intéressent qu’à l’argent ; cette micro-économie mafieuse occulte des jeux d’argent qui s’effondre sous l’impulsion d’un braquage sauvage est la métaphore de la crise économique, le film décrivant le nouveau dieu américain :  capitalisme. Le film est tiré d’un livre de George V. Higgins qui fut procureur pendant 20 ans. Le réalisateur voulait faire un film mixte entre la screwball comedy et le polar, une « comédie non drôle » comme il le dit lui-même. 

« The Angel’s share » (« La Part des anges ») de Ken Loach /SO, compétitionQuand Robbie, jeune délinquant, rencontre Harry, éducateur au grand coeur qui l’initie à la dégustation de whisky, il le sauve. De son quartier chaud de Glasgow où il est tricard, père de l’enfant de la soeur du caïd rival, Robbie va sortir en adulte grâce à Harry et trois amis qu’il a rencontré lors de leur stage commun de travaux d’intêret général.
à suivre…

 

« Like someone in love » d’Abbas Kiarostami / SO, compétition

Le Japon de Kiarostami…
à suivre…

  
Sandrine Bonnaire, …, Augustin Legrand, Alexandra Lamy, …

« J’enrage de son absence » de Sandrine Bonnaire /SDC (sortie en salles 31 octobre 2012)


photo Ad Vitam

Un homme, Jacques (William Hurt), revient en France après 8 ans d’absence pour régler la succession de son père, il revoit Mado (Alexandra Lamy), son ex-femme, remariée, un enfant de 7 ans. On comprend rapidement que Jacques et Mado se sont séparés après la mort accidentelle de leur fils. Chemin faisant, Jacques fait un transfert affectif sur le fils de Mado et s’enferme dans leur cave afin qu’il vienne le nourrir en cachette…
Le film joue l’émotion et l’identification, les scènes dramatiques surlignées d’une puissante musique. Mais Sandrine Bonnaire, malgré toute sa bonne volonté, son choix habile de sujets empathiques, est-elle vraiment une réalisatrice douée gagnant à poursuivre une carrière? Heureusement, il y a William Hurt qui porte le film sur ses épaules de comédien d’exception.

BONUS

Présentation hier mardi vers midi dans un salon de l’hôtel Majestic du 7° prix France-Musique/Sacem de la musique de film 2012
Ce prix sera remis au Trianon à Paris le 12 novembre 2012 lors d’un concert exceptionnel où sera jouée l’oeuvre de commande du lauréat 2011 : Bruno Coulais. Dans la sélection 2012, tous pays, tous genres confondus, on trouve 11 films dont « The Tree of life » de Malick, « The Artist » de Michel Hazanavicius, « L’Exercice de l’état » de Pierre Schoeller, « Black swan » de Darren Aronofsky, etc…

francemusique.fr

Twitter : https://twitter.com/francemusique


le compositeur Philippe Schoeller (à gauche) compose pour les films de son frère, Pierre Schoeller, en projet, l’affaire Erignac…

Notre note

(3,5 / 5)

Mots clés:

Partager l'article

Lire aussi

Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera pas publié. Remplissez les champs obligatoires (required):

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to Top