"La Chambre bleue" : le minimum Simenon

Mathieu Amalric, sortie 16 mai 2014

Pitch

Un homme marié, qui entretient une liaison adultère, est arrêté pour un double meurtre, il se souvient de l'année précédent le drame...

Notes

Un homme et une femme, amants passionnés dans un hôtel, soudain, l’homme aperçoit la silhouette du mari… Julien et Esther étaient au collège ensemble, il a quitté la région pendant longtemps, y est revenu récemment, , chef d’entreprise, marié, un enfant. Esther, pharmacienne, a épousé un homme aujourd’hui très malade dont elle se fiche. Une panne de voiture dans la forêt les rapproche, Julien ignorait la passion que lui vouait Esther depuis toujours, il la trouvait trop grande pour lui, leur liaison débute, lui, consentant, ambigu, coupable, elle, dévorée par la passion. Il prend peur, tente de fuir mais elle ne le lâchera plus d’autant qu’il ne sait pas très bien ce qu’il veut.

Et aussi

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Mathieu Amalric dit qu’on lui a demandé s’il voulait tourner un film en trois ou quatre semaines, il a avisé un livre « pas trop épais » sur sa bibliothèque… Avec ce genre de motivation, on s’étonnera que son film « La Chambre bleue » soit tout sauf une atmosphère Simenon… Des complications de mise en scène et de cadrages (tu l’as vu mon style?), un angle d’approche « entre deux chaises » : l’univers de Simenon qu’il tente de « moderniser », s’approprier et son univers à lui, plus jubilatoire et sensuel, qu’il tente de brider.

Donc, évidemment, ça démarre par un couple dans un lit et on y revient avec une grande complaisance, théoriquement pour éclairer un double crime… Les mots vont informer plus que tout le reste, ces questions que pose la femme son avenir avec son amant quand lui semble n’en voir aucun. La bonne idée c’est de dévoiler les victimes à mi-film et surtout comment elles ont été tuées. Personnage clé : la pharmacie du petite ville où travaille sa titulaire, Esther, l’amante de la chambre d’hôtel, l’armoire des produits toxiques à la portée de la main… La seconde bonne idée, ce sont les réponses de Julien à la police et les souvenirs correspondants montrés, beaucoup plus complexes, parfois, contradictoires…

Le réalisateur joue avec la temporalité, essentiellement sur trois périodes de sa vie : le commissariat où il est interrogé, la chambre d’hôtel, les souvenirs avec son épouse, pétrie d’abnégation, dans leur maison moderne et sinistre aux abords de la ville, à la plage en vacances.

Le film présenté dans la section Un Certain regard à Cannes, certains, au sortir de la projection, y ont vu un univers Chabrolien! (parce-que ça dans la bourgeoisie de province, c’est Chabrol…) Quant à l’univers de Simenon, c’est le grand absent du film. Je songe à cette splendide adaptation (par Henry Decoin, 1951) de Simenon « La Vérité sur Bébé Donge »…. L’opacité incompréhensible de Bébé/Danielle Darrieux… Bref! Ici, rien de tout cela, Mathieu Amalric surjoue, exagérément prostré, le regard hagard au superlatif, plus naturelles les deux actrices : Lea Drucker et Stéphanie Cléau.Qu’est-ce qui a intéressé Mathieu Amalric dans ce roman de Simenon sinon la passion charnelle d’un couple? Un couple qu’il va interprêter ici avec sa compagne à la ville(dont c’est le premier rôle à l’écran).

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Notre note

2 out of 5 stars (2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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