"Le Grand alibi" : L'Homme de pique

focus film Pascal Bonitzer, sortie le 30 avril 2008

 

Adaptation d’un roman d’Agatha Christie, on n’attendait pas une révolution cinéma mais quelle désolation en sortant de cette projection dans la belle salle du cinéma Le Balzac qui clôturait trois jours de festivités de la Sacem* où les spectateurs furent d’ailleurs chaleureusement accueillis avec du champagne. Mais quel degré d’alcoolémie aurait-il fallu atteindre pour s’immerger dans ce film?Un professeur de psychiatrie, serial séducteur, Pierre Collier (Lambert Wilson), est assassiné lors dun week-end dans la villa du sénateur Henri Pages (Pierre Arditi), collectionneur darmes à feu. Parmi les nombreuses femmes de la vie de Pierre Collier, assistaient à ce WE, la propre femme du sénateur, son hôtesse Eliane, fausse bourgeoise gnangnan et bavarde, son épouse légitime Claire, jolie femme filiforme, effacée, presque prostrée, sa maîtresse préférée Esther, pétulante artiste tendance femme libérée, et son ancienne passion Lea, brune fatale extravertie pré-hystérique, fin du catalogue.

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Près du cadavre de Pierre Collier, on trouve son épouse Claire, choquée, une arme à la main, aussitôt, Esther, la maîtresse en titre, len dépossède et laisse tomber larme dans la piscine, racontant ensuite à la police quelle a fait ce geste machinalement, interrogée aussi, l’épouse, amnésique, ne se souvient plus de rien Finalement, ce nest pas larme du crime

A laffiche, une pléiade dacteurs ayant pignon sur rue : Miou-Miou (lépouse du sénateur), Lambert Wilson (Pierre Collier), Anne Consigny (Claire Collier), Valeria Tedeschi-Bruni (Esther), Catarina Murino (Lea), Pierre Arditi (le sénateur), Mathieu Demy (Philippe) et Emmanuelle Riva méconnaissable dans le petit rôle dune malade octogénaire de la clinique du professeur Collier. Au final, chacun tente de tirer plus ou plus bien son épingle du jeu, pas facile

 

Valeria Bruni Tedeschi, Caterina Murino, Lambert Wilson et Anne Consigny
© UGC Galerie complète sur AlloCiné

 

La moindre des choses, pour donner une colonne vertébrale au récit, eût été de respecter la traditionnelle unité de lieu et que tous les protagonistes, tous suspects par définition, demeurent sur place dans la maison de campagne du sénateur, classique mais efficace.  Au lieu de ça, chacun séparpille au lendemain du meurtre, va et vient entre Paris et la campagne. Car le réalisateur semble ici nettement plus intéressé à nous montrer les liaisons amoureuses anarchiques et compliquées des uns et des autres que dentretenir le suspense. Le dénouement, pas trop prévisible, il est vrai, sera pourtant bâclé. Quant aux personnages, ils sont à peine définis. Par exemple, toutes les femmes de l’entourage du défunt prof de psychiatrie sont apparemment aussi névrosées que ses malades mais ne sont caractérisées ici que par rapport à leur passé amoureux avec Collier, il y aurait eu pourtant beaucoup à développer Les hommes du récit, quand ils ne sont pas morts comme Collier, sont des ombres, comme le rôle translucide de Pierre Arditi pourtant parfait.Sorte dantithèse au renouveau du cinéma français, cest un film figé dun autre âge, misant sur le casting et attendant du récit policier quil prenne en charge labsence didées de mise en scène. Encore un film français dont on se demande à quel public il sadresse

* soirée Sacem du mardi 15 avril 2008 au cinéma Le Balzac à Paris. Voir aussi la critique du film sur le blog « In the mood for cinéma »…  

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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