"Les Dents de la nuit" : vampire pour rire

Vincent Lobelle et Stephen Cafiero, sortie le 6 aout 2008
 

Sur l’invitation d’Allociné, dans le cadre de la naissance du club des 300 (voir mon billet sur la soirée du 19 juin de présentation du projet assorti de l’avant-première mondiale de « Wall-E » dont l’avant-première officielle parisienne avait lieu seulement ce soir sur les Champs Elysées, soit dit au passage…), projection ce soir au Club de l’Etoile à Paris d’un drôle de film de vampires traité sur le ton de la comédie déjantée et bien au delà, film qui sortira en salles le 6 aout…

Quintessence du premier degré, ce film étonne par sa candeur à décliner gags et les dialogues débilissimes, une sorte d’innocence à oser le premier degré et même au dessous, un degré zéro du comique de situation émaillé crânement d’une vulgarité candide ou plutôt d’une trivialité bon enfant. Le film fait penser à ces n films US pour ados revu et corrigé pour adultes tendance adulescents, ces adultes d’aujourd’hui qui rechignent à quitter l’univers mental de l’enfance. 


photo SND-films
—–Comme souvent dans les films français, un bon sujet va servir de scénario, étiré sur 1h30, après une première partie de film pas désagréable où on se surprend à rire de dialogues dans le genre « je vais me tirer une balle… » « A trois semaines de soldes, t’es pas folle? » ou encore « tu as un beau cou » « Tu es espagnol pour prononcer comme ça? », voire du gag récurrent du pastiche incônoclaste de « Titanic » tellement nul que c’en devient hilarant, la seconde partie patine, embourbée, redondante, ce n’est plus drôle du tout.


photo SND-films

Quel est donc le sujet du film? Trois copains trentenaires, préoccupés surtout dans leur vie de squatter les bonnes soirées et de dénicher les bons plans sorties, dégotent par hasard une invitation pour la plus VIP des soirées : La Nuit Médicis… Transportés en hélicoptères privés dans un château caricature de celui du Comte Dracula, 400 invités vont servir de festin à une centaine de vampires, invités VIP installés au premier étage autour de leur gourou. Passée la scène plutôt intéressante où les VIP contemplent avec appétit leurs futures victimes en train de danser par une vitre opaque avec la différence d’ambiance entre la fête colorée d’un côté et l’anniversaire noir et macabre de la Saint Barthélémy de l’autre côté du miroir, exit les figurants, ne restera que le petit groupe des trois compères, Sam, Prune et Alice (Frédérique Bel) enrichi de quelques accolytes, comme le dentiste star à bridge blanc brillant proéminent (Sam Karmann), le ministre corrompu (Antoine Duléry), le play-boy, le dandy, l’épouse décérébrée et nympho d’un maffioso (Hélène de Fougerolles), le neveu chauve du maître chevelu (Tchéky Karyo) et son assistant affublé d’une tenue SM grotesque en cuir noir. Ce groupuscule, comprenant qu’il ne sortira pas vivant du château (où ils voulait tant entrer, piège de la vanité de la VIPisation… ), va alors tout tenter pour sauver sa peau de ces « Dents de la nuit », occupant désormais le premier plan de façon désordonnée. Le film maigrit donc considérablement à mi-parcours, on voit bien des cadavres ou des employés qui lavent le sang et emballent des corps dans des draps blancs mais c’en est terminé du grand spectacle malgré les maquillages assez impressionnants quand les VIP de la secte se transforment en vampires sous la soif de sang qui les défigure*.
* Autrement plus pervers, la transformation physique des vampires dans « Les Prédateurs » de Tony Scott que TCM repassait l’autre soir dans le cycle « années 80 » : c’est quand Catherine Deneuve n’aime plus ses amants qu’ils deviennent monstrueux en vieillissant à toute vitesse, pour sucer le sang de leurs victimes, le couple qu’elle forme avec David Bowie demeure superbe et d’une éternelle jeunesse justement grâce à se sang neuf…


photo SND-films

Si on lit les notes d’intention, le projet était de faire un film à la fois réaliste, un film de genre, et loufoque, une comédie, mais, au lieu de jouer l’alternance ou le pastiche, le film intègre, infuse, mixe la loufoquerie et le grotesque dans l’horreur sans pourtant la parodier, émaillant les massacres de dialogues de blondes et de réflexions vulgaires, de situations triviales. Cette ambition de conserver à la fois le film de genre et la comédie déjantée, en faisant l’économie de la parodie, donne
un drôle de cocktail quelquefois aussi indigeste que le sang qui barbouille l’estomac d’un des convives allergique à l’ail… La bonne idée de casting : Frédérique Bel, toujours parfaite dans ces rôles de blonde Marilyn faussement cruche, sensible et subtile, une actrice qui compte désormais dans le paysage cinéma français. Le bridge dentaire de Sam Karmann n’est pas mal non plus… Quant aux vertus de l’écran solaire total pour protéger les vampires des UV de la lumière du jour, il fallait oser…Quelques répliques sur le juke-box du film???

Lire aussi la critique du film sur le blog BJ & Mat…

 


Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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