« Les Voraces » : triangle sur tapis vert

Sergio Gobbi, 1972
       

 

Croupier au casino de Cannes, Kosta, jeune homme trop beau, n’en peut plus de voir passer l’argent que perdent et gagnent les milliardaires oisifs à sa table de jeu. Une nuit que l’industriel italien Olmi a empoché 700 000 francs qu’il demande à emporter en liquide, Kosta le suit, l’assomme et le dépouille. Ensuite, Kosta va cacher le butin sous la statue de la vierge qui domine la ville et rejoint son collègue croupier dans un bar. Mais une femme du monde superbe, Lara, l’a vu assommer Olmi, une femme qu’il avait aperçue au casino ce soir-là, pire, elle a ramassé son briquet et va le faire chanter à sa manière… Soupçonné de l’agression par l’inspecteur Martineau qui le convoque trop souvent à la police, devenu le jouet de la belle Lara qui le veut comme amant pour des raisons troubles, Kosta accepte de s’installer dans sa luxueuse villa et laisse tomber sa fiancée Judith. Très vite, l’industriel Olmi, remis de l’agression, vient former un triangle avec Lara, sa maîtresse (ou qui l’a été), et Kosta qui devient l’objet de transition de leur rivalité, les deux voraces se le disputant pour règler leurs comptes (Lara donne une indication en racontant comment Olmi jeune était déjà riche et cruel, il semble qu’elle ne lui ait pas pardonné pas mal de choses).Mais les événements tournent autrement que ne l’avait décidé Lara qui s’attache à Kosta et souffre qu’Olmi provoque sa jalousie en fournissant au jeune homme de jolies filles sous son nez ou en l’emmenant à Saint Tropez faire la fête. Furieuse, Lara achète la liberté de Kosta mais tente tout de même d’en faire son complice pour se débarrasser d’Olmi en le jetant à l’eau sous le prétexte que ce dernier soupçonnerait tardivement Kosta de l’avoir agressé. Lassé d’être manipulé, Kosta sauve Olmi et quitte Lara pour retrouver Judith et sa condition sociale. Mais les milliardaires blasés ont la peau dure, tandis que Kosta a regagné son poste de croupier au casino, un autre triangle de voraces composé de Lara, Olmi et du policier véreux fumant le cigare, lui jette des plaques pour le personnel, le considérant à présent comme rien, son statut d’objet du désir ayant disparu sous son uniforme de larbin…


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Production franco-italienne, le film est en VF, les acteurs comme Helmut Berger doublés (par Roger Coggio!), le héros de Visconti n’étant pas au meilleur de sa forme, ne croyant visiblement pas à son personnage de séducteur qu’il semble traîner comme un boulet, reste sa beauté exceptionnelle toujours agréable à regarder sur l’écran, d’autant, que la mode des 70 aidant, il est archi-moulé dans un petit ensemble en jean la plupart du temps. Françoise Fabian joue le rôle d’une Jeanne Moreau (côté « Eva » bien qu’on pense à « La Baie des anges » pour les tapis verts), plus belle mais nettement moins convaincante, elle la parodie souvent mais elle n’a pas son côté venimeux, opaque, le réalisateur filme surtout sa beauté, son allure, ses yeux verts, ses robes de star, ses cheveux noirs au brushing parfait. Côté réalisation, c’est typiquement le sympathique « fonds de tiroir  » des années 70  (même Paul Meurisse joue faux…) avec quelques zooms paresseux, des scènes hideuses mais gonflées comme l’écran/soleil rouge (Kosta allongé au soleil) et une musique incroyablement musique de film surlignante recouvrant les scènes de décibels sucrés.

Ancien assitant de Rosselini, Sergio Gobbi était un réalisateur italien qu’on pourrait avec le recul qualifier de mineur (compte tenu de l’incroyable richesse du cinéma italien des années 60/70) installé à l’époque en France. Helmut Berger était déjà à l’affiche de son  film le plus connu que je n’ai malheureusement jamais vu : « Un Beau monstre » (1971) avec Virna Lisi. En revanche, j’ai le souvenir flou d’un film assez  étrange…  « L’Etrangère »(1967) avec Marie-France Boyer et Pierre Vaneck, une curiosité que je reverrai volontiers…

 

      
Vu sur CinéPolar, rediff lundi 3 aout à 17h25 et mercredi 5 aout à 23h55.

Notre note

2 Stars (2 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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