Liz Taylor, la star ultime

Exceptionnellement, la disparition de Liz Taylor, mon actrice favorite, me touchant particulièrement, le logo de mon blog est une photo de « Soudain l’été dernier » (en haut à gauche), me fait publier ici un article rédigé pour Canalsat.fr en mai 2010 à l’occasion d’une rétrospective TCM. Je n’ai pas de mots pour décrire celle que je considère comme la dernière des stars dont on a oublié quelle actrice flamboyante elle a été dans tous les registres : la BA de cette rétrospective parle d’elle-même!

 


dans « Boom! » (1968)

 

« 27 FOIS LIZ TAYLOR »

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(Un film de Liz Taylor tous les soirs autour de minuit, c’est le rêve cinéphile que réalise TCM avec un cycle de 27 films démarrant le 2 mai 2010.) Unique, son regard mauve légendaire, Liz Taylor, poussée dès l’enfance par sa mère à tenter tous les castings, a débuté à l’âge de dix ans à Hollywood, rapidement sous contrat avec la MGM. Aussi célèbre aujourd’hui pour ses huit mariages, son goût des diamants gros comme le Ritz, son engagement précoce contre le sida, que pour ses rôles, la dernière des stars, après quarante ans de carrière, usée par une vie trépidante et des ennuis de santé, mettra sa carrière en sourdine, tournant un de ses derniers films marquants en 1976 « L’Oiseau bleu » de George Cukor.

 

 

Dans l’intervalle, Liz Taylor a tout joué, jamais démodée, toujours renouvelée, pour ne pas dire de plus en plus superbe, dans une carrière qu’on pourrait arbitrairement diviser en trois parties : les débuts de jeune fille sage avec « Fidèle Lassie » (1943), « Le Grand national » (1944) avec Mickey Rooney et surtout « Les Quatre filles du Docteur March » (1949) de Mervyn LeRoy. « Guet-apens » (1949) de Victor Saville où, à seulement seize ans, elle interprète l’épouse d’un officier anglais espion, rien moins que le magnifique Robert Taylor. La période flamboyante des années 50 où elle rencontre des partenaires comme Montgomery Clift ou Rock Hudson qui deviendront ses amis. Dans « Une Place au soleil » (1951) de George Stevens, elle jour Angela Wickers, une riche héritière dont s’éprend l’ambitieux George Eastman (Montgomery Clift) fiancé à une ouvrière dont il veut se débarrasser. Dans « Géant » (1957), encore de George Stevens, elle affronte le météore James Dean dans son troisième et dernier film et Rock Hudson qu’elle soutiendra quand il sera le premier à Hollywood à faire son coming out.



dans « Soudain l’été dernier » (1960)

 

Le début des années 60 va marquer l’apogée de Liz Taylor, notamment grâce à sa rencontre implicite avec Tennessee Williams dans des adaptations de ses livres par cinéma interposé, son talent et sa beauté alors portés à leur point d’incandescence : la Maggie d' »Une Chatte sur un toit brûlant » (1958) de Richard Brooks luttant contre le fantôme du meilleur ami de son mari (Paul Newman) qui sacrifie son mariage sur l’autel du souvenir exalté d’une relation dont il nie la dimension homosexuelle. La Catherine de « Soudain l’été dernier » (1960) de Joseph L. Mankiewicz, menacée de lobotomie par sa tante Violette (Katarina Hepburn) parce qu’elle a pris sa place auprès de son fils Sébastien, poète de pacotille, parasite chic, mort dans des circonstances tragiques lors d’un voyage en Europe avec sa cousine. A cette époque, Liz Taylor obtient l’Oscar de la meilleure actrice pour un film mineur « La Venus au vison » (1960) de Daniel Mann, comédie n’ayant rien à voir avec le livre de référence du masochisme « La Venus à la fourrure » de Sacher-Masoch. Plus tard, Liz Taylor tournera dans un film de John Huston adapté de Carson Mc Cullers, alter ego féminin de Tennessee Williams, le fameux « Reflets dans un oeil d’or » (1967) de John Huston réalisé dans une lumière dorée, où elle interprète une fille d’officier, brutale et vulgaire, mariée à un colonel ambigu fantasmant sur des jeunes hommes montant nus à cheval, dans une garnison du sud où l’ennui le dispute à la luxure.

 



avec Marlon Brando dans « Reflets dans un oeil d’or » (1967)

 

 

A la même période, le couple Liz Taylor et Richard Burton, qui se rencontre sur le tournage de « Cléopatre » (1963) de Mankiewicz (le réalisateur ne s’en remettra pas), défraie la chronique. Mariés et divorcés deux fois, ils vont tourner huit films ensemble dont le célèbre « Qui a peur de Virginia Wolf? » (1967), ce rôle d’une Martha empâté et vieillie de 20 ans vaudra à Liz Taylor son second Oscar, puis, « La Mégère apprivoisée » (1967) de Franco Zefirelli d’après Shakespeare, « Les Comédiens » (1967) de Peter Glenville avec Peter Ustinov, « Boom! » (1968) de Losey, fantaisie dramatique sur une île au large de Capri. Avec Joseph Losey, Liz Taylor, exilée à Londres pour suivre Richard Burton, va d’ailleurs tourner trois films dont une oeuvre incontournable, relativement méconnue : « Cérémonie secrète » (1968) qui est un peu « The Servant » au féminin : son personnage Leonora, prostituée londonienne inconsolable de la mort de sa fille, accepte d’endosser les luxueux habits de Margaret, la mère défunte de Cenci (Mia Farrow), héritière névropathe qui feint de la reconnaître comme sa vraie mère et l’installe chez elle dans un palais baroque. 

 


avec Montgomery Clift dans « Une place au soleil » (1951)

 

Parmi les 27 films proposés, on va pouvoir enfin (re)voir des films oubliés comme « L’Arbre de vie » (1957) d’Edouard Dmytryck, échouant à faire un film sur la guerre de sécession dans la lignée d' »Autant en emporte le vent », « Hôtel international » (1963) d’Anthony Asquith mettant en scène un groupe de VIP bloqué dans un aéroport, « Le Chevalier des sables » (1965) de Vincente Minelli, comédie sentimentale désuète voguant sur la vague hippie où une séduisante mère de famille célibataire s’éprend du professeur de son fils, un charismatique éclésiastique joué par Richard Burton…




On n’en finirait plus d’évoquer la vie et la carrière d’Elizabeth Rosemond Taylor, dite Liz Taylor : enfant prodige, une vie devant les caméras on et off. Convertie au catholicisme pour épouser son premier mari, un héritier Hilton, puis au judaisme pour convoler avec Mike Todd, aujourd’hui affiliée au Centre de la Kabbale, que la mort de Rock Hudson transforme en 1985 en pionnière de la lutte contre le sida, fondant The Elizabeth Taylor AIDS Foundation ; amie de Michael Jackson qu’elle soutint lors de ses procès où il fut accusé de pédophilie, la santé précaire, opérée des dizaines de fois, courageuse, survivante en quelque sorte, au seuil de se marier à près de 80 ans pour la neuvième fois.

Cycle Elisabeth Taylor, 27 films sur TCM à partir du 2 mai 2010. 3 films avec Liz Taylor tous les dimanches de mai à partir de 20h40 et un film avec Liz Taylor tous les soirs de mai autour de minuit. Départ avec « L’Arbre de vie » le dimanche 2 mai, « La Mégère apprivoisée » le dimanche 9 mai, « Cérémonie secrète » le dimanche 16 mai, « La Vénus au vison » le dimanche 23 mai, « Soudain l’été dernier » le dimanche 30 mai.

 


INTEGRALE LIZ TAYLOR SUR TCM par tcmcinema

 

http://tcmcinema.fr/films/fiche/guet-apens-5000072

http://tcmcinema.fr/blog/2010/04/27/programme-complet-elizabeth-taylor

Quelques films de Liz Taylor que j’ai divisé en trois périodes :

première période :

« Fidèle Lassie », « Les Quatre filles du Dr March », «  »Guet-apens

seconde période :

« Géant », « L’Arbre de vie », « Une Place au soleil »

troisième période :

« Le Chevalier des sables », « Une Chatte sur un toit brûlant », « Soudain l’été dernier »

« La Venus au vison », « Hôtel international »,
« Reflets dans un oeil d’or », « Cérémonie secrète », « Boom »

« Cléopatre », « Qui a peur de Virginia Woolf? », « La Mégère apprivoisée »

 

Elizabeth Taylor

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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