« Lluvia » : histoire d’eau

Paula Hernandez, sortie 21 juillet 2010

Pitch

La rencontre d'un homme et une femme un jour de pluie diluvienne sur Buenos Aires. Chacun d'entre eux vient d'achever une histoire personnelle douloureuse et se trouve en transit, entre passé et avenir.

Alma vit dans sa voiture, c’est ainsi que le spectateur la voit, stoppant dans un supermarché pour acheter des produits d’hygiène élémentaire, se lavant dans des toilettes publiques. On ne sait pas d’où elle vient ni où elle va et elle non plus, n’ayant visiblement pas d’autre objectif que de continuer à partir, d’être dans ce départ. Dans la première moitié du film, l’option est que le spectateur imagine une vie et un état d’esprit pour Alma à partir d’objets quotidiens qu’elle manipule, des cigarettes, un flask d’alcool, une brosse à dents, du dentifrice, donc, elle vient d’un passé d’où elle n’a rien n’emporté rien à elle, ni valise ni objets personnels.
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photo Trigon film

Dans la seconde partie du film, que j’aime moins (au cinéma, je préfère ce qu’on voit à ce qu’on entend..), ce sont les mots qui vont expliquer et non plus les images suggérer, ça devient un film très dialogué. Car, sous la pluie, soudain, un homme, Roberto, est entré dans la voiture d’Alma. Du sang sur lui, mal en point, un peu sans gêne, mangeant son sandwish, ce qu’elle accepte… mais il revient vite à une attitude plus civilisée, polie, elle rétrograde aussi, ils reprennent à zéro et apprennent à se connaître. Il est marié en Espagne, ne s’en cache pas, venu à Bueno-Aires pour enterrer son père perdu de vue depuis près de trente ans… Elle a quitté son compagnon qui, sans doute, l’attend, leur appartement…

 


photo Trigon film

Parenthèse dont on pressent que ses jours sont comptés, l’un et l’autre en liberté provisoire, Alma habitant sur place à Buenos Aires et Roberto de passage, vont s’aimer comme on s’offre un luxe dont on a pas vraiment les moyens sauf pour quelques temps volés aux conventions sociales. Cette histoire d’amour noyée sous la pluie faisant écran à la réalité, la brouillant comme un rêve, facilitant l’acceptation de l’éphémère dans une situation de transit, moralement et géographiquement parlant, donne un charme particulier à cette histoire d’eau (pardon pour le jeu de mots, je n’ai pas résisté!)
Délicatesse, sous-entendus, pudeur, pour traiter de ce téléscopage de deux errances dont chaque parti tente de se reconstruire, en premier lieu pour lui-même, après un deuil. Dans

l’omniprésence de l’eau purificatrice, la relation amoureuse entre Alma et Roberto va faire fonction de rituel de passage d’un passé douloureux à un avenir en construction.A noter que l’actrice Valeria Bertucelli qui interprète Alma avait été découverte dans « XXY », prix de la Semaine de la critique 2007…

 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

1 Comment

  1. Skip -  6 août 2016 - 3 h 42 min

    Finllay! This is just what I was looking for.

    Répondre

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