26 - 08
2011
-

17° édition de l'Etrange festival du 2 au 11 septembre au Forum des Images qui semble enfler d'année en année avec une programmation incroyablement riche et variée pour 2011. Seconde année de partenariat** de l'Etrange festival avec Canal+Cinéma qui a créé le prix Nouveau genre attribué l'année dernière à "Buried" de Rodrigo Cortés, lauréat 2010, film qui sera diffusé en exclusivité sur la chaîne Canal+Cinéma mercredi 7 septembre à 20h45 précédé samedi 3 septembre à 22h20 d'une émission "Mickrociné spéciale Etrange"** (included 3 court-métrages : "Peaceforce", "Godur sdatur" et "All flowers in time" de Jonathan Caouette avec Chloé Sevigny, j'en reparlerai plus tard...).
En vrac, focus sur un prodige belge Koen Mortier ("22nd of May", sortie le 1er novembre), cartes blanches à Jean-Pierre Mocky, Liliana Cavani et Julien Temple. Des avant-premières très attendues (présentées en même temps au 37° festival du cinéma américain de Deauville) comme "Take shelter" de Jeff Nichols (Semaine de la critique 2011) ou "Drive" de Nicolas Winding Rfen (prix de la mise en scène à Cannes 2011), des classiques comme "La Griffe du passé" de Jacques Tourneur, "Simon du désert" de Bunuel, "Portier de nuit" de Liliana Cavani, le redoutable "Noir et blanc" de Claire Denis, d'après une nouvelle de Tennessee Williams (j'ai jeté la vidéo du film après l'avoir vu tant il m'a traumatisée...) Une nuit Grindhouse avec notamment le délirant "Norwegian ninja". 18 films asiatiques dont deux Sono Sion : "Cold fish" (présenté à Asia Deauville en mars) et "Guilty of romance". Une soirée avec Hutger Hauer, acteur multiforme. Horreur, épouvante, thriller, fantastique, et même comédie, des louches de frissons garantis, des pluies de découvertes, faudrait loger au Forum des images pour embrasser le programme...
Mais c'est qui le transfuge punk Julien Temple?
Julien Temple n’est qu’un étudiant lorsqu’il découvre le milieu punk et suit avec une caméra pendant trois ans les répétitions et les concerts des Sex Pistols, comprenant qu’ils valent mieux qu’un groupe de prolos mal élevés. Il monte ses images sous la houlette de leur manager Malcolm McLaren et signe son premier documentaire : "La Grande escroquerie du rock n’roll" (1980). Mais ses accointances avec le groupe lui ferment des portes. En 1986, il tourne "Absolute Beginners", une comédie musicale qui, en dépit de la présence de David Bowie, fait un bide au box-office. La société de production dépose le bilan et Temple sombre dans la dépression. Il part aux États-Unis pour tourner "Earth Girls Are Easy" (1989), combinaison de science-fiction et de comédie musicale avec Geena Davis, Jeff Goldblum et Jim Carrey, alors débutant, ou encore "Bullet" (1996), avec au casting Mickey Rourke, Adrien Brody et le rappeur Tupac Shakur. À la fin des années 90 il retourne en Grande-Bretagne. Fan de "L’Atalante", il signe "Vigo, histoire d’une passion", sur la vie du “Rimbaud du cinéma” ; puis "L’obscénité et la fureur," biographie survitaminée des Sex Pistols saluée par la critique, et, plus tard, "Pandaemonium". En 2007, il est doublement de retour avec les documentaires musicaux "Joe Strummer:The Future is Unwritten", sur le leader des Clash, et "Glastonbury", sur l’un des plus grands festivals de rock au monde.
Mais c'est qui le prodige Koen Mortier?
Koen Mortier a commencé le cinéma à 30 ans, avec des courts métrages expérimentaux ("Ana Temnei", en 1995 ou
"A Hard Day’s Work" en 1997). Il a longtemps exprimé son imagination dans des publicités à l’univers visuel poétique. Mortier commence l’écriture de son premier long métrage, "Ex Drummer", il y a plus de dix ans, en vain. Le projet est relancé trois ans plus tard lorsqu’il monte la société Epidemic à Bruxelles, destinée à promouvoir de jeunes réalisateurs. Grâce à lui, on a pu assister à l’émergence de cinéastes prometteurs comme Pieter Van Hees ("Left Bank", "Dirty Mind"). Au moment où "Ex Drummer" suscite des réactions controversées dans divers festivals, il reçoit des propositions de studios américains – auxquelles il ne donne pas suite – et achète les droits du roman "Haunted" ("À l’estomac") de Chuck Palahniuk, l’auteur de "Fight Club". Depuis, il a signé "22nd of May", encore plus inclassable et underground que "Ex Drummer".
Mais c'est qui le multiforme Hutger Hauer?
Cet acteur atypique a prouvé qu’il était capable de tout jouer, du jeune romantique (ses yeux bleus) au monstre (sa silhouette inquiétante). Celui qui a changé sa vie ? Paul Verhoeven, le “Hollandais violent”. Sous sa direction, il crève l’écran dans la série "Floris" (1969), devient sculpteur romantique dans "Turkish délices" (1973), assiste à l’ascension d’une Showgirl chez Zola ("Kattie Tippel", 1975), connaît un "Voyage au bout de l’enfer" ("Soldier of Orange", 1977), provoque le malaise dans "Spetters" (1980). Rutger traverse l’Atlantique où il se spécialise dans les séries B et se transforme en Roy Batty, répliquant qui pleure et s’oppose à Harrison Ford dans "Blade Runner", l’adaptation de Philip K. Dick par Ridley Scott. Sa carrière internationale débute enfin : présentateur de télévision dans "Osterman week-end" de Sam Peckinpah et chef de mercenaires vénaux dans "La chair et le sang" (1985), retrouvailles avec Verhoeven aux États-Unis. Il forme avec Jennifer Jason Leigh un couple anti-Hollywoodien au possible. Tous deux se retrouvent dans "Hitcher" de Robert Harmon. Dans les années 90, Rutger collectionne les films pas à la hauteur de son talent. Il lui faudra attendre Christopher Nolan et Robert Rodriguez pour connaître une seconde gloire dans "Batman Begins" et "Sin City".
Au programme de l'Etrange festival 2011 :
Rutger Hauer, Jean-Pierre Mocky, Liliana Cavani, Nicolas Winding
Refn, Julien Temple, Ching-Po Wong, Tom Savini, Yoshimasa Ishibashi,
Jim Bidgood, Lucky McKee, Sono Sion, Richard Stanley, Koen Mortier,
Michael R.Roskam, Agnès Merlet, Xavier Gens, Juan Felipe Orozco,
Takeshi Koike, Jeff Nichols, Kôji Wakamatsu, Daniele Ciprì & Franco
Maresco, Jonathan Caouette, Winsor McCay, Claire Devers, Paul
Verhoeven, John Ford, Yoshihiro Nishimura, Arrabal, Pier Paolo Pasolini,
Carl Theodor Dreyer, Satyajit Ray, Elem Klimov, Jacques Tourneur, Luis
Buñuel, Jean Rollin…
PROGRAMME DETAILLE (SELECTION)
FILM OUVERTURE (2 septembre, 19h30)
"The divide"
Xavier Gens – 2011 – USA/France – Thriller/Science-fiction
Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York,
huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble.
Des tensions et des rivalités apparaissent parmi les rescapés qui
survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture.
Soudain, des hommes en combinaison pénètrent dans l’abri et
font feu sur ses occupants. Eva, la seule jeune femme du groupe,
va devoir s’endurcir pour survivre à cette menace extérieure…
Après avoir oeuvré pour le cinéma de genre made in France
avec Frontières et tenté une expérience américaine avec la
transposition du jeu vidéo Hitman, Xavier Gens propose un
huis-clos tendu et minimaliste qu’il définit lui-même comme un
croisement entre Sa majesté des mouches et Panic Room.
Avec Lauren German, Rosanna Arquette, Michael Biehn…
FILM CLOTURE (11 septembre, 20h)
"Don’t be afraid of the dark"
Troy Nixey – 2011 – USA – Thriller
Une petite fille doit vivre avec son père et sa nouvelle petite
amie. Celle-ci va découvrir que de sinistres créatures vivent dans
la cave de sa nouvelle demeure...
Remake d’un film d’épouvante réalisé
en 1973 par John Newland et produit
par la télévision. Parrain du projet,
Guillermo Del Toro a tellement été
terrorisé par l’original qu’il en a acheté
les droits vingt ans plus tard, juste après
la sortie de Cronos. Comme avec Juan
Antonio Bayona (L’orphelinat, 2007) et
Gillem Morales (Les yeux de Julia, 2010),
il soutient en tant que producteur un
auteur qui le passionne, en l’occurrence
Troy Nixey, formidable dessinateur de
comics (Batman: Gotham Knights, The
DC Comics Encyclopedia). L’un des films
les plus attendus de la rentrée.
Avec : Katie Holmes, Guy Pearce, Bailee Madison. Prod :
Guillermo del Toro, Mark Johnson, William Horberg,
Stephen Jones, Tom Williams.
COMPETITION INTERNATIONALE
"Tomie Unlimited"
Noboru Iguchi – 2011 – Japon – Fantastique
Tsukiko et ses parents ne peuvent se résoudre à faire le deuil de
Tomie, décédée quelques mois plus tôt. Le jour de son anniversaire,
cette dernière réapparaît…
À la base, Tomie est l’héroïne d’une série créée par Junji Ito : une
séduisante lycéenne ayant le pouvoir de rendre les garçons fous
amoureux d’elle et de les humilier. Décédée, elle se régénère pour régler
ses comptes. Le succès fut tel qu’il engendra plusieurs adaptations
cinématographiques dont Tomie en 1998, Tomie Repl ay en 2000 ou encore
Tomie Revenge en 2005. Noboru Iguchi (Machine Girl, Sukeban Boy)
réussit là l’un des meilleurs volets de la franchise horrifique.
Tomie: Anrimiteddo. Avec Nakamura Miu, Arai Moe, Kawakami Maiko…
"Revenge: A love story"
Ching-Po Wong – 2010 – Chine – Policier
Un tueur s’attaque aux femmes enceintes en les éventrant pour
faire disparaitre le foetus. Les enquêteurs découvrent avec horreur
que ces femmes étaient en fait les épouses de deux collègues. Les
inspecteurs arrêtent un jeune homme de 23 ans et réalisent qu’il se
venge pour une affaire ayant eu lieu six mois auparavant...
La seconde Catégorie III pour la société de production de Josie Ho
et Conroy Chan après Dream Home, par le réalisateur de Jiang Hu
(2004). Un film d’exploitation nihiliste et gore. Prix de la meilleure
réalisation au 33e Festival du film de Moscou.
Fuk Sau Che Chi Sei. Avec : Sora Aoi, Juno Mak.
"Tomie Unlimited"
Noboru Iguchi – 2011 – Japon – Fantastique
Tsukiko et ses parents ne peuvent se résoudre à faire le deuil de
Tomie, décédée quelques mois plus tôt. Le jour de son anniversaire,
cette dernière réapparaît…
À la base, Tomie est l’héroïne d’une série créée par Junji Ito : une
séduisante lycéenne ayant le pouvoir de rendre les garçons fous
amoureux d’elle et de les humilier. Décédée, elle se régénère pour régler
ses comptes. Le succès fut tel qu’il engendra plusieurs adaptations
cinématographiques dont Tomie en 1998, Tomie Repl ay en 2000 ou encore
Tomie Revenge en 2005. Noboru Iguchi (Machine Girl, Sukeban Boy)
réussit là l’un des meilleurs volets de la franchise horrifique.
Tomie: Anrimiteddo. Avec Nakamura Miu, Arai Moe, Kawakami Maiko…
"The woman"
Lucky McKee – 2011 – USA – Horreur
Quand un avocat capture et tente de « civiliser » une « femme sauvage
», rescapée d’un clan violent qui a parcouru la côte nord-est des
États-Unis pendant des décennies, il met la vie de sa famille en danger.
Nouvelle collaboration entre Lucky McKee et Jack Ketchum après
Red, pour cette suite d’Off spring. Après quelques expériences cinématographiques
douloureuses (The Woods, charcuté au montage, Red où il
a été viré au bout de quelques semaines), le réalisateur texan transforme
sa dépression en art dans cette satire au vitriol de l’American Way of
Life dont la sauvagerie inouïe a provoqué l’ire de spectateurs au festival
de Sundance. À noter la présence d’Angela Bettis, l’actrice de May,
dans un second rôle de femme au foyer soumise.
Avec Pollyanna McIntosh, Carlee Baker, Shana Barry, Angela Bettis…
"THE THEATRE BIZARRE"
Douglas Buck, Buddy Giovinazzo,
David Gregory, Karim Hussain,
Jeremy Kasten, Tom Savini & Richard
Stanley – 2011 – USA/FR – Horreur
Un film à sketches en hommage au
légendaire “Art du Grand Guignol”
réunissant sept cinéastes de l’horreur.
THE MOTHER OF TOADS, Richard
Stanley. En France, un couple de
vacanciers rencontre une sorcière
qui prétend posséder une copie du
Necronomicon. Le grand retour du réalisateur de Hardware.
I LOVE YOU, Buddy Giovinazzo. Une femme annonce à son mari
qu’elle le quitte. Un huis-clos tragique et grinçant qui se déroule
intégralement dans l’appartement d’un couple.
THE ACCIDENT, Douglas Buck. Une mère et sa fille sont témoins
d’un accident de la route. Une méditation sur le sens de la vie, par le
réalisateur de Family Portraits.
WET DREAMS, Tom Savini. Une femme blessée se venge de son
mari infidèle. Par le maître des maquillages et des effets spéciaux
(Maniac, Vendredi 13, Zombie…).
VISION STAINS, Karim Hussain. Une tueuse en série extrait les souvenirs
de ses victimes à l’aide d’une seringue. Par le Canadien fou responsable
de Subconscious Cruelty et de la photo de Hobo with a shotgun.
SWEETS, David Gregory. Un couple obsédé par la bouffe consume
son amour. Un chewing-gum plein de colorants, tendance vert vomi.
Bon appétit !
THEATRE GUIGNOL, Jeremy Kasten. Une salle de cinéma
se transforme en véritable théâtre de pantins sous l’égide
d’un automate. Le fil conducteur des segments, dans lequel on
retrouve l’immense Udo Kier.
Avec : Udo Kier, Victoria Maurette, Catriona MacColl, Tom Savini…
"Stake land"
Jim Mickle – 2010 – USA – Horreur
Martin était un ado comme les autres avant que son pays ne
s’écroule, emporté par une gigantesque épidémie vampirique... Alors
que le chaos s’est installé partout, Mister, un chasseur de vampire,
va l’aider à rejoindre New Eden, seul lieu prétendument épargné…
Des vampires dans un univers post-apocalyptique, observés par un
adolescent sensible échappé d’un film de George A. Romero (on ne
s’appelle pas Martin par hasard), le tout commenté par une voix-off
introspective à la Terrence Malick, transcendé par une bande son
mélancolique et des moments de poésie tout à fait inattendue. Après
le mésestimé Mulb erry Street en 2007, Jim Mickle propose une
version cinéphile et personnelle de La route, de Cormac McCarthy.
Avec Nick Damici, Connor Paolo…
"Kill list"
Ben Wheatley – 2011 – GB – Horreur
Huit mois après un travail désastreux
à Kiev qui l’a laissé physiquement et
mentalement marqué, Jay, un ex-soldat
devenu tueur à gages, est pressé par
son partenaire d’accepter une nouvelle
mission. Très vite, Jay commence à
ressentir à nouveau les effets de la peur et de la paranoïa...
Changement de registre pour Ben Wheatley, réalisateur du très
remarqué Down Terrace, comédie noire à l’anglaise. La dernière
révélation du festival américain SXSW à Austin.
Avec : Neil Maskell, Myanna Buring, Harry Simpson.
"Wake wood"
David Keating – 2011 – GB – Fantastique
Traumatisés par la mort de leur fille
unique, Patrick et Louise déménagent
dans la bourgade reculée de Wake
Wood. Là-bas ils apprennent qu’un
rite païen séculaire pourrait leur
permettre de déjouer le décès de leur
enfant et passer ainsi trois jours de
plus avec elle. D’abord choqués, ils finissent par passer un marché
avec le maire de Wake Wood.
Cette nouvelle production de la Hammer, hantée par les ombres de
Simetierre et The Wicker Man, fait souffler le chaud de la superstition
et le froid de la rationalité scientifique, en prenant soin de ne
froisser aucune susceptibilité cinéphile. Le retour au cinéma de David
Keating, quinze ans après son coup d’essai, The Last of the High Kings.
Avec : Aidan Gillen, Eva Birthistle, Timothy Spall.
"Guilty of romance"
Sono Sion – 2011 – Japon – Thriller
Mariée à un célèbre romancier,
Izumi décide de suivre ses désirs
et accepte de simuler une relation
sexuelle devant la caméra. Bientôt, elle commence à vendre son
corps à des étrangers. Un jour, le corps d’une personne assassinée
est retrouvé dans le quartier des love hotels...
Son projet de Lords of Chaos étant en stand-by, Sono Sion en a
profité pour tourner ce conte initiatique baroque et anar, influencé
par les surréalistes, des complexes oedipiens d’Arrabal, à l’ennui
bourgeois de Buñuel. Guilty of Romance est le dernier volet d’une
trilogie entamée avec Love Exposure et Cold Fish. Un thriller érotique
et morbide sur le désir féminin, rappelant que le cinéma reste l’art
de faire interpréter de vilaines choses à de jolies personnes.
Avec Miki Mizuno, Makoto Togashi...
"Beyond"
the black RAINBOW
Panos Cosmatos – 2011 – Canada – Science-fiction
Au début des années 80, la tentative d’évasion désespérée d’une
jeune femme séquestrée derrière une vitre dans un laboratoire
expérimental, et surveillée par le mystérieux docteur Barry Nyle.
Le fils du réalisateur grec George Cosmatos (Bons baisers d’Athènes,
1979 ; Rambo 2 : la mission, 1984) a longtemps fantasmé ce projet
né de sa fascination pour les jaquettes de films de science-fiction
et d’horreur des années 80. Armée d’une bande-son évoquant
Tangerine Dream et Klaus Schulze, cette expérience psychédélique
à l’esthétique intemporelle et au climat oppressant renoue avec les
fulgurances visuelles des séries B de la grande époque.
Avec : Michael Rogers, Eva Allan, Scott Hylands.
"The unjust"
Ryoo Seung Wan – 2011 – Corée – Thriller
Le principal suspect d’une série de meurtres d’enfants meurt
en garde à vue. Pour éviter que l’enquête ne tombe à l’eau, un
inspecteur de la police s’infiltre dans le milieu mafieux.
Avec ce polar sang-pour-sang noir, écrit par le scénariste de J’ai
rencontré le diabl e (Kim Jee-Woon), Ryoo Seung Wan dépeint un
univers aussi corrompu que dans son précédent Arahan (2005). Une
enquête retorse qui réserve une surprise de taille en fin de parcours.
Bu-dang-geo-rae. Avec Jeong-min Hwang, Seung-beom Ryu, Hae-jin Yu…
"Bullhead"
Michael R. Roskam – 2010 – Belgique – Drame
Jacky est issu d’une importante famille d’agriculteurs
et engraisseurs du Limbourg. C’est un être
renfermé, imprévisible, parfois violent… Grâce
à sa collaboration avec un vétérinaire corrompu,
il s’est forgé une belle place dans la mafia des
hormones. Mais, au moment de conclure un
marché avec le plus puissant des trafiquants de
Flandre, un agent fédéral est assassiné…
Abouti jusque dans ses moindres détails, ce premier film d’une très
grande force révèle la sensibilité d’un jeune réalisateur visiblement fasciné
par les trognes viriles. Matthias Schoenaerts, repéré dans Left Bank,
de Pieter Van Hees (présenté à L’Étrange Festival en 2009), y incarne à la
fois un animal blessé au corps maladivement sculptural et une créature
tragique à la Frankenstein au regard d’enfant effrayé. Probablement l’un
des meilleurs films de l’année et la découverte d’un immense cinéaste.
Rundskop. Avec Matthias Schoenaerts, Sam Louwyck, Barbara Sarafian…
"Meat"
Maartje Seyferth & Victor Nieuwenhuijs – Pays-Bas – 2011 – Drame
Pour oublier sa vie minable, un boucher entre dans la tête de
Roxy, une jeune femme qui l’obsède, et filme tout en vidéo…
Vous vous souvenez peut-être de Maartje Seyferth et Victor
Nieuwenhuijs pour leur adaptation élégante du sulfureux Venus
in Furs de Leopold von Sacher-Masoch en 1994, qui s’ouvrait et se
refermait sur la même image d’un homme paumé dans ses fantasmes.
À l’époque la caméra subjective montrait tout ce qui se passait dans
la tête des personnages. Le couple de Néerlandais poursuit ses
expérimentations visuelles avec ce projet farouchement singulier.
Avec Frans Bakker, Nellie Benner, Hugo Metsers…
"Confessions"
Tetsuya Nakashima – 2010 – Japon – Drame
Yuko Moriguchi a arrêté de vivre depuis que sa petite fille de
quatre ans, Manami, a été retrouvée noyée dans la piscine de
l’école où elle enseigne. D’après le rapport de police, il s’agirait
d’une mort accidentelle. Mais l’institutrice n’est pas dupe et
suspecte deux de ses jeunes élèves…
Comme naguère Elegy To Violence de Seijun Suzuki (1966), Panic
High School de Sogo Ishii (1978), Battle Royale de Kinji Fukasaku
(2000) ou plus récemment Sun Scarred de Takashi Miike (2006),
Confessions, considéré comme un « Orange Mécanique au pays du
soleil levant », traite de la délinquance juvénile au Japon. Par le
passé, son auteur nous avait gratifié de Kamikaze Girls (2004),
comédie frivole sur deux Lolitrash paumées dans l’univers de
Ghost World, et Memories of Matsuko (2009), tragédie musicale
célébrant les noces de Douglas Sirk et la culture Jpop.
Avec : Takako Matsu, Yoshino Kimura, Masaki Okada.
"Milocrorze"
Yoshimasa Ishibashi – 2011 – Japon – Comédie
Un homme rencontre la femme idéale et en tombe follement
amoureux. Coup du sort : elle meurt peu de temps après.
Inconsolable, il se lance dans une aventure aux multiples
rebondissements, prenant tour à tour l’apparence d’un ronin,
d’un prédicateur de l’amour et d’un étranger blond.
Aussi barré que ses amis Takashi Miike (Audition) et Hitoshi
Matsumoto (Symbol), Yoshimasa Ishibashi a commencé comme
leader du groupe Kyupi Kyupi qui s’est fait connaître grâce à
des vidéos et des performances mêlant images réelles et images
retravaillées par ordinateur. On lui doit notamment la série The
Fuccon Family (2001), sur une famille américaine installée à Tokyo,
interprétée par des mannequins. Une fable sur l’amour fou.
Mirokurôze. Avec Mieko Harada, Anna Ishibashi, Maiko, Eiji Okuda…
"El infierno"
Luis Estrada – 2010 – Mexique – Comédie
Après avoir été enfermé 20 ans dans une prison aux États-Unis,
Benny revient dans son Mexique natal et découvre un pays
gangrené par la drogue et la corruption au moment de célébrer
les 200 ans d’indépendance.
Habitué aux provocations avec La ley de Heroes (1999) et Un mundo
maravilloso (2006), Luis Estrada achève sa trilogie phénomène sur
les désillusions politiques générées par le Partido Accion Nacional
avec un humour sardonique qui fait grincer les dents. Un carton
au box-office mexicain en octobre dernier (plus de deux millions
de spectateurs en deux semaines) qui généra une réaction du
président Felipe Calderon : « Je voudrais simplement demander
que nous soyons un peu plus prudents avec le nom et l’image du
Mexique et que nous évitions de briser l’esprit national. »
Avec Damián Alcázar, Joaquín Cosio, Ernesto Gómez Cruz…
"22nd of may"
Koen Mortier – 2010 – Belgique – Thriller
Un agent de sécurité n’ayant pu empêcher l’explosion d’une
bombe dans le centre commercial où il officie, son travail est
remis en cause par les survivants de l’attentat et il est contraint
de traquer le terroriste dans un monde parallèle.
Après le provocant et virtuose Ex Drummer, Koen Mortier propose le
dernier projet de la société Epidemic qu’il a cofondé et avec laquelle
il a notamment pu produire les films de Pieter Van Hees (Left Bank).
Le résultat ? Un mélange inclassable de science-fiction, d’horreur,
de drame social qu’il ne parvient pas à expliquer : « J’ai demandé
à un ami qui a suivi le tournage et le montage : À quoi ça te fait
penser ? – À rien que je n’ai déjà vu… » Quand on sait qu’il détient
les droits du roman Haunted de Chuck Palahniuk, ça promet...
22 Mei. Avec Wim Willaert, François Beukelaers…
"Hideaways"
Agnès Merlet – 2011 – Irlande/France – Drame
Les hommes de la famille Furlong ont d’étranges manies. Le
grand-père devient aveugle lorsqu’il pense au sexe, le père
fait griller des appareils électroniques quand il a peur... Mais le
jeune James a une manie des plus effrayantes. Après avoir perdu
quelqu’un qu’il aime, il se réfugie dans les bois pour vivre seul.
Lorsqu’il est découvert par une jeune fille atteinte d’un cancer,
leur histoire d’amour le ramène à la civilisation.
Cinéaste rare et insaisissable, Agnès Merlet expérimente différents
genres et sujets à chaque long-métrage : la délinquance juvénile (Le
Fils du requin en 1994), le portrait d’une peintre en avance sur son
époque (Artemisia en 1997) et, plus récemment, le cauchemar d’une
adolescente schizophrène (Dorothy en 2008). Dans ce nouveau
film, à la lisière du fantastique, elle sonde avec la sensibilité qui la
caractérise les états d’âme de personnages fâchés avec l’existence.
Avec : Rachel Hurd-Wood, Thomas Sangster, Harry Treadaway.
"Salue le diable de ma part"
Juan Felipe Orozco – 2011 – Colombie – Thriller
Angel, un ancien guérillero, cherche à échapper à la violence
et à la dépravation de ses jeunes années pour retrouver une
paix intérieure. Mais lorsqu’une victime de ses anciens méfaits
kidnappe sa fille, on lui donne 72 heures pour retrouver et
assassiner les membres de son ancienne unité.
Le prometteur Juan Felipe Orozco avait tapé dans l’oeil de Nicole
Kidman avec son premier long métrage, Al Final del espectro
(2006), film fantastique dans le sillage des Autres d’Alejandro
Amenabar, dont elle voulait produire le remake américain. Le
projet étant toujours en stand-by, il a préféré signer ce thriller
brûlant comme la mort. Avec dans le rôle principal Edgar Ramírez,
inoubliable Carlos pour Olivier Assayas.
Saluda al diablo de mi parte. Avec : Edgar Ramírez, Ricardo Vélez, Carolina Gómez.
"Redline"
Takeshi Koike – 2010 – Japon – Animation
À l’occasion d’une course de voitures qui a lieu tous les cinq
ans, les fous du volant sont de retour avec des bolides équipés
d’armes de destruction rudement efficaces. Parmi eux, JP, le
pilote le plus casse-cou de sa génération et Sonoshee, dont il
est secrètement amoureux. Tous les coups bas sont permis, à la
vie, à la mort.
Responsable du segment World Record, dans Animatrix, Takeshi
Koike est connu comme bras droit de Yoshiaki Kawajiri et
concocte un film d’animation en 2D qui aurait coupé le souffle
aux frères Wachowski, passionnés du genre (Speed Racer). La
dernière perle du studio Madhouse, ayant nécessité cinq ans de
dur labeur, nantie d’un budget de 8 millions de dollars et conçue
avec la complicité de Katsuhito Ishii (The Taste of Tea).
Avec : Takuya Kimura, Yû Aoi, Akemi.
INEDITS ET AVANT PREMIERES
"Dead heads"
Brett Pierce & Drew T. Pierce – USA – 2011 – Comédie/Horreur
Deux zombies inexplicablement cohérents se réveillent au milieu
d’une attaque de morts-vivants et décident de prendre la route
pour retrouver l’amour perdu de l’un d’eux.
Après les Butcher Brothers (The Violent Kind) et les Vicious Bros
(Grave Encounters), c’est au tour des Pierce Brothers de signer une
parodie horrifique. Ils avaient déjà réalisé ensemble deux segments
du film à sketches Secrets of Fenvill e, en 2003 (Old Bones et
Chickf igh t) et retentent l’expérience avec cette comédie de zombies
délirante, dans la veine de Shawn of the Dead ou Zombieland.
Avec : Michael McKiddy, Ross Kidder, Markus Taylor.
"Endhiran",
Robot the movie
S. Shankar – 2010 – Inde – Aventure
Le professeur Vaseegaran travaille depuis dix ans sur l’oeuvre de
sa vie : la création d’un androïde intelligent, capable d’apprendre
et de comprendre le monde qui l’entoure. Son souhait est de
léguer son invention à l’armée indienne. Tout déraille lorsque le
robot tombe amoureux de sa fiancée…
Habitué à traiter des problèmes sociaux en Inde, S. Shankar
s’offre un délire psychotronique sur l’humanisation des
machines, inspiré des thématiques d’Isaac Asimov. Outre les
clins d’oeil aux productions américaines (Matrix ou encore
Terminator), ce blockbuster “kollywoodien” qui a nécessité dix
ans de pré-production et deux ans de tournage, bénéficie du
plus gros budget du pays (environ 40 millions de dollars) et
des effets visuels de l’écurie Stan Winston. Le pop corn movie
dans toute sa splendeur.
Enthiran. Avec : Rajinikanth, Aishwarya Rai & Danny Denzongpa.
"Dead ball"
Yudai Yamaguchi – 2011 – Japon – Horreur
Enfant, le prodige du baseball Jubei Vakyu
causa la mort de son père. Devenu l’un des
délinquants juvéniles les plus redoutés du
Japon, Jubei est jeté en prison et rejoint
l’équipe de baseball locale pour vaincre les
Black Dahlia, une équipe féminine s’étant juré de décimer chaque
équipe adverse dans des torrents d’hémoglobine. Dans l’ombre,
l’administration pénitentiaire concocte un plan machiavélique.
Yudai Yamaguchi est bien connu des amateurs de cinéma trash : il est
l’auteur du script de Versus, l’ultime guerrier, de Ryuhei Kitamura
(2000) et a cosigné Meatball Machine (2005). Dead Ball s’impose
comme la septième production du label Sushi Typhoon.
Deddobôru. Avec : Kai Ato, Bobby, Mickey Curtis.
"Horny house of horror"
Jun Tsugita– 2010 – Japon – Horreur
Des hommes s’enferment le temps d’un plaisir fugace dans un
salon de massages érotiques qui cache en arrière-boutique un
véritable musée des horreurs…
Le coscénariste de The Ancient Dogoo Girl: Special Movie Edition et de
Mutant Girls Squad est à l’origine de ce pinku mélant gore outrancier,
pop et érotisme, ironiquement dédié à tous les hommes du monde, dont
les effets spéciaux sont assurés par l’indispensable Yoshihiro Nishimura.
Fasshon heru (Fashion Hell). Avec : Mint Suzuki, Saori Hara, Asami
"The Oregonian"
Calvin Lee Reeder – 2011 – USA – Épouvante
Une jeune femme quitte la ferme dans laquelle elle a vécu et
s’abîme dans un monde inconnu, plein de rencontres hostiles, de
réminiscences obscures et de visions bizarres.
Calvin Lee Reeder s’est fait un nom grâce à des courts métrages
inventifs et barrés (Piledriver en 2005, Little Farm en 2006, The
Rambler en 2008). Explorant un fantastique Lynchien, où l’imagination
du personnage principal devient sa pire ennemie, il a voulu
mélanger humour cintré et zébrures gores, séduction de surface
et miasmes pathologiques dans un voyage au bout de l’enfer
irradié par une scream queen : Lindsay Pulsipher, échappée de
la série True Blood et présente dans ses précédents travaux. Une
expérience sensorielle, essentielle à une heure de standardisation
extrême ! Le film le plus “strange” de cette nouvelle édition.
Avec : Lindsay Pulsipher, Robert Longstreet, Matt Olsen.
"Cold fish"
Sono Sion – 2010 – Japon – Thriller / Horreur
Un homme tient une boutique de poissons tropicaux. Sa fille ne
supporte pas sa nouvelle femme. Un jour, elle se fait prendre
en flagrant délit de vol dans un supermarché. Au lieu de la
réprimander, le patron lui propose du travail…
Un tour de force : au départ, un film de commande estampillé Sushi
Typhoon, transcendé par un artiste démentiel qui ne respecte aucun
cahier des charges et renoue avec ses obsessions : le romantisme
trash, les atavismes familiaux et les décalages absurdes.
Tsumetai nettaigyo. Avec Denden, Asuka Kurosawa, Mitsuru Fukikoshi...
"Drive"
Nicolas Winding Refn – 2011 – USA – Thriller
Un cascadeur tranquille se métamorphose dès que la nuit
tombe : il devient pilote pour le compte de la mafia. La combine
est bien rodée, jusqu’au jour où l’un des casses tourne mal et
l’entraîne dans une course-poursuite infernale.
Après une escale européenne où il a pu clamer son amour du cinéma
expérimental en citant Kenneth Anger comme maître spirituel
(Bronson, Le guerrier silencieux), le danois Nicolas Winding Refn revient
aux États-Unis pour transcender une commande qui, au départ, devait
être confiée au réalisateur Neil Marshall (The Descent). À l’arrivée, un
film d’action d’une classe inouïe, instinctivement séduisant (une BO
somptueuse) qui convoque l’esprit des meilleures séries B des années
70. Prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes.
Avec : Ryan Gosling, Bryan Cranston, Carey Mulligan.
"The man from nowhere"
Jeong-beom Lee – 2010 – Corée du sud – Action
Ancien agent spécial, Taesik n’a qu’un seul lien avec l’extérieur :
une petite fille, Somi, qui habite à côté de chez lui. La mère de la
fillette vend de la drogue à son compte sans informer l’organisation
criminelle pour laquelle elle est censée travailler. Un jour, elle lui
confie un sac de marchandise sans l’avertir du contenu…
Avec son coup d’essai, Cruel Winter Blues en 2006, Jeongbeom
Lee a gagné de nombreux prix aux Blue Dragon Film
Awards. Pourvu d’influences (Léon, Le Samouraï), son dernier
long métrage subjugue par l’énergie de sa mise en scène qui
privilégie autant la composition et la logique de l’espace que
l’instinct et le mouvement. L’un des grands succès inattendus
au box-office coréen (plus de six millions de spectateurs l’année
dernière).
Avec : Bin Won, Sae-ron Kim, Hyo-seo Kim.
"The clinic"
James Rabbits – 2010 –
Australie – Thriller
Alors qu’elle passe la nuit
dans un motel avec son
fiancé, Beth, une jeune
femme enceinte, se réveille
quelques heures plus tard
dans une baignoire de glace
et constate qu’on lui a enlevé son enfant. C’est le début d’un
long cauchemar…
Premier long métrage du jeune James Rabbits, auteur d’un
court remarqué (Nigh t Train, en 2008), qui s’inspire de faits
réels et se situe à l’arrivée quelque part entre survival,
thriller psychologique, suspense et drame humain, avant un
dénouement des plus glaçants. Une preuve supplémentaire
qu’après Wolf Creek et The Loved Ones, l’Australie pourrait
bien être le nouvel Eldorado du cinéma de genre.
Avec Tabrett Bethell, Freya Stafford, Andy Whitfield…
"piscine sans eau"
Kôji Wakamatsu – 1982 – Japon – Drame
Un soir, un poinçonneur effacé
intervient pour empêcher un
viol. Se liant à la victime, il commence
à nourrir des fantasmes en
s’introduisant dans des appartements
de femmes célibataires
avec du chloroforme pour les
prendre en photo et devenir leur
prince charmant.
Confronté à la concurrence des roman-porno réalisés par des
équipes de professionnels aguerris, le contestataire anarchiste
Kôji Wakatmasu est contraint d’oublier le pinku-eiga pour un
registre plus “classique”. Avec ce film méconnu, son plus poétique
et contemplatif, il propose une variation des Belles endormies, de
Yasunari Kawabata, avec ses thèmes de toujours (la perversion des
rapports homme/femme, la virilité contrariée, la claustrophobie)
et préfigure une société d’amours virtuels. Comme toujours, en
avance sur son temps.
Mizu no nai pûru. Avec : Yuya Uchida, Mitsuyo Nemoto, Reiko Nakamura.
"TAKE SHELTER"
Jeff Nichols – 2011 – USA – Drame
Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille
quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace
d’une tornade l’obsède. Des visions apocalyptiques envahissent
peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise
son couple et provoque l’incompréhension de ses proches. Rien
ne peut en effet vaincre la terreur qui l’habite...
Après le remarquable Shotgun Stories (2009), Jeff Nichols s’impose
comme l’un des auteurs les plus précieux du jeune cinéma
indépendant avec ce film au climat de fin du monde, aussi original
que celui de La dernière Vague de Peter Weir en son temps, pourvu
d’éclairs de génie proprement fascinants. Il retrouve son acteur
fétiche Michael Shannon, spécialiste ès rôles borderline (Bug de
William Friedkin, My son, my son, what have ye done de Werner
Herzog). La vraie bombe du dernier festival de Cannes.
Avec Michael Shannon, Jessica Chastain…
"L’ONCLE DE Brooklyn"
Daniele Ciprì & Franco Maresco – 1995 – Italie – Comédie
Dans un Palerme fantastiquement vide et délabré, deux mafiosi
nains demandent à quatre frères escrocs de s’occuper de leur
oncle de Brooklyn, un vieux parrain muet.
Chez Daniele Ciprì et Franco Maresco, le goût de la provocation ne
date pas d’hier. À la fin des années 80, ils commencent à faire parler
d’eux en réalisant des petits films expérimentaux avant de produire
Cinico TV , une série extrême qui a bouleversé la télévision italienne.
Avant de provoquer l’ire de l’épiscopat transalpin avec Toto qui
vécut deux fois (1998), ils ont durablement marqué les esprits avec
cette fable affreuse, sale et méchante. Les deux cinéastes avaient
déjà eu les honneurs d’une rétrospective quasi intégrale à L’Étrange
Festival, en 2000, mais c’est seulement aujourd’hui que sort en salle
ce premier long métrage qui n’a rien perdu de son acidité.
Avec : Salvatore Gattuso, Pippo Agusta, Salvatore Schiera.
"Super"
James Gunn – 2010 – USA – Action/Comédie
Un homme décide de devenir un super-héros après avoir vu sa
femme succomber aux charmes d’un dealer. Mais il n’a pas de
super-pouvoirs...
Enfant terrible ayant fait ses armes avec Lloyd Kaufman chez Troma
(Tromeo & Juliette) et auteur d’un savoureux hommage aux films
fantastiques des années 80 (Horribilis), James Gunn propose sa version
du Kick-Ass, de Matthew Vaughn, avec encore plus de mauvais esprit,
brocardant la culture geek et s’entourant d’un casting de choc : Rainn
Wilson, nigaud de The Off ice en super-héros malheureux, Ellen Page en
sidekick névrosée et Kevin Bacon en bad guy.
Avec : Rainn Wilson, Ellen Page, Liv Tyler.
"Walk away Renée"
Jonathan Caouette – 2011 – USA – Documentaire
En compagnie de sa mère, Renée, qui souffre d’importants
troubles mentaux, le réalisateur Jonathan Caouette entreprend
un voyage à travers les États-Unis, pour la déménager de
Houston à New York. Les obstacles qu’ils rencontrent sur leur
route sont entrecoupés de retours dans le temps qui donnent un
aperçu de cette relation hors du commun.
Avec ce titre emprunté au tube phare du groupe Left Banke
(Pretty Ballerina), Jonathan Caouette rappelle qu’il est autant
cinéphile que fin mélomane. À travers un montage musical et parfois
psychédélique, alternant réalité et imaginaire, le réalisateur de
l’inclassable Tarnation donne des nouvelles de sa mère dans une
nouvelle autofiction qui traite en creux d’amour, de sacrifice et de
perception fantasmée de la réalité.
Avec : Jonathan Caouette, Renée LeBlanc, Adolph Davis.
"Jean Rollin, le rêveur égaré"
Damien Dupont & Yvan Pierre-Kaiser – 2011 – France – Documentaire
Qui était Jean Rollin ? Un
homme qui a côtoyé pendant
son enfance certains
des plus grands intellectuels
du XXe siècle. Un
artiste qui a collaboré avec
Marguerite Duras pour
son premier film. Un réalisateur
à la carrière singulière
et unique en son genre dans le cinéma français, avec des films
ouvertement fantastiques, surréalistes, poétiques – déconcertants. Un
cinéaste assassiné depuis toujours par la critique, alors que de nombreux
fans le vénèrent en Europe et aux États–Unis. Jean Rollin a signé
une oeuvre marginale et méconnue traversée par la mort et la nostalgie,
et dont la principale obsession était le temps de l’errance et du rêve.
Disparu brutalement l’hiver dernier pendant le montage de ce documentaire,
Jean Rollin apporte un témoignage précieux sur une carrière
d’indépendance et de franc-tireur qui force le respect.
Avec : Jean Rollin, Jean-Pierre Bouyxou, Pete Tombs, Brigitte Lahaie...
JULIEN TEMPLE
"Requiem for Detroit?"
Julien Temple – 2011 – Grande-Bretagne – Documentaire
Documentaire sur la ville de Detroit, naguère berceau de
l’industrie automobile, de la Ford T, du travail à la chaîne et de
General Motors. Ou comment une ville est passée du rêve au
cauchemar américain, de la prospérité à la crise.
C’est le producteur Roger Graef, fondateur de Films of Record
(société spécialisée dans les documentaires) en 1979, qui a approché
Julien Temple pour raconter la grandeur et la décadence de Detroit.
Le cinéaste ne connaissait pas la mégapole. Une fois sur place, il fut
choqué par sa déliquescence. Pour autant, si le constat est édifiant,
son documentaire a l’audace folle de ne pas noircir à outrance. D’où
le point d’interrogation dans le titre, synonyme d’espoir…
Avec : Julien Temple, Lowell Boileau, Paul Thal.
SOIREE AVEC HUTGER HAUER
"La chair et le sang"
Paul Verhoeven – 1985 – USA – Action
Au XVIe siècle, une bande de mercenaires, s’estimant lésés par
un seigneur, enlèvent et violent la promise de son fils avant de
semer la terreur dans son château.
Comme pléthore de Verhoeven qui possèdent des correspondances
implicites entre eux (Le quatrième homme est la version brouillonne
– oui mais quel brouillon ! – de Basic Instinct), La Chair et le sang
peut être vu comme une habile transposition de Floris (1969), série
télé qui a constitué en son temps un immense succès néerlandais.
Paul Verhoeven y passe au hachoir les mêmes conventions de
l’épopée médiévale. À revoir, enfin… dans une salle de cinéma.
Flesh & Blood. Avec : Rutger Hauer, Jennifer Jason Leigh, Tom Burlinson.
"The mill and the cross"
Lech Majewski – 2011 – Suède/Pologne – Historique
Les histoires de 12 des 500 personnages représentés dans le
tableau de Pieter Bruegel, “La procession du calvaire”.
D’après les tableaux de Pieter Bruegel et les textes de Michael F.
Gibson, critique d’art et historien. Lech Majewski met en scène
et transforme sur le principe du tableau vivant, une gigantesque
fresque-installation en un récit mettant en scène des personnages
du tableau et son auteur, grâce aux techniques numériques les
plus sophistiquées.
Avec : Rutger Hauer, Oskar Huliczka, Charlotte Rampling.
"Hitcher"
Robert Harmon – 1987 – USA – Thriller
Jim Halsey accepte de convoyer une voiture à travers les États-
Unis. Par une nuit pluvieuse, il prend en auto-stop un dénommé
John Ryder, un personnage étrange et inquiétant. Jim comprend
très rapidement qu’il a affaire à un tueur psychopathe et réussit
à se débarrasser de son dangereux compagnon de route...
Première – et seule – réussite du réalisateur Robert Harmon. En
boogeyman revenu de l’enfer, Rutger Hauer explose. D’ailleurs,
lors d’une scène, il retrouve Jennifer Jason Leigh, deux ans après
La chair et le sang, pour se venger. Le scénariste Eric Red déclara
que l’histoire lui fut inspirée par la chanson des Doors Riders on the
Storm. Maintes fois copié, jamais égalé.
Avec : Rutger Hauer, C. Thomas Howell, Jennifer Jason Leigh.
NUIT GRINDHOUSE
"NorWegian ninja"
Thomas Cappelen Malling – 2011 – Norvège – Comédie.
Durant la Guerre Froide, la Norvège a trouvé un moyen imparable
pour protéger sa neutralité : une troupe d’élite entraînée selon
les principes millénaires des ninjas !
Après Troll Hunter, Kill Buljo et Dead Snow, on n’a plus peur de
s’amuser en Norvège ! En s’inspirant d’un authentique fait divers
d’espionnage ayant secoué le pays dans les années 80, Thomas
Cappelen Malling signe un régal de plaisir coupable !
Kommandør Treholt & ninjatroppen. Avec : Mads Ousdal, Jon Øigarden, Trond-Viggo
Torgersen.
"Hobo with a shotgun"
Jason Eisener – 2011 – USA/Canada – Action
Un clochard fait régner la justice grâce à son fusil à pompe.
Le projet est né d’un concours de fausses bandes-annonces,
diffusées pendant l’entracte entre Planète Terreur et Boulevard
de la mort. Voici donc la version longue de Hobo with a shotgun,
résurrection de Rutger Hauer, icône culte de La chair et le sang
et Hitcher, récemment revu dans Sin City et Batman Begins. Un
hommage roboratif aux films d’exploitation des années 70-80,
parsemé de références et barbouillé de gore.
Avec : Rutger Hauer, Molly Dunsworth, Brian Downey
"Tucker & Da le fightent le mal"
Eli Craig – 2010 – Canada – Comédie
Tucker et Dale, deux gentils péquenauds venus se ressourcer
en forêt, rencontrent des étudiants venus faire la fête. Un
quiproquo mortel s’ensuit.
La force du premier film d’Eli Craig (acteur devenu réalisateur),
c’est de brouiller les stéréotypes en lançant des clins d’oeil aux
standards rednecks et seventies. Le survival et le slasher passés à
la moulinette parodique.
Tucker & Dale vs Evil. Avec : Tyler Labine, Alan Tudyk et Katrina Bowden. Prod : Thomas
Augsberger.
"2019, après la chute de New York"
Sergio Martino – 1983 – Italie – Action/
Science-fiction
Après une guerre nucléaire, la société se
scinde en deux groupes. Euraks et Federation sont nées. La Federation
emploie un mercenaire pour infiltrer la ville de New York, dirigée par
les Euraks, afin de venir en aide à la dernière femme fertile sur terre.
Obnubilés par l’idée de faire un cinéma “anglo-saxon” en Italie, les
producteurs transalpins ont engagé Sergio Martino pour manufacturer
ce post-nuke dégénéré qui s’inspire outrancièrement de
Mad Max 2, de New York 1997 et de La Planète des Singes.
2019 – Dopo la caduta di New York. Avec : Michael Sopkiw, Valentine Monnier, George Eastman...
+ "Grindhouse, the next G", documentaire de Didier Allouch (26m)
ETRANGE FESTIVAL 2011
du 2 au 11 septembre 2011
Forum des images, Paris
site officiel...
grille de programmation...
CANAL+CINEMA
Pour la seconde année, Canal+ Cinéma et L’Étrange Festival
s’associent pour remettre le PRIX NOUVEAU GENRE à
l’un des longs métrages sélectionnés en compétition
internationale. Le film primé se verra acheté par la chaîne
pour une future diffusion à l’antenne.
diffusions :
"Buried" de Rodrigo Cortés
le mercredi 7 septembre à 20h45
"Mickrociné spéciale Etrange"
samedi 3 septembre à 22h20
MICKROCINE SPECIAL ETRANGE
"PEACEFORCE"
Un film de Peter Gornstein
Avec Anders Love, André Babikian, Silja Byske, Cyron Melville
17 ‘ – 2011 - Danemark
Dans un avenir proche, un monde où le capitalisme est en bout de course, Daniel, jeune
officier de Peaceforce, rencontre Jesper, porte-parole d’un groupe de résidents locaux.
Celui-ci prétend qu’un éléphant indomptable lâché dans la ville s’attaque à la population.
Premier court-métrage ambitieux auréolé du prix Canal+au festival de Clermont-Ferrand
2011, Peaceforce s’inspire d’une nouvelle de George Orwell intitulée « Comment j’ai tué
un éléphant ». Maître dans l’art des effets spéciaux, Gornstein parvient à transposer en
images l’univers futuriste de l’auteur de 1984. La teinte mi-grise mi-sépia de la
photographie figure subtilement l’atmosphère apocalyptique du récit.
"GODUR STADUR"
Un film de Lars Emil Arnason
Avec Snorri Engiltbersson
13 ‘– 2011 - Islande
Un étudiant décroche un job dans une maison isolée pour personnes handicapées. Il
remarque d’étranges procédures de travail qui semblent menacer la démocratie.
Avec son deuxième court-métrage le réalisateur islandais poursuit sa veine déjantée et son
humour décalé. Poissons découpés à la hache, personnages pince-sans-rire emmitouflés, le
burlesque islandais nous dépayse en même temps qu’il suscite la réflexion.
"ALL FLOWERS IN TIME"
Un film de Jonathan Caouette
Avec Chloé Sévigny, Joshua Caouette
13 ‘ – 2010 – Etats-Unis
Des individus bizarres pénètrent dans le corps d’enfants à partir d’un signal maléfique
provenant d’une émission de télévision néerlandaise.
Le réalisateur de l’autofiction culte TARNATION (2003) revient avec un film d’horreur
psychédélique lorgnant du côté des grands maîtres du septième art, Lynch et Kubrick en
tête, présenté en sélection court-métrage au festival de Cannes 2010. Génie du montage,
Caouette accomplit selon ses propres dires un cadavre exquis de ses rêves et de ses
cauchemars, porté par l’actrice fétiche du cinéma indépendant américain Chloé Sévigny.
Lire aussi...
PS.
Exceptionnellement, les résumés des films sont intégralement recopiés du dossier de presse, compte tenu que j'en connais très peu et les futur festivaliers aussi, je pense, j'ai voulu donner le maximum d'infos.
Mots-clés : Cinéfestival, Etrange festival 2011, CinéTVSéries, Canal


























Commentaires
Hello there
Aurons nous l'occasion de nous y croiser ? pour un petit classique ou le Wakamatsu ?
FREDMJG - 29.08.11 à 10:47 - # - Répondre -
← Re: Hello there
Hello! J'espère y faire un saut! Un bon thriller noir me dirait, de derrière les fagots, ou "The man from nowhere" ou encore le doc sur Detroit de Julien Temple, sur "dossier", il me plait bien celui-là! Et toi, quel programme?
vierasouto - 29.08.11 à 20:43 - # - Répondre -
← Re: Hello there
Je me suis fait mon petit programme... en gras. J'espère bien y aller tous les jours, j'ai pris des RTT pour. j'ai besoin de me changer les idées.
Viens donc me rendre visite sur mon nouveau blog (et jouer par la même occase : on ne gagne rien mais les gens ont l'air de bien s'y amuser ^^)
FredMJG/Frederique - 29.08.11 à 20:49 - # - Répondre -
J'attends avec impatience Drive de Refn. Bien cool ce festival !
Graphiste - 30.08.11 à 12:06 - # - Répondre -