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"Boom!" : Liz et Losey en Sardaigne, une rareté!

Joseph Losey, 1968



11 - 02
2009
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Ce film fait partie du dyptique tourné par Liz Taylor avec Joseph Losey en 1968 alors que l'actrice, mariée avec Richard Burton, voulait le suivre à Londres où était également exilé Losey. Elle va donc tourner deux films avec Losey la même année : "Boom" et "Cérémonie secrète". "Boom" n'a pas le niveau du sublime "Cérémonie secrète", tourné à Londres, qui est, en deux mots, un "The Servant" au féminin. Pourtant, le générique fait rêver : tiré d'une nouvelle de Tennessee Williams ("The Milk Train Doesn’t Stop Here Anymore"), également scénariste du film, le film a un casting explosif : Liz Taylor et Richard Burton, eux-mêmes adeptes des excès : tourné en Sardaigne avec un buget énorme, les stars touchèrent un cachet record et une autre partie du budget fut consacré aux décors et aux extravagantes toilettes de Liz Taylor (souvent signées Largefeld), voire aux parures du bijoutier italien Bulgari. L'actrice est vêtue de blanc tout le long du film sauf dans une unique scène, celle où elle accepte le baiser de "l'ange de la mort", où elle porte du noir.

Sissy Goforth se morfond sur son île "Isola Goforth" au large de Capri, la première image de Liz Taylor nous la montre de dos nue sur son lit, se tordant de douleur, réclamant une injection de morphine... Comme souvent chez Losey ("The Servant", "Cérémonie secrète"), l'unité de lieu est de mise : tout le film se passe dans cette somptueuse villa perchée sur un rocher d'une île privée. Pour reserrer l'action, le film raconte les deux derniers jours de Sissy Goforth, milliardaire ayant déjà enterré six maris et dictant ses mémoires à sa secrétaire, Miss Park (Joanna Shimkus, toujours délicieuse) par un système de microphones et de haut-parleurs éparpillés dans toute la maison qui fait que tout le monde entend ce qu'elle lui dicte, ce qui crée une ambiance dramatique et théâtrale si besoin était. Miss Park est la seule personne presque équilibrée du récit car elle possède ses zones d'ombre aussi mais elle dit ce qu'elle pense à Sissy Goforth et c'est bien la seule. La milliardaire Sissy Goforth tyrannise son personnel; indien  ou italien, et fait garder son île par un vigile nain à la tête d'une meute de chiens sanguinaires. L'Ange de la mort, soit Chris Flanders, débarque dans ces conditions précédé de la réputation d'accompagner les derniers jours de riches femmes agonisantes. Accueilli ainsi sur l'île déchiqueté par les chiens, Chris Flanders, poète et gigolo, bien qu'arrivé par effraction chez Sissy, est considéré par cette dernière avec une certaine bienveillance car il lui rappelle son dernier et sixième mari, visiblement du même bois, un jeune poète alpiniste mort lors d'une chute de montagne. Le film est vraiment dédié à Liz Taylor qui joue seule les plus belles scènes, comme celle où elle se souvient en chemise de nuit blanche, les cheveux longs lâchés, de la mort de son premier époux, le milliardaire Goforth, écrasant son corps de jeune fille qu'il ne peut pas honorer avec la terreur dans son regard de voir arriver la mort, elle le fuit... Jusqu'à présent, son impitoyable instinct de survie a sauvé Sissy Goforth mais la chance a tourné, elle le pressent tout en le niant, elle n'a pas d'invités dans la villa pour la première fois cette année, elle aurait bien besoin d'un homme au lieu de toute cette médecine, comme elle le dit elle-même c'est "urgentissimo comme tout cet été"...


 

Le vestaire insensé de Liz Taylor pourrait faire l'objet d'un article à lui seul : vêtue de blanc, de robes des milles et une nuit, de djellabah, de saris, de manteaux de nuit en satin bordées de gigantesques manches en fourrure, d'incroyables coiffures comme ce bonnet hérisson blanc piqueté de fleurs et pierres précieuses, ou encore ce voile blanc bordé du violet de la couleur de son regard exceptionnel (que Losey filme deux fois en gros plan pour le plaisir, magnifique). Chris Flanders, soit L'ange de la mort, dont les vêtements ont été déchirés par les chiens est sommé de porter un costume noir de samourai avec un sabre, Sissy va le chercher dans une penderie regorgeant de costumes (on pense au dressing rempli de robes luxueuses de "Cérémonie secrète" qui décident Leonora/Liz Taylor à rester...) Flanders/Burton est hébergé dans une annexe de la villa, un pavillon rose kitschissime où tout est rose, la fresque tarabiscotée du plafond comme son peignoir rose. Un troisième personnage vient faire une visite qu'on surnomme le Sorcier de Capri, aristocrate dévoyé qu'on présente comme un adepte des cures de jeunesse, des transfusions et injections de cellules fraîches. Des transfusions que subit Sissy Goforth la nuit en gémissant qu'elle est "délivrée jusqu'à demain"...


Elizabeth Taylor
© Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr Galerie complète sur AlloCiné



Liz Taylor avait déjà joué des adaptations de Tennessee Williams dans "Une Chatte sur un toit brûlant" de Richard Brooks (1956) et "Soudain l'été dernier" de Joseph Mankiewicz (1959). Les tirades de Liz Taylor et l'ambiance accablée de soleil du lieu, voir la musique obsédante, font parfois penser en plus soft aux scènes de "Soudain l'été dernier" quand Caterine/Liz Taylor se souvient des voyages avec  son cousin poète (lui aussi) et  de sa mort tragique dans une île méditerranéenne... Un autre film adapté de Tennessee Williams a une parenté très nette avec l'agonie de Sissy Goforth : "Le Visage du plaisir" (titre français croquignolet du "Printemps romain de Mrs Stone") avec Vivien Leigh où Mrs Stone, ancienne star de Broadway, plaquée par son amant gigolo, finira par provoquer/accepter sa mort (encore un homme image de la mort qui rode en bas de chez elle) en lui jetant les clés par la fenêtre de son appartement. Quand Sissy accepte d'être embrassée par l'ange de la mort, elle porte la seule tenue noire du film, une robe de veuve. Un ange de la mort qui la tuera plus sûrement que tous en lui refusant de partager son lit pour sa dernière nuit. Cette figure de l'ange de la mort, plus discrète dans "Le Visage du plaisir", est très présente dans les romans de Tennessee Williams formant souvent couple avec la femme vieillissante, l'ancienne beauté pathétique. On ne compte plus les auto-portraits de Tennesse Williams dans cette galerie de femmes mûres ne supportant pas de vieillir, la plus connue étant Blanche Dubois/Vivien Leigh dans "Un tramway nommé désir" mais encore Katarine Hepburn dans "Soudain l'été dernier", Vivien Leigh dans "Le Visage du plaisir". Richard Burton, pour sa part, avait tâté de Tennessee Williams dans "La Nuit de l'iguane" de John Huston (1964) mais il n'a ici qu'un rôle de partenaire de Liz Taylor, issu du theâtre, le récit l'étant aussi, le film est dans l'ensemble trop théâtral avec ces longues tirades et ces vis à vis Taylor/Burton, c'est sans doute pour cela qu'il a fait les frais à sa sortie de critiques très négatives.

Ce n'est pas le chef d'oeuvre de Losey et Liz Taylor comme "Cérémonie secrète" mais la réunion et de Tennessee Williams et de Joseph Losey et de ce couple légendaire incandescent Taylor/Burton (ils se marièrent deux fois) tellement en phase avec cette ambiance fin des années 60 de tous les excès est fascinante. Je n'avais jamais vu ce film, je l'attendais comme certains films  dont on peut attendre  des années qu'on le diffuse sur une chaîne TV, voire qu'on le sorte en DVD, il n'est pas dans le récent coffret Losey pas plus que "Cérémonie secrète" d'ailleurs...

Ce film a été diffusé sur TCM dimanche à 2h du matin et des poussières...
3 rediff prévues : dimanche 15 février à 2h40, jeudi 19 février à 1h30 et vendredi 20 février à 9h35.
  


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