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"Bright star" : la passion du verbe

Cannes 2009, compétition, Jane Campion, sortie 6 janvier 2010



19 - 06
2009
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Avant-première de Positif au Forum des images mardi soir, dernière de la saison, en septembre, ils passeront "Le Ruban blanc", la palme d'or Cannes 2009... La salle est comble, on y voit même Jospin et son épouse s'installer in extremis, pourvu que cet homme de l'échec ne porte pas la poisse au film, me vient aussitôt à l'esprit... Beau mais plutôt chiant, dit en substance Serge Kaganski dans sa critique des "Inrocks" à propos du film... Une phrase qui revient en mémoire à la sortie de la projection... Présenté par Michel Ciment qui défend le film en s'insurgeant qu'on l'ait traité d'académique... Au passage, il nous apprend que Jane Campion a arrêté le cinéma pour élever sa fille pendant six ans, que c'est son premier film depuis "In the cut", que personnellement, j'avais beaucoup aimé. Dans "Bright star", histoire d'amour romantique entre le poète Keats et sa voisine, on est dans l'anti "In the cut", quoique le sujet soit encore la relation entre les mots et le désir...

 

 
Londres, 1918, la coquette Fanny Brawne, apprentie styliste, peu versée dans la littérature, n'a rien de commun avec le poète éthéré John Keats son voisin. Mal aimé, pauvre, peu considéré de son temps, le futur plus grand poète romantique anglais tire le diable par la queue, partageant son logement avec son ami Brown pas davantage nanti. Pourtant, la maladie du jeune frère de Keats va toucher Fanny, ce qui rapproche les deux jeunes gens.

Par l'entremise de la poésie, Keats et Fanny vont basculer dans une passion amoureuse addictive, s'ennivrant de mots, ceux écrits, lus, dits, c'est l'aspect le plus intéressant du film car universel, qu'on peut transposer aux histoires d'amour encore aujourd'hui, le pouvoir des mots, la naissance d'une passion à partir des mots de la passion, le pouvoir érotique du verbe. La relation entre Fanny et Keats est une construction mentale amoureuse, Keats le sait... quand il la quitte vers la fin pour aller mourir en Italie, il lui dira qu'il faut rompre ce lien imaginaire qu'ils partagent et revenir dans la réalité.



  photo Pathé

Second intérêt du récit, les mécanismes de la création, l'utilisation, voire l'idéalisation d'une relation amoureuse, fut-elle sincère, dans le but inavoué d'écrire une oeuvre, d'en transcender les sentiments, de trouver les mots les plus superbes pour le dire. Si Fanny est une amoureuse qui s'ignorait, touchée par la beauté et de l'homme et de sa poésie, Keats demeure un écrivain, un poète avant tout, pour qui tout événément est un matériau littéraire.


photo Pathé

La maladie de Keats qui meurt vers 26 ans de la tuberculose va achever de dramatiser cette passion. Fanny Brawne attend Keats même quand elle sait qu'il ne reviendra plus, elle passera la fin de sa vie à errer dans la Lande, nous dit le générique de fin, une soeur d' "Adèle H"... Auparavant, on nous présente la relation amoureuse entre les deux jeunes gens comme confrontée  depuis le départ à une succession d'obstacles insurmontables mais on ne voit pas très bien
lesquels, hormis la maladie de Keats, la famille de Fanny ne s'opposant pas, à cette union, au contraire, ce qui n'aide pas à s'intéresser au récit au premier degré...


photo Pathé

Casting anglais, autralien, néo-zélandais, les acteurs du film, Abbie Cornish et Ben Wishaw, sont peu connus en France, l'actrice principale ressemblant beaucoup dans ses expressions, son profil, à Nicole Kidman. Présenté à Cannes en compétition, le film a suscité des réactions mitigés, plus élogieuses apparemment de la presse étrangère que française. Jane Campion n'a pas figuré au palmarès cette année mais demeure toujours la seule femme à avoir obtenu la Palme d'or à Cannes (avec "La Leçon de piano"). De juillet, la date de sortie du film a été repoussée en janvier 2010. Mais ce film parfait du point de vue de la reconstitution de l'époque, encaustiqué, monotone, monocorde, à la fois statique et bavard, attirera-t-il plus de spectateurs que la salle 500 du Forum des images qui semble avoir fait le plein des cinéphiles que ça intéressait?




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Je n'avais pas très envie de le découvrir mais les photos du film m'ont plutôt donné, en plus une histoire d'amour...;)   Dommage que la sortie est repoussée :(

Voisin Blogueur - 23.06.09 à 13:50 - # - Répondre -

Re:

C'est beau mais on s'ennuie quand même... Belles images et belles paroles (poèmes de Keats) mais aucune dynamique, très statique... En fait, c'est en y repensant qu'on mesure le poids des mots sur la construction de la relation amoureuse mais sur le moment, on n'est pas renversé... Bon, je ne suis pas très romantique..., donc, évidemment, j'avais préféré "In the cut".

vierasouto - 23.06.09 à 14:50 - # - Répondre -

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