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"Clara" : passion romantique en sourdine

Helma Sanders-Brahms, sortie DVD 19 novembre 2009



07 - 11
2009
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Pitch.
Ce film raconte les deux dernières années de la vie du compositeur Robert Schumann qui vient de s'installer en famille à Düsseldorf en tant que directeur musical. Déjà malade, sujet à d'atroces migraines, Robert Schumann a du mal à assurer les répétitions et les concerts, souvent remplacé par son épouse Clara, célèbre concertiste, qui porte la culotte.

Jeune homme pauvre vivant sur les docks, le facétieux Johannes Brahms, lui-même compositeur, n'a aucun mal à s'immiscer dans l'intimité de la famille Schumann, on l'y installe à demeure pour s'occuper des enfants. Immédiatement séduit par Clara qui a le double de son âge, le film montre des relations platoniques entre Clara et Brahms tandis que Schumann entre deux migraines a des soupçons. Mais ce que le film zappe totalement, ce sont les déclarations d'amour à Brahms que fait Robert Schumann, le désignant comme son successeur et pas seulement en musique, l'attirance du maître pour l'élève est gommée d'entrée....



photo Bodega films
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De l'arrivée à Düsseldorf, soulagé d'avoir trouvé la sécurité matérielle mais épuisé par une vie de tournées, à l'agonie deux ans plus tard de Schumann sombré da
ns la folie, on reste sur le même tempo lisse et monocorde sans marquer le temps qui passe, en cela, le film est déroutant car on ne voit ni le crescendo de la passion, ni la déchéance (les meubles vendus qu'on évoque d'une phrase) et à peine l'évolution de la maladie (marquée essentiellemement par les prises de Laudanum) tandis qu'on s'attarde à la loupe sur des situations précises qu'on ne situe pas bien dans la chronologie, soudain, Schumann ne va plus travailler du tout, les dettes s'accumulent, il a été remplacé à l'orchestre...


photo Bodega films

Voulant à la fois parler de musique et d'amour, on va effleurer le tout, le parti pris étant sans doute de traiter la passion romantique selon le barème des idées reçues sur le romantisme, un sentiment poli, policé, inavoué, désincarné, consumant les protagonistes de l'intérieur... Car c'est une histoire d'amour passionnée que cette relation triangulaire entre le couple Schumann et Johannes Brahms dont tous les deux s'entichent et sans doute pas aussi mollement que dans le film. Une passion puissance 3 potentialisée par
une passion centrale commune : la musique. Si Clara, pianiste fameuse et femme énergique, aimant autant la vie que son mari lui tourne le dos, aime toujours Schumann malgré tout, c'est qu'elle le considère comme un génie, à juste raison. Avec lui, elle aura huit enfants dont le dernier pendant qu'il agonise dans une clinique où on va l'achever.  Ca tombe un peu comme un cheveu sur la soupe qu'il faille attendre la mort de Schumann pour montrer une scène d'amour très charnelle entre Clara et Brahms (qu'on reprend dans la bande-annonce alors qu'elle clôture quasiment le film) dans le genre Brahms remplace Schumann illico!, ce qui n'est certainement pas ce qu'a voulu dire la réalisatrice.


photo Bodega films

Heureusement qu'il y a la musique... La 3° symphonie (rhénane) que va composer Schumann à son arrivée à Düsseldorf, les danses hongroises de Brahms... La musique et Clara (en cela, le film porte bien son nom), centre du monde pour les deux génies de la musique et aussi pour la réalisatrice : elle dresse le portrait d'une femme libre, pianiste reconnue choisissant d'être seule sur scène à une époque où c'était choquant, portant à bout de bras son mari en se nourrissant en retour de sa musique qu'elle va contribuer à populariser. Malik Zidi, d'habitude si sexy (de mon point de vue), est bien en retrait, se réfrénant, Pascal Greggory grimace beaucoup... Reste Martina Gedeck ("La Vie des autres") crédible en Clara Schumann mais assez froide. Déception pour un film plat sur la passion qu'on ne se décide jamais à aborder, un film neutre sur la musique à la fois pas assez ou trop présente... Le tout donne envie cependant d'écouter Schumann et Brahms, la musique, seul art universel... 



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