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Festival du cinéma allemand : "Fata Morgana"

dimanche 14 octobre 2007



16 - 10
2007
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Jean-Hugues Anglade, souriant et décontracté, attend dans le foyer que la foule entre dans la salle, pas la foule du film suivant "Mein führer" qui affiche complet depuis le début du festival. Une affluence qui écourtera le débat après la projection de "Fata morgana", il nous faudra sortir pas une porte latérale pour ne pas se retrouver tous complètement bloqués en bas de l'escalier devant la porte de la salle, ceux qui arrivent et ceux qui partent. Car l'acteur, dont on a peut-être oublié combien il est brillant puisqu'on l'a vu rarement au cinéma ces derniers temps, s'est investi dans le projet d'un très jeune réalisateur dont c'est le premier film, "Fata morgana" .

 

  

Simon Gross et Jean-Hugues Anglade au festival du cinéma allemand lundi soir

 

Jean-Hugues Anglade en avril 2007 au festival du cinéma italien à Paris

 

 

"FATA MORGANA" de Simon Gross

 

 

Un jeune couple d’étudiants, en vacances au Maroc, part en voiture dans le désert à la recherche d’aventure, en fait, c’est Laura qui est demandeur, quand Daniel son compagnon, parle de rentrer après une excursion, elle le provoque et il s’engage alors hors piste. Passée l’euphorie de se retrouver seuls et libres dans le désert, avec une sensuelle scène d’amour dans les dunes, très vite, la voiture tombe en panne et le couple est obligé de poursuivre la route à pied. C’est alors qu’un ange noir, un drôle de motard des sables qui en a vu d’autres, leur porte secours. Un homme vêtu de cuir noir, longs cheveux raides, regard narquois et peu bavard, qu’ils ont déjà aperçu avant de quitter la piste. L’homme leur avait proposé de leur faire visiter le désert, ils avaient refusé.

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Au lieu de les ramener à bon port, Nick, le motard mutique, va les balader, inquiétant, et les perdre dans les beautés du désert, mettant leur couple à rude épreuve. Car Laura, contrairement à Daniel, aime les sensations fortes, attirée par Nick comme par l’aventure absolue au début du récit.


Le film est ouvert : ce personnage de Nick, l’ange noir, existe-t-il autrement que comme révélateur des relations et des tensions dans le couple ? Quand Daniel essaye de photographier Nick, ce dernier se met en colère, il refuse, il n’existera pas sur la photo souvenir. Existe-t-il d’ailleurs  autrement que fantasmatiquement parlant, ange de la mort ou/et du désir… ?

Les paysages sont somptueusement filmés, dès les premières images, on est immergé dans les étendues de sable ocre, un vrai ravissement (au deux sens du terme), la scène d’amour de Daniel et Laura mêle les peaux et les dunes de sables d’un même jaune d’or. Ce premier film tourné par Simon Gross, réalisateur très jeune, a la grâce, un récit initiatique qui fait penser (pour l'ambiance) à certains films des années 70 comme "Zabriskie Point" ou "La Vallée" (on a  dans la BO "Sympathy" de Rare Bird******)… Avec un Jean-Hugues Anglade aux meilleur de sa forme, un vrai beau départ dans le cinéma!

 

***** pour écouter le titre, clic ci-dessous!!!


free music

 

 quelques états d'âme sur les conditions précaires des festivals de cinéma à Paris...


Je fais une parenthèse pour dire combien c'est désolant qu'une ville comme Paris ne possède aucun lieu spécifique pour abriter des festivals de cinéma (outre la cinémathèque dont ce n'est pas la vocation) qui sont ballotés d'une salle de cinéma trop petite à une autre peu aimable, chaque salle appliquant son règlement intérieur quelquefois fantaisiste. La compétition de Paris-Cinéma a été confinée cet été dans le sous-sol du MK2 Bibliothèque dans deux salles minuscules (sur une quinzaine que compte l'énorme multiplex), les autres séances ont permis aux festivaliers de visiter tous les trottoirs des cinémas de Paris à attendre des heures pour souvent repartir bredouille. Le festival du cinéma brésilien comme celui du cinéma allemand et d'autres sont accueillis par l'Arlequin dans une salle sur trois que compte le cinéma. Bien qu'il y ait un double escalier, on se demande comment on pourrait évacuer la salle (grande, au demeurant) en cas de problème quand on voit, à chaque séance bondée, combien c'est difficile de s'extirper de l'entresol dans la cohue... Quant à l'accueil cyclothymique du cinéma l'Arlequin, rien n'a changé, selon la tête du client (et surtout celle du réceptionniste), on accepte ou non de vous vendre ou délivrer les billets la veille ou l'avant-veille... Ainsi, certaines séances, comme celle de la clôture (avec le très prisé "De l'Autre côté" de Fatih Akin), sont complètes pour les uns et pas pour les autres... la direction  préfèrant se garder sous le coude un quota de places pour "créer l'événement" le soir-même en formant une file d'attente sur le trottoir une heure durant (de 19 à 20h)... Pour "Mein Führer", devant la demande, une seconde projection a été mise en place par l'organisation du festival demain mardi 16 octobre à 11h50.



 

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