05 - 11
2008
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Grâce à Dvdrama/Excessif (qui a fait une critique élogieuse du film), l'ayant loupé au festival de Cannes, j'ai pu assister ce soir à l'avant-première de "Two lovers" de James Gray au cinéma Publicis sur les Champs Elysées. On savait que Joaquim Phoenix serait absent, comme à Cannes en mai dernier, pour cause de démission, d'après les rumeurs, il cesserait sa carrière d'acteur pour se consacrer à la musique, à suivre... En revanche, on annonçait sa partenaire Gwyneth Paltrow pour accompagner James Gray, elle est donc venue... Immense, longiligne, le regard bleu océan, moulée dans une improbable robe courte blanche à plastron noir sur des bottines de créateur à hauts talons, des brillants au oreilles, le chignon soigneusement décoiffé, c'est un sculptural top model qui arrive sur la scène du Publicis emboitant le pas de son réalisateur, il parlera, elle ne dira pas grand chose, mais souriante, appliquée, hyperpro.


Gwyneth Paltrow, James Gray
Comment ai-je pu penser l'impensable pendant la projection de "Two lovers"? Alors que des gens sensibles, des cinéphiles qui ont un coeur avaient pendant ce film l'oeil humide et le mouchoir à la portée de la main, je me suis ennuyée ferme... Que je me sois ennuyée, quelle importance, des goûts et des couleurs... Mais enfin, qu'est-ce qui fait que j'avais adoré "The Yards", un poil moins "La Nuit nous appartient" et que soudain Gray ne m'emporte plus nulle part sauf à regarder la pendule du cinéma? Bien entendu, on change de registre : on passe du polar maffieux à la comédie romantique qui ne ferait pas rire, une comédie tragique d'amours jamais synchrones, d'adultes inadaptés à la société sans en avoir l'air ou pas trop. Le scénario est mince, ça tient en deux mots : au sortir d'une tentative de suicide pour cause de perte d'une fiancée, un trentenaire, sur le point d'accepter un mariage arrangé par ses parents, tombe amoureux de sa nouvelle voisine qui lui ressemble moralement, aussi immature et farfelue que lui.
Le récit est réduit au minimum syndical utilisant surtout ses deux acteurs principaux, l'histoire, c'est le couple Leonard (Joaquim Phoenix)/Michelle (Gwyneth Paltrow), leur physionomie et leurs dialogues d'une exceptionnelle banalité dont on soupçonne qu'ils ont été écrits ainsi à dessein pour faire vrai. De la même manière, leurs scènes sont en faux temps réel, on tend vers le vrai, on le voudrait, du moins. Nouvellement voisins, Leonard et Michelle ont fenêtres sur cour commune, ce qui leur donne l'occasion de se parler à distance, il habite chez ses parents qui le collent nuit et jour, elle est logée par son employeur et amant, un homme marié qui paye le loyer dans son quartier natif de Brooklyn où sa mère à lui habite toujours. Les parents de Leonard lui présentent Sandra, la fille unique trop sage de leurs meilleurs amis, il lui préfère Michelle, leur électrique nouvelle voisine. Dans les deux cas, ce sont des amours à sens unique, Sandra aime Leonard qui aime Michelle qui aime son amant... Pourtant chacun acceptera d'essayer de se forcer à aimer celui qui lui fait du bien mais qu'il n'aime pas d'amour fou. Amour passion ou mariage de raison, les deux écoles ont leur part de souffrance.
Le style Gray est là, la manière de filmer aussi, on a même la scène de boite de nuit en immersion comme celle de "La Nuit nous appartient" sauf qu'ici, rien de ludique qu'une furtive plage de danse sous ecstasy qui finira mal, elle malade, lui à la porte. Pour ma part, je suis restée également à la porte de cette histoire. Dans ce film, seul l'arrière-plan familial m'a paru crédible, un environnement axphyxiant, maladroit mais généreux. Gwyneth Paltrow est souvent théâtrale, voire scolaire, Joaquim Phoenix, lui, est juste, comme toujours, mais, au delà de l'absence d'une partenaire à sa mesure, son rôle ne lui va pas plus que le film n'est fait pour un James Gray, les deux semblent égarés dans ce projet de raconter l'intime, de jouer l'indicible, dans un film taillé trop petit pour eux tel un costume trop cintré emprunté à la teinturerie familiale.
Le récit est réduit au minimum syndical utilisant surtout ses deux acteurs principaux, l'histoire, c'est le couple Leonard (Joaquim Phoenix)/Michelle (Gwyneth Paltrow), leur physionomie et leurs dialogues d'une exceptionnelle banalité dont on soupçonne qu'ils ont été écrits ainsi à dessein pour faire vrai. De la même manière, leurs scènes sont en faux temps réel, on tend vers le vrai, on le voudrait, du moins. Nouvellement voisins, Leonard et Michelle ont fenêtres sur cour commune, ce qui leur donne l'occasion de se parler à distance, il habite chez ses parents qui le collent nuit et jour, elle est logée par son employeur et amant, un homme marié qui paye le loyer dans son quartier natif de Brooklyn où sa mère à lui habite toujours. Les parents de Leonard lui présentent Sandra, la fille unique trop sage de leurs meilleurs amis, il lui préfère Michelle, leur électrique nouvelle voisine. Dans les deux cas, ce sont des amours à sens unique, Sandra aime Leonard qui aime Michelle qui aime son amant... Pourtant chacun acceptera d'essayer de se forcer à aimer celui qui lui fait du bien mais qu'il n'aime pas d'amour fou. Amour passion ou mariage de raison, les deux écoles ont leur part de souffrance.
Le style Gray est là, la manière de filmer aussi, on a même la scène de boite de nuit en immersion comme celle de "La Nuit nous appartient" sauf qu'ici, rien de ludique qu'une furtive plage de danse sous ecstasy qui finira mal, elle malade, lui à la porte. Pour ma part, je suis restée également à la porte de cette histoire. Dans ce film, seul l'arrière-plan familial m'a paru crédible, un environnement axphyxiant, maladroit mais généreux. Gwyneth Paltrow est souvent théâtrale, voire scolaire, Joaquim Phoenix, lui, est juste, comme toujours, mais, au delà de l'absence d'une partenaire à sa mesure, son rôle ne lui va pas plus que le film n'est fait pour un James Gray, les deux semblent égarés dans ce projet de raconter l'intime, de jouer l'indicible, dans un film taillé trop petit pour eux tel un costume trop cintré emprunté à la teinturerie familiale.
Mots-clés : avant-Premières, Cinéactuel, cinéma américain, Two lovers, James Gray
































Commentaires
oh non
Je suis triste là...Ce film est dans mon top 10 des meilleurs longs métrages de l'année !
J'avais trouvé que certes le scénario n'était pas du tout "extraordinaire" (on est dans quelque chose de très basique) mais qu'étrangement il y avait dans ce film une intensité renversante, une mise en scène assez sublime qui nous faisait ressentir tout le désespoir du monde (et surtout celui amoureux).
On ne peut pas toujours être d'accord, comme tu dis "les goûts et les couleurs"...
Jonathan - 06.11.08 à 18:22 - # - Répondre -
← eh oui...
Coucou! Je ne remets pas en cause la mise en scène mais ce film joue sur l'émotion et le couple d'acteurs/couple de personnages, ce qui suppose de toucher le référentiel émotionnel du spectateur, et, bien que j'M bp Joaquim Phoenix, je trouve ces échanges avec Gwyneth Paltrow assez plats et unilatéraux, surtout ces bavardages dans la cour, elle est théâtrale, ce n'est pas naturel, il la retrouve sur le toit, elle est habillée comme un top model posant pour "Vogue" (sans parler des extensions de cheveux...), bref, pour moi, c'est évidemment tb filmé mais je n'accroche pas, je n'y crois pas. Et cette histoire de maladie de Sachs qui aurait poussé les parents de la première fiancée à faire rompre, la fausse-couche dont on ne voit rien, allongée à l'hôpital, allongée chez elle, pas de traumatisme apparent alors qu'elle ne pourra plus avoir d'enfants, l'amant est transparent, l'archétype de l'homme marié, l'homme problème, seuls les parents sont crédibles, le père touchant, la mère Isabella Rosselini subtile. Voilà, quand on pense au travail et à l'ambiance de "La Nuit nous appartient"...
vierasouto - 07.11.08 à 06:16 - # - Répondre -
Moi je suis d'accord avec toi. Je l'ai vu a Cannes et j'ai toujours rien écris dessus tant j'ai de mal a exprimer ma déception sur ce film. Les 2 premières minutes sont magnifiques, les scènes sur les tois sont assez belles, mais le film ne fonctionne pas à mes yeux. J'étais un grand fan de Gray jusqu'alors, je le reste mais là, suis juste un fan déçu...
Laterna Magica - 07.11.08 à 00:18 - # - Répondre -
← à contre-courant...
Moi aussi, j'ai failli ne rien écrire sur le film car je sais bien que la plupart des gens vont aimer et qu'on ne comprendra pas que je n'aime pas (on se sent à côté dans la salle qui est émue, le coeur bien sec...), d'autant que ce genre de comédie romantique a rarement un réalisateur avec ce talent. Mais on regarde du cinéma quand même! et on ne peut pas s'empêcher de se demander pourquoi il a fait ce film si vite un an après "La Nuit nous appartient" alors qu'il avait attendu 7 ans après "The Yards", il était sans doute dans l'urgence... Attendons le prochain, je reste fan de James Gray!
vierasouto - 07.11.08 à 06:24 - # - Répondre -