A l'affiche DVD Avant-Premières
 
Ciné TV Cinéculte Festival


               

 

13°Festival du Film Italien d'Ajaccio/IFFA
Cette Semaine
 

Le 1er février 2012

CINEMA

      

CINETVSERIES

 
  

 
Derniers Articles
CinemaniaC

 

 

à l'occasion de la diffusion des films sur les chaînes de Canalsat,
mes derniers articles en qualité d'"
Expert cinéma" :


     

 

 
 
Derniers commentaires

Haro sur Adjani



12 - 02
2009
Version imprimable -Commenter l'article

Emouvant plus que choquant, le spectacle d'Isabelle Adjani au Lido lundi dernier 2 février venant chercher une pépite de Cristal à l'occasion de la remise des Globes de Cristal pour un film qui, comme elle l'a dit elle-même, n'est pas sorti et que personne n'a vu : "La Journée de la jupe" où elle joue le rôle d'une enseignante dans le lycée d'un quartier sensible qui pète les plombs et prend sa classe en otage. Un rôle qu'on attendait pour elle depuis longtemps, qu'elle sorte enfin de ses crinolines ("Adolphe") ou des films écrits sur mesure pour le mettre en valeur ("La Repentie"), voire des comédies anachroniques indolores ("Bon voyage"). Ce retour n fois reporté au cinéma semble être aujourd'hui le bon. Pourtant, cette apparition de la star absolue des années 80 affectée d'un surpoids que ne pouvaient camoufler une ample robe rétro et une veste noire, et surtout un horrible faux tatouage/maquillage en dentelle noire descendant de ses joues jusqu'au cou, a choqué. Pourquoi cette provocation? La jupe  blanche du réalisateur en est passé inaperçue... Pour créer le buzz... Objectif accompli. Le numéro des "Inrocks" paru hier dit qu'elle a réinventé la femme à barbe, dur... ce lynchage à visage masqué (lui aussi)  faisant mine de s'étonner, de s'inquiéter, fait mal au coeur...



photo Isabelle Adjani lors de campagne Lancel

Un an auparavant, Adjani avait accepté une production de photos superbes pour une expo, photos inspirée du "Maître et Marguerite", une commande d'un milliardaire russe réalisée en Russie avec un budget et une équipe digne d'un plateau de tournage de film. Et puis, Lancel, les photos des pubs Lancel (elle a même créé son propre sac à main) sont affichées partout, sur le site de la marque, on a bien tenté le making-off de la séance photo au Crillon par Bettina Rheims, mais seuls quelques rares clichés d'Adjani le visage barré ou de profil ont été publiés, on ne la voit quasiment pas. Un peu mieux tout de même que pendant le reportage d'une équipe qu'elle accepta de recevoir pendant les répétitions de "Marie Stuart" au théâtre Marigny, exigeant de n'être filmée que de dos... "Marie Stuart" est le rôle le plus sincère et pathétique d'Adjani, cette reine déchue qui raconte avant d'être exécutée qu'elle était la plus belle autrefois, qu'elle a tout perdu, sa beauté, sa jeunesse, son pouvoir... Un peu comme Simone Signoret qui s'était laissé aller, voir auto-détruite, devançant l'appel de la dégradation physique, ne supportant pas (en deux mots) de passer de "Casque d'or" à "La Vie devant soi", il semble qu'Adjani ait fait lundi  dernier au Lido une apparition très Signoret : puisqu'il est impossible d'avoir toujours vingt ans et la beauté éternelle, autant dynamiter le personnage, l'image, grossir exagérément, s'enlaidir à dessein, se faire remarquer par l'excès inverse... Une sorte de suicide narcissique... Or, contrairement à une Martine Carol, qui, outre sa performance dans "Lola Montes" (justement dans un rôle de reine déchue), ne possédait vraiment que sa plastique pour tenir le haut de l'affiche, voire une Bardot, mauvaise actrice et détestant ce métier, qui a su se reconvertir ensuite dans l'animalitaire, Adjani est une authentique comédienne avec un talent exceptionnel qui n'est pas lié, contrairement au piège de l'image parfaite où elle s'est emmurée, à l'absence totale de rides sur un visage (elle en avait certainement davantage à 20 ans) ou à la transparence permanente d'un regard bleu marine immortalisé par la légende.

Comme disait Gainsbourg qui en savait quelque chose, la vieillesse, c'est la revanche des laids, la beauté est un cadeau empoisonné, non seulement, être l'objet du désir universel, comme le sont les stars, n'est pas de tout repos, voire insupportable à vivre même si l'on en a fait son fonds de commerce (c'est toute l'ambiguité Marilyn Monroe), mais la perte de l'image idéale  dans le regard des autres, amplifiée par l'exposition de son duplicata partout (les photos, le contrôle de l'image) est vécue comme une mutilation. Fasse qu'Adjani comprenne que son public, celui qui paye sa place au cinéma ou au théâtre, l'aime pour ses rôles, qu'elle est  intemporelle  grâce ses films et qu'aujourd'hui on attend d'elle des performances d'actrice dont elle seule est capable. Au lieu de se gaspiller à poser pour "Elle" et autres magazines dits féminins pour tenter de se rassurer en obtenant naturellement l'effet inverse (des publications où tout cliché est photoshopé, des journalistes flatteurs enfermant les stars dans des commentaires courtisans "elle fait si jeune... au moins dix ans de moins..."), elle pourrait, par exemple, s'occuper de faire publier un coffret DVD de l'intégrale de ses films. La réaction des médias après son passage au Lido a été ce qu'on pouvait en attendre : feignant hypocritement de s'ébahir de son maquillage, ils l'ont descendue en règlant de vieux comptes... Des kilos en trop? C'est réversible.. Le maquillage, éphémère... Là où  Adjani risque de surprendre et laisser aphone le choeur toxique médiatique, c'est avec "La Journée de la jupe"*** dont on peut voir le trailer...


*** Film réalisé par Jean-Paul Lilienfeld, diffusé le 20 (ou 24) mars 2009 sur ARTE France puis distribué au cinéma dès le 25 mars 2009 par Rezo Films. Avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Jackie Berroyer.






ISABELLE ADJANI au Lido 2 Février 2009 Cérémonie des Globes de cristal

 


ISABELLE ADJANI, 17 ans, elle passe son bac tout en intégrant la Cie Robert Hossein à Reims

 


Mots-clés : ,



Share


6419
Lectures
3
Commentaires
Commenter l'article

GB. - It. - Pt. - De. - Es.


- Commenter -

Commentaires

Qui se souvient de Laura ?

Très joli post. Malheureusement, mademoiselle Adjani est atteinte de la maladie du siècle, rester jeune à n'importe quel prix, y compris celui de se détruire. Il n'est un jour où l'on ne déplore des excès de botox enlaidissant de charmants physiques. Lorsque l’on repense à sa beauté, on ne peut que regretter (surtout pour elle) qu’elle n’ait su vieillir gracieusement comme beaucoup de ses collègues.
De la voir se plier brusquement, elle habituellement si discrète, au happening marketing me fait souvenir d’une certaine Laura Antonelli, persuadée qu’elle n’avait que sa beauté à offrir au cinéma et vivant désormais recluse pour avoir cédé aux sirènes de la chirurgie esthétique.

FredMJG - 12.02.09 à 11:08 - # - Répondre -

Qui se souvient de Laura ? Moi, TB

Bonjour! Je me souviens de Laura Antonelli défigurée après une injection de je ne sais quoi, une actrice superbe... Avec Belmondo dans "Les Mariés de l'an 2" qui l'a plaquée d'ailleurs (potins)...  Au delà de la quête de l'immortalité car c'est de cela qu'il s'agit en faisant croire aux gens qu'ils peuvent rester éternellement jeunes, d'où leur angoisse et tutti quanti... je trouve que les médias sont lâches de flinguer Adjani plus qu'une autre alors que tellement sont refaites des pieds à la tête... comme souvent on règle de vieux comptes... Evidemment, sa "rivale" inavouée Isabelle Huppert qui fait une taille 34... ne risque pas d'attirer les foudres de journalistes mode qui ne mangent jamais quand une grande partie du monde  meurt de faim, tout cela est obscène mais c'est un autre sujet...

vierasouto - 12.02.09 à 15:24 - # - Répondre -

Ascension et chute

Chère vierasouto
Normal qu'une ManiaC comme toi se souvienne de Laura ! mais tous les autres ?
Isabelle a eu le tort de vouloir être une star en n'étant pas née à Hollywood mais dans notre beau pays où il ne fait pas bon se mettre les photographes et les journalistes (people) à dos.... Le monde peut être si mesquin et la réalité si pathétique !
Tristesse...

FredMJG - 14.02.09 à 11:17 - # - Répondre -

Commenter l'article


(c) 2007 - CineManiaC

turbine sous Viabloga grâce au thème Federico de Labosonic.

Mentions légales

Contact - Liens et partenaires