11 - 01
2008
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Il y a eu cette semaine autant de critiques de "Into the wild" que de publications existantes, car, non seulement Sean Penn a en France une aura qu’il n’a pas dans son pays, où ses courageuses positions politiques l’ont un peu marginalisé, mais encore l’annonce simultanée qu’il sera président du 61° festival de Cannes en a encore rajouté dans le chœur des médias français. Un consensus, tout le monde ou presque aime ou adore ce film. Et j’aurais aimé en être… Car les lecteurs du blog n’ignorent pas, pour certains du moins, combien je suis fan de l’acteur Sean Penn. En revanche, Sean Penn n’est pas à la réalisation le génie qu’il est en tant qu’interprète. Que dire de plus?
L’histoire vraie de Christopher Mac Candless ne pouvait que toucher Sean Penn, misanthrope amoureux de la nature qui habitait il fut un temps dans une caravane sur les collines de Hollywood, emmène régulièrement ses enfants camper dans des zones sauvages ou encore prend spontanément son bateau pour aller donner un coup de main à la Nouvelle Orléans lors du cyclone Katrina. Le rebelle adepte de Kerouac s’est donc naturellement épanoui en harmonie avec les rudes beautés des paysages de l’Alaska.
| Emile Hirsch | |
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| © Paramount Vantage | Galerie complète sur AlloCiné |
Dans l’histoire de CC, étudiant brillant promis à Harward, qui soudain, abandonne tout pour entrer "Into the wild", comme dans les ordres, on pouvait aborder deux dimensions : la démarche utopique du retour à la nature, du refus radical de la société de consommation mais aussi, en amont, la genèse et le pourquoi de cette démarche : qu’est-ce qui conduit CC à cette décision radicale, à ce voyage sans retour ? Hors, Sean Penn, tout à son admiration pour ce modèle à la fois de rébellion absolue et de renoncement à une société vénale, fait impasse sur les raisons de cet aller simple pour l’Alaska et même sur l'utopie du projet. On a bien quelques flash-back peu amènes sur les parents bornés et nerveux, on entend aussi qu’à l’occasion du voyage chez des cousins, CC apprend que son père a une autre épouse, un autre fils, qu’il n’est pas marié avec leur mère, que ses parents lui ont menti. Un mensonge traumatisant qui aurait dissout les repères identitaires de CC. Hors, on ne peut s’empêcher de ressentir au minimum la dimension suicidaire de la démarche de CC, au pire, la dimension pathologique de l’homme, un aspect soigneusement occulté.
Après avoir obtenu son diplôme, CC fait don de ses économies à une association humanitaire, brûle ses cartes de crédit, quitte sa famille et s’en va sillonner le pays pendant deux ans avant le dernier voyage, les quatre mois de survie en Alaska, cœur du film. Si la mort du jeune homme est assez réaliste et même un peu trop expansive, le reste du récit est assez idéalisé, CC, qui se fait désormais appeler Alexander Supertramp va faire et recevoir le bien lors de rencontres sur la route, un parcours à tendance évangélique, réconcilier un couple de hippies, se faire adopter par un vieil homme seul au monde.
Entre récit plat sans rythme et envolées lyriques, hymnes purs à la nature et poésie, il en ressort une impression d’un film extrêmement honnête et travaillé pour faire le mieux possible, pour tirer le maximum du sujet avec ses moyens : photo soignée, effets mesurés par ci par là, cadrage au plus près du visage d’Emile Hirsch, mise en valeur de la somptuosité des paysages, c’est le film d’un amoureux de la nature, de la région, de son sujet et même de l’idée de la famille, mais pas au delà. Sean Penn est un type bien, on le savait, mais il ne sera jamais un grand réalisateur, il lui manque ce quelque chose en plus, ce regard d’artiste, ce grain de folie qu’il a apparemment dans la vie et lui fait défaut sur l’écran, trop sage, trop lisse, trop respectueux. Etonnant ce hyatus entre la rébellion de l’homme public et la sagesse d'un réalisateur qui avait pourtant pour père spirituel un dénommé Charles Bukowski... C’est un film sage, sagement exalté, sagement interprété (Emile Hirsch), un beau livre d’images, un film tous publics qui ne renversera personne et ne déplaira à personne non plus.
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Mots-clés : cinéactuel, cinéma américain, CinéSeanPenn, Sean Penn, Into the wild, Sean Penn réalisateur




























Commentaires
J'attend impatiemment de le voir pour te donner mon avis, mais j'avoue n'être pas du tout refroidit par ta critique, sauf peut etre si vraiment la mise en scène et l'interprétation sont plates, mais ne pas donner de raisons à ce départ n'est pas pour moi un problème... Enfin je verrai bien, et viendrais donner mon avis ici...
Carcharoth - 11.01.08 à 20:15 - # - Répondre -
← on attend ton retour du film...
Je voulais répondre hier quand le système s'est planté, bref, j'espère bien que tu n'es pas refroidi par ma critique, j'aimerais beaucoup savoir si je suis seule dans mon cas à ne pas manifester d'enthousiasme, car, très franchement, j'adore Sean Penn et j'aurais préféré trouver son film génial! @+
vierasouto - 12.01.08 à 13:34 - # - Répondre -
D'où ma réticence..
Ho ! je ne doutes ni de la qualité du sujet, ni de son exploitation, seulement rien de neuf , j'ai à l'annonce de ce projet fait rapidemennt le lien avec les anciens démons voire anges d'une beat-génération, de Kérouac à Bukowski puisque tu le sites. Et pourquoi pas Thoreau et la vie dans les bois ( Walden )...le road movie, le voyage "Easy-rider " certainement...un voyage solitaire certainement riche mais je n'étais pas sur qu'il puisse m'apporter outre de belles images une émotion suffisante pour tenir plus deux heures..
Voila à l'heure qu'il est j'Hésite encore...
Je dois me faire une toile demain..qu'elle sera-t-elle?
kilucru - 11.01.08 à 23:33 - # - Répondre -
← Re: D'où ma réticence..
Bonsoir! Je vois que tu as senti comment serait le film, beaux paysages, sujet intéressant, bonnes intentions, travail soigné mais rien de génial. C'est un peu long, 2h35, mais en même temps, c'est le jeu pour ce genre de film de durer pour l'ambiance. Côté émotion, bien sûr, c'est personnel mais c'est une émotion un peu trop balisée comme les circuits US! Et je trouve aussi la démarche idéalisée, pas très réaliste. C'est bien de voir le film quand même pour se faire une idée, ça confirme que Sean Penn est un type bien pour s'être investi à ce point sur un sujet de ce genre. La veille, j'étais allée voir une avant-première "Train de nuit", un film dépressif et déprimant très dur à regarder mais pendant "Into the wild", la comparaison me sautait aux yeux, dans ce "Train de nuit" que je ne conseillerai pas à tout le monde!!! Il y a un vrai regard de cinéaste, un style, une rage, etc... A demain alors, on saura quel film tu as vu!!!
vierasouto - 12.01.08 à 03:20 - # - Répondre -
← Re: D'où ma réticence..Re-RE: vaincue !
Bonsoir,
et voila je l'ai vu, avec un certain plaisir quand mêemé, et puis oui on sent bien la fascination ( ou alors je me trompe ) de Sean Penn pour cette période et cette façon de vivre..elle a marqué mon adoleiningscence, je dévorais alors Thoreau, kerouac et les autres...
"But the time they are a changing"
Que de choix encore cette semaine, je viens de voir "Quatre Minutes", me reste à choisir entre Ang-Lee et surtout Gregg Araki et son "Smiley Face", j'ai fait connaissance avec son cinéma au travers de "Mysterious Skin" , un sujet terrible car sensible mais abordé d'une façon magistrale..
Voilou...au plaisir de te lire
kilucru - 17.01.08 à 23:38 - # - Répondre -
← Re: D'où ma réticence..Re-RE: vaincue !
Bonsoir! Moi aussi, je veux absolument voir "Quatre minutes"!!! (je vais aller voir ce que tu en dis), le cinéma allemand, j'ai confiance! Pour "Lust, caution", tu ne seras pas déçu, quel plaisir de voir ce film, un vrai régal, quant à "Smiley face", c'est absolument à l'opposé de "Mysterious skin" que personnellement je place très haut, je vais d'ailleurs transférer ma critique du film ici. "Smiley face", on peut dire que c'est ludique, une sorte de gadget...
vierasouto - 18.01.08 à 01:21 - # - Répondre -
Certainement grâce à sa musique aussi.
Quaty - 27.02.08 à 08:57 - # - Répondre -
← deux films avec de sublimes paysages
Je crois que c'est la grande différence entre un film comme "Into the wild" et un film comme "No country for old men" que je considère comme bien supérieur (deux films avec des paysages sublimes et durant plus de 2h30 chacun) : mais dans "Into the wild", il y a une foi, une sorte de mystique, Sean Penn communique son amour de la nature, et pour couronner le tout, il n'y a d'ailleurs pas de musique dans "No country for old men" mais quel film, quelle maîtrise et quels paysages désolés, l'ouest sur lequel pleuvent les cadavres, cet ouest qui n'est plus fait pour les "old men" mais je m'égarre tant je suis fan... @+
vierasouto - 27.02.08 à 17:30 - # - Répondre -
Ouf !
Un moment j'ai cru que nous n'avions pas vu le même film...
Puis ensuite j'ai compris que vous aviez refusé de voir ce que Sean Penn a essayé de vous montrer : le parcours de ce jeune homme et les raisons qui l'ont conduit à agir ainsi. Les commentaires de sa soeur sont suffisament éloquents pour nous renseigner sur le mystère et la fragilité qui planent autour de cet homme là.
Et votre analyse se fourvoit encore lorsque vous décrivez comme crédible son calvaire, alors qu'il me semble être là au plus loin de la réalité : car comment transcrire la douleur, la faim en quelques plans et surtout en quelques misérables minutes qui ne traduiront jamais la solitude que Christopher a dû ressentir.
Le reste du récit n'est pas à mon sens idéalisé, il traduit à merveille les rencontres et les bénéfices sentimentaux que l'on peut en tirer. Tout n'est probablement que prospective, reconstruction, mais justement le travail du réalisateur est admirable en ce point qu'il nous entraine dans les pas et les pensées de cet homme, y compris lors de son calvaire final ou la mise en scène et le découpage du film (dans des va et vient incessant entre son parcours et son dernier voyage) amènent un suspens et une logique de compréhension indéniables...
Il me semble que nous n'avons pas effectivement compris le même film... et c'est très bien ainsi...
malaurie - 29.02.08 à 00:47 - # - Répondre -
←
Parfaitement! On dit que dix lecteurs pour un livre, ça fait dix livres différents! Pour en revenir au film, c'est vrai qu'il suscite de la part de pas mal de spectateurs une ferveur particulière, il y a une raison, je ne suis sans doute pas rentrée dans le sujet, j'ai vu le film de l'extérieur. Je préfère Sean Penn acteur mais j'admire le personnage et son parcours de toute façon. Bon WE!
vierasouto - 02.03.08 à 06:29 - # - Répondre -
Into the Wild
Bonjour,
"Into the Wild" est un film magnifique très riche de sens et aux paysages somptueux.
Un film intelligent et brillant d'un Sean Penn qui démontre toute sa sensibilité et sa révérence face au parcours de cet être hors du commun.
J'avais peur que le film ait un côté "ma société elle a que des problèmes, ma société elle a mauvaise haleine", mais il n'en est rien et c'est une très bonne chose. J'ai vraiment été transporté par l'absurde destin de ce personnage incarné à merveille par Emile Hirsch...
Amicalement,
Shin.
Shin - 12.04.08 à 18:31 - # - Répondre -
← Into the Wild
Je sais qu'il y a une majorité de spectateurs qui a été bouleversé par ce film, personnellement, j'adore Sean Penn, l'acteur et le personnage mais je pense qu'il n'a pas le même niveau comme réalisateur tout en étant dans une bonne moyenne. Ce film est dans l'émotion, si on n'est pas ému, on y reste extérieur, plus dans l'analyse, la dimension suicidaire évidente du parcours du héros est zappée, on l'a d'ailleurs reproché à cette adaptation quand le film est sorti aux US, on parlait même dans la presse d'une dimension pathologique. Mais, au fond, je suis contente qu'on aime le film de Sean Penn, il s'y est tellement investi, ça se sent dans le film, c'est la démarche du réalisateur que je trouve touchante, alors tout va bien. @ bientôt!
vierasouto - 13.04.08 à 03:39 - # - Répondre -
éblouie
personnellement, ce film m'a éblouie! j'avais peur en y allant de trouver le temps un peu long, de me trouver face à un album photos de l'alaska... mais finalement j'ai été complètement asiprée dans l'univers de Mc Candless, subjuguée par les images, la musique (qui fait la moitié du boulot si vous voulez mon avis) et le jeu d'Emile Hirsh qui est, il faut le dire, royal dans ce rôle! Un voyage dans la nature qui donne aussi une belle leçon d'humanité à travers des rencontres aussi étonnantes que touchantes. je ne vais jamais au cinéma et pourtant je suis allée le voir deux fois, et j'attends impatiemment sa sortie en DVD en france.
Cela dit en lisant ensuite le livre je me suis fait la même réflection quant au choix de Sean Penn de ne retranscrire l'histoire qu'à travers un point de vue admiratif, mais cela ne rend le film que plus beau, rendant un merveilleux homage à Christopher Mc Candless.
Azyliz - 19.05.08 à 10:00 - # - Répondre -