14 - 11
2009
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Peping, étudiant en criminologie le jour, est recruté par un ancien camarade de classe pour un travail d'appoint lui permettant d'assurer un train de vie convenable à sa fiancée : homme à tout faire pour un gang de Manille. Une nuit, le gang lui propose une opération spéciale largement rémunérée, Peping accepte pour financer son mariage mais l'expédition va vite tourner au cauchemar.
En revanche, la seconde partie, est filmée en apesanteur, forme dérivée de l'immersion ancrée cette fois dans un univers flou, une tranche de réalité insupportable, qu'on préferait oublier, filmée souvent dans la pénombre quand ce n'est pas quasiment dans le noir, ce qui est habile car c'est la part sombre de l'histoire et l'image correspond à l'action horrible qui est en train de se passer ou plutôt au cauchemar que vit ce jeune étudiant en criminologie. Démarrant par son mariage, le film se terminera par son épouse au foyer. Vie lisse le jour, travail ignoble la nuit pour arrondir les fins de mois, double vie, double film.
Le film démarre sur un jeune couple qui va se marier en empruntant un bus kitsch nommé "Jesus" , on sent à chaque film combien Mendoza est en empathie avec son pays dont il filme un aspect particulier à chaque fois. Mais, contrairement aux précédents films, il montre ici, non pas la précarité extrême (les enfants mis en nourrice dans "John-John", la descente de police chez les dealers des bidonvilles dans "Tirador", la prostitution masculine dans "Serbis"), mais des coutumes dans une middle class moins pauvre mais pas très riche pour autant, ces mariages collectifs, ces repas de noces dans un fast-food, ces couples qui vivent presque tous déjà maritalement avant le mariage et que le juge sermonne comme le ferait un prêtre, met en garde, conseille. On aurait dû ce méfier de ce début de film pimpant...
Ensuite, le jeune marié, sur les conseils d'un ami, accepte un boulot glauque avec un gang de Manille : collecter l'argent d'un trafic de drogue, se débarrasser d'une prostituée junkie, une certaine Madonna, qu'on enlève d'une boite de strip-tease crade pour une affaire de dope qu'elle n'a pas payé, de dealer qu'elle n'a pas donné... Dans la voiture, on la tabasse, on entend plus qu'on ne voit ce qui se passe, dans une maison isolée dans la campagne, c'est bien pire, on finira par se débarrasser de la malheureuse en la découpant en morceaux et en jetant le cadavre par fractions dans des sacs poubelles... Et l'équipe de nuit ira ensuite manger un morceau aux halles...
Au passage, Mendoza tâcle les médias, au début, c'est le type qui menace de se jeter du haut d'une pub pour passer à la télé et dont on intègre les appels de la mère dans l'émission TV, à la fin, c'est toujours la télé qui interviewe les gens qui ont trouvé une tête dans un sac poubelle... J'ai vu en mars à Deauville au festival du film asiatique "Jay", un film philippin traitant de la dérive de la téléréalité, un homme assassiné dont la famille apprend la mort en direct par l'entremise d'une équipe de production d'une émission de téléréalité qui s'invite chez eux, allume leur télé pour filmer la réaction de la mère et la soeur!!!
Classé auteuriste, quand on voit les films de son compatriote Raya Martin (en section parallèle avec "Independencia"), Brillante Mendoza, c'est presque du cinéma commercial en comparaison! Mais ses films déroutent les festivaliers à la recherche d'un modèle connu, ce cinéma qui reste novateur a encore du mal à trouver sa place, dommage.
Prix de la mise en scène au festival de Cannes 2009 et le jury présidé par Isabelle Huppert a (courageusement) visé juste!
Note CinéManiaC :

Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma philippin, Brillante MA. Mendoza, Kinatay




































































Commentaires
J'ai hâte !
Hello vous !
J'ai eu l'occasion de m'offrir une rétrospective* il y a deux ans au festival de Paris spécial Philippines. Le cher homme s'est déplacé pour tous ses films, avant et après la projection. Un humour et surtout une modestie des plus effarantes, genre, il te sort un chef d'oeuvre en 7 jours "le masseur" (son premier film) et s'excuserait presque de ne pas avoir eu assez de temps pour "peaufiner", bref... faudrait que certains en prennent de la graine.
Et je ne l'ai pas regretté :)
FredMJG - 15.11.09 à 19:12 - # - Répondre -
← Re: J'ai hâte !
Je râle encore d'avoir loupé cette rétrospective car en vacances exactement à ce moment-là... A Cannes, j'ai entendu dire qu'il avait pensé à renoncer au cinéma tant c'est difficile financièrement et si il y a un seul prix qui m'a fait plaisir du fond du coeur, c'est bien cette année, quand après l'avoir éreinté l'année précédente, on lui a donné le prix de la mise en scène contre l'avis des frileux, etc... Thierry Frémeaux avait vraiment l'air heureux pour lui. Et, donc, il va poursuivre. Génial que tu aimes aussi, il faut le défendre, la première fois que j'ai vu un film de Mendoza, je ne savais pas ce que j'allais voir ni qui c'était, je m'en souviens encore, un choc! @+ après le 18 novembre, donc!
vierasouto - 16.11.09 à 04:31 - # - Répondre -