23 - 10
2011
-

Pitch.
Les 5 derniers mois de vie commune forcée entre Michael, un agent d'assurances pédophile de 35 ans, et Wolgang, un petit garçon de 10 ans, que l'adulte séquestre dans la cave de sa maison.
Ce film, bien qu'autrichien, m'a immédiatement fait penser au nouveau cinéma allemand, dit de l'Ecole de Berlin, cinéma comportementaliste glacé, clinique, prenant appui sur les détails matériels du quotidien, sur les rituels ordinaires de la vie domestique où aucun plan n'est gratuit dans son apparente banalité : il ouvre la porte, il ferme la porte, la première porte capitonnée, celle qu'on montre à l'écran, en premier lieu, qui interpelle le spectateur, pourquoi ce type de porte dans un modeste pavillon de banlieue? L'escalier conduisant à une cave et cette seconde porte dont le propriétaire, Michael, va bidouiller une combinaison codée dans un placard, puis dévérouiller une porte blindée bleu pâle comme la couleur de la layette pour les garçons. Ces gestes, Michaël va les refaire en boucle tout au long du film avec quelques menues variantes dont une infime qui va permettre une ouverture, au propre et au figuré, vers l'issue du récit.
Cette descente à la cave est une descente aux enfers pour le petit garçon derrière la porte et aussi le spectateur derrière l'écran, qui, très vite, n'en peut plus de ce que (de manière très avisée) le film ne montre pas mais suggère de manière crue et sobre : l'homme lave son pénis dans un lavabo, l'homme, allongé sur le lit du petit garçon prisonnier, regardant sa victime faire le ménage avec des gestes obscènes discrets, un regard lubrique pâle sans ambiguité, l'homme en train de visionner des vidéos porno dans son salon à l'étage dont le spectateur n'entend que le son, car c'est lui, son visaqe jubilatoire qu'on filme, avec la crainte que la vidéo ne donne l'idée à cet homme de redescendre abuser du petit garçon à la cave. Etc...
Le film "Michael" raconte la morne double vie d'un employé des assurances, prénommé Michael, taciturne, ambitieux, il convoite la place d'un des sous-chefs de la compagnie d'assurances, pas sympa mais aimable au travail. C'est l'observation du criminel et non pas de sa victime qui est l'angle original du film. On démarre sur l'homme garant sa voiture le soir après le boulot, garage attenant à l'entrée du pavillon, rangeant son marché, rien que des vivres et objets de tous les jours sauf ces petits déjeuners pour enfants. Car l'habileté du scénario et sa monstruosité blanche est d'avoir choisi un homme ordinaire, "comme tout le monde", qui, au delà des abus sexuels qu'il lui inflige, ne maltraite pas l'enfant qu'il maintient prisonnier dans sa cave dans le sens où il le nourrit, le coiffe, l'emmène se promener dans un parc. Seuls quelques indices vont dans le sens du psychopathe urbain, l'homme a des bouffées d'agressivité, perd patience pour un rien, obsédé de ménage, de récurage, il lave, il nettoie compulsivement, en demande autant à l'enfant. Quelques événements trouent cette existence socialement au dessus de tout soupçon : renversé par une voiture, l'homme est hospitalisé, le spectateur tremble à l'idée que le petit garçon est enfermé sans nourriture dans la cave, l'homme part aux sports d'hiver avec des collègues jouer le jeu pour eux d'aimer les femmes, etc...
Les 5 derniers mois de vie commune forcée entre Michael, un agent d'assurances pédophile de 35 ans, et Wolgang, un petit garçon de 10 ans, que l'adulte séquestre dans la cave de sa maison.
Ce film, bien qu'autrichien, m'a immédiatement fait penser au nouveau cinéma allemand, dit de l'Ecole de Berlin, cinéma comportementaliste glacé, clinique, prenant appui sur les détails matériels du quotidien, sur les rituels ordinaires de la vie domestique où aucun plan n'est gratuit dans son apparente banalité : il ouvre la porte, il ferme la porte, la première porte capitonnée, celle qu'on montre à l'écran, en premier lieu, qui interpelle le spectateur, pourquoi ce type de porte dans un modeste pavillon de banlieue? L'escalier conduisant à une cave et cette seconde porte dont le propriétaire, Michael, va bidouiller une combinaison codée dans un placard, puis dévérouiller une porte blindée bleu pâle comme la couleur de la layette pour les garçons. Ces gestes, Michaël va les refaire en boucle tout au long du film avec quelques menues variantes dont une infime qui va permettre une ouverture, au propre et au figuré, vers l'issue du récit.
Cette descente à la cave est une descente aux enfers pour le petit garçon derrière la porte et aussi le spectateur derrière l'écran, qui, très vite, n'en peut plus de ce que (de manière très avisée) le film ne montre pas mais suggère de manière crue et sobre : l'homme lave son pénis dans un lavabo, l'homme, allongé sur le lit du petit garçon prisonnier, regardant sa victime faire le ménage avec des gestes obscènes discrets, un regard lubrique pâle sans ambiguité, l'homme en train de visionner des vidéos porno dans son salon à l'étage dont le spectateur n'entend que le son, car c'est lui, son visaqe jubilatoire qu'on filme, avec la crainte que la vidéo ne donne l'idée à cet homme de redescendre abuser du petit garçon à la cave. Etc...
Le film "Michael" raconte la morne double vie d'un employé des assurances, prénommé Michael, taciturne, ambitieux, il convoite la place d'un des sous-chefs de la compagnie d'assurances, pas sympa mais aimable au travail. C'est l'observation du criminel et non pas de sa victime qui est l'angle original du film. On démarre sur l'homme garant sa voiture le soir après le boulot, garage attenant à l'entrée du pavillon, rangeant son marché, rien que des vivres et objets de tous les jours sauf ces petits déjeuners pour enfants. Car l'habileté du scénario et sa monstruosité blanche est d'avoir choisi un homme ordinaire, "comme tout le monde", qui, au delà des abus sexuels qu'il lui inflige, ne maltraite pas l'enfant qu'il maintient prisonnier dans sa cave dans le sens où il le nourrit, le coiffe, l'emmène se promener dans un parc. Seuls quelques indices vont dans le sens du psychopathe urbain, l'homme a des bouffées d'agressivité, perd patience pour un rien, obsédé de ménage, de récurage, il lave, il nettoie compulsivement, en demande autant à l'enfant. Quelques événements trouent cette existence socialement au dessus de tout soupçon : renversé par une voiture, l'homme est hospitalisé, le spectateur tremble à l'idée que le petit garçon est enfermé sans nourriture dans la cave, l'homme part aux sports d'hiver avec des collègues jouer le jeu pour eux d'aimer les femmes, etc...
Il y a une scène terrible dans ce film où Michael qui vient de visionner une vidéo libertine mime, mi-plaisantant mi-menaçant, la scène pour Wolgang sur le thème de savoir s'il préfère être pénétré avec son sexe ou avec une arme blanche et le petit garçon répond sans hésiter qu'il préfère "le couteau", la mort. Car des scènes oppressantes, révoltantes, dans ce train-train banalisé des rituels du pédophile avec sa proie qu'il traite correctement (ça pourrait être pire!), il y en a légion. Second exemple au delà du supportable : un beau jour, Michael emmène Wolgang acheter deux lits superposés, lui demande de l'aider au bricolage pour les installer dans la cave, on n'ose croire aux projets de Michael... et pourtant... l'homme va ensuite placidement "faire son marché" dans un bowling, accoster un gamin de l'âge de Wolgang qu'il tente de séduire...
Il y a une volonté drastique de ne pas porter de jugement moral mais de montrer, pire, de ne pas montrer (sauf avant et après les abus sexuels sur l'enfant), les actes de manière factuelle et ces objets de consommation qui disent tout en un plan. Le film est très fort, c'est un choc blanc pour le spectateur qui ne peut s'empêcher d'espérer la mort du bourreau ; quelques indices comme l'oncle d'une collègue de bureau qui habite en face de chez Michael lui donnent de l'espoir, mais c'est trop facile, le film est d'une cruauté mate, par défaut, rarement atteinte au cinéma. Ce que le film ne montre pas au spectateur est aussi ce que Michael cache de sa vie privée à la société, ce qui va très loin dans le portrait d'un criminel ordinaire, parfaitement inséré socialement, professionnellement, le monstre débordant de normalité qui peut sommeiller dans chaque voisin ou collègue de bureau...
Il y a une volonté drastique de ne pas porter de jugement moral mais de montrer, pire, de ne pas montrer (sauf avant et après les abus sexuels sur l'enfant), les actes de manière factuelle et ces objets de consommation qui disent tout en un plan. Le film est très fort, c'est un choc blanc pour le spectateur qui ne peut s'empêcher d'espérer la mort du bourreau ; quelques indices comme l'oncle d'une collègue de bureau qui habite en face de chez Michael lui donnent de l'espoir, mais c'est trop facile, le film est d'une cruauté mate, par défaut, rarement atteinte au cinéma. Ce que le film ne montre pas au spectateur est aussi ce que Michael cache de sa vie privée à la société, ce qui va très loin dans le portrait d'un criminel ordinaire, parfaitement inséré socialement, professionnellement, le monstre débordant de normalité qui peut sommeiller dans chaque voisin ou collègue de bureau...
Note CinéManiaC :
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Mots-clés : avant-Premières, cinéactuel, cinéma autrichien, Michael, Markus Schleinzer



























Commentaires
"Michael" ... Simply the best!
"Michael" ... Simply the best! Great and Amazing!
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Business Entrepreneurs - 08.11.11 à 13:12 - # - Répondre -
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Dave @ Van Hire
Dave Stevens - 15.11.11 à 19:44 - # - Répondre -
← Re:
Merci pour votre commentaire et vos encouragements.
vierasouto - 02.12.11 à 04:04 - # - Répondre -
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Lynx Fried - 24.11.11 à 01:41 - # - Répondre -
← Re:
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vierasouto - 02.12.11 à 04:12 - # - Répondre -
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norman - 05.03.12 à 11:06 - # - Répondre -
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caydenmiller - 02.05.12 à 07:47 - # - Répondre -
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The film is very strong, it's a shock to the white audience who can not help hoping the death of the executioner; some clues as the uncle of a co-worker who lives across from Michael give hope, but it's too easy, the film is a CRUA Online pharmacy buy.
John - 15.05.12 à 19:30 - # - Répondre -