24 - 07
2008
-

cycle de cinéma japonais sur le net, été 2008
En répondant à une discussion suite à un article du blog Wildgrounds sur la diffusion du cinéma japonais en France, dans le cadre du cycle sur le cinéma japonais sur le net en ce mois de juillet, auquel je participe modestement (étant absente début juillet, je continuerai de mon côté un peu en aout à publier des critiques de films japonais), m'est revenu en mémoire le premier festival du cinéma contemporain japonais à Paris auquel j'avais assisté partiellement et par hasard en 2006 un après-midi de novembre... Ayant laissé passer la seconde édition, voilà que le blog Glop?ou pasGlop?.. assistait au festival Kinotayo 2007... et on peut donc reconstituer l'événement...
Je transfère donc mes notes de l'époque sur ce blog... (27 novembre 2006)

Je suis allée faire un petit tour au premier festival du film Japonais organisé en France, surtout à Paris, mais aussi à Lyon et Pau, du 21 au 25 novembre 2006 : Kinotayo, le film japonais à l'heure numérique. J'ai commencé mon après-midi avec "The Whispering of the gods" et j'ai enchaîné avec "Love hotels", deux films diamétralement opposés, le premier esthétique et transgressif, le second ludique et parodique.
"The Whispering of the gods" de Tatsushi Omori

Voilà le film type dont on prévenait que des scènes pouvaient heurter... Une précaution, qui, j'en ferai l'expérience, n’est pas de trop… Un jeune meurtrier se réfugie dans un monastère et va trouver le chemin de la foi en défiant Dieu par l’exécution d’un certain nombre de perversions à l’encontre son entourage. Dans la première partie du film, la priorité est à la beauté des images, assez éblouissantes dans leur sobriété monacale, comme la multiplication de ces croix en bois dans un cimetière sous la neige et les silhouettes des deux personnages au loin formant eux-mêmes une croix. Après une initiation sexuelle par une jeune fille qui lui dira quand ils ont terminé « fais-moi mal » pour la suite qu’on ne verra pas, l’image étant alors coupée là, ce qui donne un effet très puissant aux conséquences de cette demande, le jeune homme va emprunter son chemin de perversions. Si les corps sont représentés comme des statues de marbre blanc, la terre, la boue, est filmée de façon beaucoup plus sensuelle sans doute comme l’élément du péché. Je suis moins enthousiaste pour la seconde partie du film avec des séquences assez pénibles à supporter, notamment une scène de zoophilie qui m’a fait totalement oublier la beauté de la réalisation du film, trop dérangée par la représentation à l'écran pour apprécier les images. En conclusion, un réalisateur très doué, des images superbes au service d’un sujet trop ostensiblement transgressif pour susciter l’adhésion, à suivre donc pour son prochain film…
«Love hotels» de Ryotaro Muramatsu

Un film très jeune génération numérique avec une esthétique à la fois pub, clip géant, jeux vidéo, BD, un peu toutes ces influences mélangées et une bonne dose d’auto-dérision et d’humour. Démarrant d’une scène chorale avec une bande de copains dans un café qui parlent d’amour, scène sur laquelle on revient, le film est découpé en petites histoires… Histoire de Suzuko, le doux optimiste, histoire de Sachi et Taku, etc… Tous étant plus au moins clients ou travaillant dans un love hotel, établissements courants au Japon. La dernière histoire, la plus déjantée et la plus drôle, étant celle d’une jeune fille venant d’hériter à la mort de son père d’un Love hotel qu’elle gère avec le plus grand sérieux. Le thème commun à toutes ces histoires est la dissociation des sentiments et de la sexualité, avec une phrase à la clé «ce qui ne commence pas ne peut pas finir». Chaque histoire a son esthétique, ses couleurs, sa musique, ce qui n’empêche pas le réalisateur d’insérer de nombreuses fantaisies dans la forme : de temps en temps, un panneau avec un commentaire sur la situation « déjà vu », « irritation », confusion », comme des notes en bas de pages, ou les plans réitérés d’un aquarium, ou encore des arrêts sur image comme on mettrait la touche pause sur son magnétoscope, etc… Pour l’histoire finale, on est proche dans la parodie, avec une esthétique stylisée, ludique, voyante, fluo, pleine de gadgets, un univers plus proche de la BD que du cinéma mais c’est aussi la partie la plus amusante à regarder. La jeune fille avec ses chaussettes multicolores, son sweat Adidas, ses lunettes sur le nez, son téléphone habillé comme une poupée, surveillant les allées et venues dans les chambres depuis le standard de l’hôtel, est le prototype de la jeune fille sage occidentalisée noyée dans l’hyperconsommation mais conservant les principes de la tradition. Un film inventif, jeune et drôle, assez surprenant, par un jeune réalisateur.
Site Officiel du festival Kinotayo...

Présenté aussi pendant le festival, "Loft" de Kiyoshi Kurosawa, réalisateur plus connu des spectateurs français, sortira en salles en janvier 2007.
Ecrit par vierasouto sur CinéManiaC/Allociné le 27/11/2006
Mots-clés : CinéFestival, Kinotayo1, cinéma asiatique, cinéma japonais été 2008, The Whispering of the gods, Love hotels


























→ plus de commentaires