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Robert Mapplethorpe, Hervé Guibert, artistes météores et multiformes : un livre, un documentaire...

CinéCinéma Club, diffusion 26 novembre 2010



13 - 11
2010
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Je viens de finir le livre infiniment sensible et pudique de Patti Smith "Just kids" qui raconte, comme elle le lui avait promis avant sa mort, son histoire d'amour fusionnelle avec le photographe Robert Mapplethorpe, icône underground de la scène New-Yorkaise, victime du SIDA, disparu en 1989. Par hasard, j'ai regardé presque dans la foulée un documentaire inédit sur Hervé Guibert qui sera programmé sur CinéCinéma le 26 novembre à l'occasion d'une soirée spécial Guibert. Hervé Guibert, mort également du SIDA à peu près à la même période (1991) m'a apparu soudain comme ayant pas mal de points communs avec Robert Mapplethorpe et, en premier lieu, leur trajectoire de météores prodiges trop beaux, trop doués, trop sensibles, fauchés par une agonie en forme de chemin de croix mais demeurés ensuite figés dans une sorte d'éternelle jeunesse, d'ailleurs tous deux avaient la prémonition qu'ils mourraient jeunes. En commun, au delà de leur passion pour l'image, leur travail de photographe, cette notion d'artiste total qui s'applique aux deux hommes : ayant utilisé tous les moyens d'expression, l'écriture, la photo, le cinéma
, se mettant souvent eux-mêmes en scène dans leurs oeuvres. Autre point commun, bien qu'étant tous les deux homosexuels, leur relation complexe et jumelle avec des femmes aimées, pour le premier Patti Smith, pour le second Isabelle Adjani.

On n'imagine pas à quel point Patti Smith nous fait découvrir un Robert Mapplethorpe à mille lieux de son image sulfureuse, conséquence des photos scandaleuses qui ont fait longtemps sa renommée, mettant en scène les pratiques SM les plus extrêmes et souvent lui-même dans ses compositions dont Patti Smith explique bien qu'il voulait faire ce que personne n'avait jamais fait avant lui dans tous les domaines. Patti Smith nous fait aimer aussitôt ce Mapplethorpe romantique, ludique, protecteur, éperdu d'amour, ayant trouvé en Patti Smith, provinciale naïve débarquée à New York, son double, son alter ego, partageant avec elle les moindres gestes de leur démarche artistique longtemps commune, mêlée. Comme le dira le mari de Patti Smith après que leurs chemins aient divergé, quand RM prend Patti Smith en photo (et cela jusqu'aux dernières années de sa vie), on ne sait pas comment il se débrouille mais sur la photo, c'est toujours à lui qu'elle ressemble.


      
Robert Mapplethorpe (autoportrait, 1980)   / Hervé Guibert dans les années 80


Hervé Guibert n'a pas eu la chance d'avoir connu une Patti Smith pour le raconter mais le documentaire "Guibert cinéma" fait parler les femmes qui l'ont aimé : la fameuse critique de cinéma Yvonne Baby qui lui avait donné sa chance dans "Le Monde" pour écrire des critiques d'expos de photo et de cinéma, l'ancienne directrice du musée Grévin, lieu où il démarre ses premières photos, où il se met en scène avec des mannequins du musée, la directrice d'une galerie où HG exposait ses photos. Recalé à l'Idhec à son arrivée à Paris, Hervé Guibert, dont on a l'impression qu'il était plus attiré par le cinéma que par la littérature, est finalement absorbé par l'écriture. 
Isabelle Adjani dont on entend seulement la voix pour témoigner dit que quand il prenait des photos, il écrivait encore... Adjani qui dans une interview tardive  confesse une relation géméllaire avec Hervé Guibert qu'elle a rencontré quand ils avaient tous les deux 20 ans. Pour Mapplethorpe, c'est un peu l'inverse, il vient à la photo tardivement, on l'y incite, on lui offre un appareil photo, il réalise aussi un film pour présenter une expo conjointe avec Patti Smith. Dans les deux cas, les deux artistes utilisent tous les moyens d'expression artistique et c'est le hasard de la vie et des rencontres qui vont les conduire à privilégier l'un d'entre eux.

Auteur de scénarios et de plusieurs romans (dont "Mes Parents"), prix du scénario à Cannes en 1983 avec Chéreau pour "L'Homme blessé", ayant écrit pour et avec Isabelle Adjani "La Liste noire", scénario parlant de sa vie à elle, ce qui finira par la faire fuir, le seul film réalisé par HG sera "La Pudeur ou l'impudeur" que CinéCinéma programme en début de soirée avant le documentaire. Un projet osé proposé à Hervé Guibert par Pascale Breugnot, productrice à TF1, pendant les deux dernières années de sa vie : avec un camescope, il accepte de se filmer, de mettre en scène les étapes de sa décrépitude imputable à la progression de la maladie qui l'affaiblit un peu plus tous les jours. La monteuse du film se souvient de son travail sur le film qui l'avait d'abord désorientée, puis dit que ce film a sans doute prolongé la vie d'Hervé Guibert ; le documentaire en montre d'ailleurs des extraits et pas toujours tragiques, il y a ces conversations avec ses tantes de 85 ans qu'il adore, qu'il a photographiées à ses débuts dans des drôles de postures, et des moments de répit comme ce voyage au bord de la mer à l'île d'Elbe.
"La Pudeur ou l'impudeur", film qu'il tourne quand il ne peut plus écrire, fait suite aux deux derniers livres d'Hervé Guibert "Le Protocole compassionnel" et "A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie" (où Adjani s'appelle Marine). 

On peut imaginer que si Adjani avait accepté "La Liste noire", le film d'Hervé Guibert qu'il comptait réaliser lui-même, sa trajectoire artistique aurait été plutôt celle d'un cinéaste, que si Patti Smith avait suivi Mapplethorpe à San Francisco, quand il la suppliait de ne pas le quitter, elle ne serait jamais devenue une rock star et lui n'aurait peut-être pas été photographe, ensemble,  ils auraient auraient fait de la poésie, peint et réalisé des tableaux, des collages, des installations artistiques. Que de tristesse contenue chez ces témoins qui n'ont rien oublié. Mais, si le livre de Patti Smith nous fait entrer dans l'intimité de Robert Mapplethorpe, le documentaire, lui, semble davantage un survol de la personnalité d'Hervé Guibert, comme quoi l'image montre souvent moins que la littérature qui ne montre rien mais l'infini des possibles... 


       
Patti Smtih et Robert Mapplethorne dans les années 70


      
Adjani photographie par Guibert   / Hervé Guibert à la fin des années 70


"Just kids" de Patti Smith, édtions Denoël (vient de paraître)
site officiel Robert Mapplethorpe...
autres photos et grande interview de Patti Smith sur Interviewmagazine.com....

Soirée Guibert Cinéma sur CinéCinéma Club le 26 novembre 2010
21h "La Pudeur ou l'impudeur"
22h05 Guibert Cinéma : documentaire inédit d'Anthony Doncque

Le documentaire sera également présenté le 24 novembre à 20h à la mairie de Paris... 

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Mapplethorpe

Bonjour, je voulais savoir si quelqu'un en savait un peu plus sur R. Mapplethorpe. J'ai un travail à rendre sur lui et ça m'aiderait beaucoup si on pouvait m'en apprendre un peu plus sur lui ou si on me donnait des moyens pour mieux connaître sa vie, les scandales et censures qu'il a connues etc. Merci!

Anna - 08.04.11 à 16:27 - # - Répondre -

Re: Mapplethorpe

Bonjour!
Je me suis basée sur le livre de Patti Smith qui l'a perdu de vue dans les années 80, époque des scandales qu'on suscité certaines de ses photos. Je pense qu'il faut aller chercher de la doc du côté des galeries d'art et des musées à NY. Bon courage!

vierasouto - 11.04.11 à 04:18 - # - Répondre -

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