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"Trapèze" et Guêpier pour 3 abeilles" : Burt Lancaster, le troisième trapèziste, "Volpone" selon Manckiewicz

Carol Reed, 1956, Joseph Manckiewicz, 1967, sortie DVD 25 février 2010



19 - 02
2010
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La collection "Les Introuvables" de Wild side vidéo comporte souvent des joyaux, comme  récemment "Criss-Cross" de Robert Siodmak ou "The Offence" de Sidney Lumet et bientôt un must : "La Valse dans l'ombre" (Vivien Leigh et Robert Taylor). Cette fois-ci, j'ai testé deux des quatre DVD sortant le 25 février et la pêche est moins miraculeuse... Un ancien grand succès de Carol Reed, produit et interprété par Burt Lancaster, tourné à Paris, et l'avant-dernier film de Mankiewicz avant "Le Limier", "Guêpier pour trois abeilles", se passant à Venise. Bon! c'est toujours intéressant de compléter son panorama de films moins connus de grands réalisateurs...

   

"Trapèze" de Carol Reed (1956)


A l'initiative de Burt Lancaster,"Trapèze" réalisé par Carol Reed, est plutôt une commande, l'acteur intervenant beaucoup, produisant lui-même le film. Burt lancaster, ancien trapéziste, avait dû interrompre sa carrière pour cause de blessure. Le héros du film aussi, la première scène avant le générique montre la chute de Mike Ribble qui venait d'exécuter un triple saut, sa spécialité. De voltigeur, Ribble devient éclairagiste au cirque Bouglione, c'est la chute dans tous les sens du terme...


photo Wild side vidéo

Quand des années plus tard, débarque au cirque Bouglione, Tony Orsini, un jeune trapéziste surdoué venu exprés des USA sur les conseils de son père, afin que Mike Ribble accepte de lui enseigner l'art du triple saut. Après quelques hésitations, Ribble accepte, il sera le porteur et Tony le voltigeur, son numéro d'exception va connaître une seconde vie. Mais c'est compter sans l'ambitieuse Lola prête à tout pour être dans la lumière. D'abord, la belle pas farouche plaque ses partenaires d'origine, ensuite, elle s'impose au directeur du cirque, qu'elle convainc qu'un peu de glamour dans le numéro de Ribble et Orsoni ne gâchera rien, puis, elle séduit Tony alors qu'elle est davantage attirée par Mike.

Le choix de Gino Lollobrigida est un handicap pour le film, si elle est magnifique comme une super-poupée italienne avec une taille de guêpe et un du corps satiné tout en courbes affriolantes dans ses tenues en lamé ou or, elle joue étonnamment faux. Dommage, le tandem Burt lancaster et Tony Curtis fonctionne. Le sujet du film, en réalité l'univers du cirque, comporte un volet d'intrigue amoureuse banale n'ayant finalement pas d'autre but que de revenir au cirque, le question étant : est-ce que la passion du trapèze va avoir le dessus sur les trahisons et jalousies autour de l'unique femme que les deux hommes se partagent? Bien entendu, un sous-entendu d'homosexualité flotte sur le vrai couple du film : Mike et Tony même si, sagement, l'un d'eux repartira  avec Lola, bras dessus, bras dessous.

  
photos Wild side vidéo

Spécialiste des ambiances, le réalisateur du "Troisième homme", malgré le sujet imposé, offre des belles scènes de numéros de trapèze qui donnent parfois le frisson sur une musique entêtante. L'atmosphère du cirque avec son lot de cruauté, d'ambitions déçues, de résignation, l'ancienne fiancée de Mike qui l'aime toujours, mariée à un dresseur de chevaux pour lequel elle n'arrive plus à faire son numéro, le nain, les animaux enfermés dans des cages à la fois fragilisés et encore dangereux, le directeur du cirque obsédé de recettes et d'entrées.

Le film a été tourné à Paris en partie dans le cirque d'hiver à Paris. Contrairement aux consignes des assurances, Burt Lancaster fera lui-même les numéros au trapèze, passionné par ce film qui fut d'ailleurs à sa sortie un immense succès. Aujourd'hui, le film se regarde un peu comme un document sur l'époque, sur les protagonistes, pas un chef d'oeuvre mais un vraie qualité dans la réalisation.

DVD Wild side vidéo, collection "Les Introuvables". Bonus "Sous le châpiteau de Carol Reed" de Christian Viviani. Sortie le 25 février 2010.



"Guêpier pour 3 abeilles" de Joseph Manckiewicz (1967)


Après le traumatisme de "Cléopâtre" avec le couple diabolique Burton/Taylor, un tournage dont Manckiewicz ne se remettra jamais vraiment, il attaque une pièce de théâtre anglaise se passant à Venise, "Volpone", qu'il réinvente dans ce "Guêpier pour 3 abeilles". Le film démarrant sur une représentation privée du vrai "Volpone" pour un unique spectateur : le raffiné milliardaire Cecil Fox.


photo Wild side vidéo

Enfermé dans son palais vénitien, Cecil Fox engage un acteur raté pour tenir un rôle spécial : l'aider à monter une imposture auprès de trois ex-femmes de sa vie. A chacune, on informe par lettre que
Cecil Fox est agonisant... Bien que les trois femmes mènent grand train, Fox spécule sur leur cupidité, elles viendront en espérant l'héritage... C'est bien ce qui se passe, arrivent trois prototypes d'emmerdeuses fortunées : l'actrice de cinéma dont Fox a fait une star à Hollywood, l'épouse compassée d'un aristocrate et une fille de fermier devenue une virago richissime grâce à la pension alimentaire de Fox, son ancien mari.

Coup de théâtre : la virago texane est assassinée... Virage du film, qui s'octroie une intrigue policière tout en restant incroyablement bavard et théâtral, ce qui diminue considérablement le suspense tant on est noyé sous les monologues de Rex Harrison et les dialogues prenant toute la place.


photo Wild side vidéo

En écoutant le bonus du DVD, il semble que ce film, qui durait 2h30 au départ, puis, réduit à 1h30, ait été amputé de deux sortes de scènes, primo, celles encore plus théâtrales d'appartés face caméra ou en voix off, deuxio, celles oniriques de trois flash-backs sur les trois femmes de Cecil Fox expliquant la génèse de leurs love affairs
. Hormis une toute petite scène isolée du policier menant l'enquête (qu'on voit dans sa famille visant le poste de TV avec son arme, rapide procès de la télévision par un réalisateur qui abhorre la modernité), une scène dépareillée de l'ensemble, la suppression de ces flash-backs avec des images de cinéma, autres que de filmer des dialogues et des situations vaudevillesques, est un grand manque.

Pour amateurs du genre, personnellement, le théâtre au cinéma n'est pas ma tasse de thé et je suis passé à côté du film, les acteurs comme Rex Harrison ou Susan Hayward, n'étant pas non plus au mieux. Seule Maggie Smith, dont le rôle s'étoffe au fur et à mesure du récit, est convaincante.

DVD Wild side vidéo, collection "Les Introuvables". Bonus, la présentation du film par Patrick Brion et Pascal Mérigeau. Sortie le 25 février 2010.

2 autres titres sortent également le 25 février dans "Les Introuvables" de Wild side vidéo : "Paris Blues" de Martin Ritt (1961) et "Qu'as-tu fait à la guerre Papa?" (1966) de Blake Edwards.

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Note : 2.9/5 (8 notes)



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Jo Leo en mode léger

Un commentaire un peu sévère pour l'un des rares films primesautiers de l'acide Mankiewicz bien que tous ses thèmes de prédilection y apparaissent, à commencer par la lutte de classes, maîtres et valets, riches et plus démunis, malins et malins et demi (plus la parfois méchante misogynie de ce cinéaste qui fut un grand séducteur mais les deux ne sont pas toujours incompatibles). J'ai toujours vu ce film comme une mise en bouche préparatoire à l'ultime chef d'oeuvre de Mankiewicz, "Le limier". Certes, Rex Harrison cabotine (comme souvent) mais il est bien entouré. Maggie Smith apporte sa classe naturelle british, Capucine sa classe naturelle tout court et puis il y a Cliff Robertson, grand acteur que son physique de héros de série télévisée classique a fait sous-estimer. J'oubliai aussi la superbe musique de John Addison à qui l'on devait déjà celle du "Rideau déchiré" d'Hitchcock et qui composera à nouveau pour "Le limier".

Pierre - 19.02.10 à 23:01 - # - Répondre -

Re: Jo Leo en mode léger

C'est vrai que j'ai du mal avec les pièces (hyper)théâtrales et si j'ai bien compris on a supprimé les scènes plus cinématographiques de flash-backs. En effet, Rex Harrison est lourd, ce one man show surjoué ne passe plus de nos jours... J'ai bien pensé aussi que c'était une préparation en qq sorte du "Limier". Mais un film amputé d'un heure, c'est un peu normal qu'il y ait qq chose qui cloche... Merci pour ces précisions sur l'acteur Cliff Robertson que je ne connaissais pas mais qui a un jeu nettement plus moderne.

vierasouto - 20.02.10 à 06:11 - # - Répondre -

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