Nuit Kurosawa sur Ciné+ Classic : le doc « Kurosawa, la voie », Cannes Classics, + 2 films

diffusion Ciné+ Classic vendredi 30 septembre 2011
       


La soirée de vendredi 30 septembre est consacrée, sur Ciné+ Classic, à un des maîtres incontestés du cinéma japonais, Akira Kurosawa. A ceux qui ne voyaient dans ses films que des films d’action, 11 cinéastes d’aujourd’hui donnent leur vision de Kurosawa à la demande de Catherine Cadou, sa fidèle traductrice pendant 15 ans, qui fêtait en 2010 l’anniversaire où le réalisateur aurait eu 100 ans. Le doc « Kurosawa, la voie » fut présenté au 64° festival de Cannes dans la section Cannes Classics.
 


Akira Kurosawa et Catherine Cadou (photo Chris Marker)
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Parmi les onze cinéastes qui revendiquent l’influence de Kurosawa, le témoignage de John Woo n’est pas le moins touchant qui demande systématiquement à son chef-opérateur et son chorégraphe, quel que soit le type de film qu’il réalise, de regarder auparavant « Les 7 Samouraïs ». Il insiste sur la dimension humaine et émotionnelle des scènes de bataille chez Kurosawa. La plupart des réalisateurs vont d’ailleurs citer « Les 7 Samouraïs » (1954) comme modèle. Martin Scorsese, recruté par le maître en qualité d’acteur dans « Rêves » (1990), se souvient de sa précision, de sa méticulosité, on a dit de lui « méticuleux comme un démon, audacieux comme un ange ». Scorsese parle de son film préféré « Vivre » (1952) qui l’a fait voir le monde autrement, « Vivre » qu’Iñárritu a retenu pour sa dimension sociale, filmer la superficialité dans un Japon dévasté. Question western, Clint Eastwood intervient, parle de la version western de « Yojimbo » (1961), lui-même inspiré de « La Moisson rouge » de Dashiell Hammett, réalisée par Sergio Leone (« Pour une poignée de dollars »). La définition du western selon Eastwood est piquante, un type qui vient de « nowhere » et qui va « somewhere », un procédé « qui marche »…
Lion d’or en 1951 avec « Rashomon », Kurosawa est étonné, ne sachant pas que son film était présenté à Venise. C’est son 11ième film, il a 41 ans et a débuté par « La Légende du grand judo » (1943), un film sur une démarche à la fois sportive et intérieure. Abbas Kiarostami insiste sur la manière qu’a Kurosawa dans ce film de filmer les spectateurs en réaction (regards, réactions) au lieu de ne montrer que l’action. Le documentaire démarre sur une interview de Bernardo Bertolucci, président du festival de Cannes en 1990 lors de l’hommage à Akira Kurosawa qui ne dira pas grand chose en remerciant, lui qu’on appelait « l’homme de peu de mots ». La réalisatrice Julie Taymor compare Kurosawa à Shakespeare, chez les deux, on ne sait pas si les personnages sont bons ou mauvais, elle parle de Toshiro Mifune, un homme qu’elle a aimé,

l’acteur fétiche de Kurosawa, notamment dans « Les Salauds dorment en paix » (1960), relecture de « Hamlet ». Ce qui frappe Julie Taymor, Alejandro González Iñárritu ou Theo Angelopoulos, c’est la multiplication des points de vue, des angles, la perspective, dans le cinéma de Kurosawa, où est la vérité? Tournant « Rêves » à 80 ans, le réalisateur avait déclaré « à 80 ans, on devient libre ». Comme il a toute sa vie expérimenté toutes les formes de cinéma, cherchant sans cesse des façons différentes de filmer, Theo Angelopoulos pense qu’aujourd’hui, il réaliserait un film en 3D. 

Les onze cinéastes intervenant dans le doc
De New York à Tokyo en passant par Los Angeles, Séoul, Pékin, Rome, Londres et Paris :
Bernardo Bertolucci, Julie Taymor, Theo Angelopoulos, Alejandro González Iñárritu, Abbas Kiarostami, Shinya
Tsukamoto, Hayao Miyazaki, John Woo, Martin Scorsese, Clint Eastwood, Bong Joon-ho

NB : les informations ci-dessous sur les 3 films de Kurosawa sont extraites du dossier de presse :

« CHIEN ENRAGÉ » 1949
Sous prétexte d’une intrigue policière, Kurosawa réalise un
grand film néoréaliste : le tableau noir et impressionnant du
Japon d’après-guerre avec ses blessures, ses traumatismes et
surtout ses victimes.
Tokyo, un jour d’été torride de l’après-guerre. Dans un tramway
bondé, Murakami, un jeune policier, se fait voler son arme. Il
présente immédiatement sa démission à son supérieur, le
commissaire Sato, qui la refuse. Ensemble, ils entament une enquête
pour tenter de retrouver l’arme avant qu’il ne soit trop tard. Mais, très
vite, le revolver fait ses premières victimes.
Fiche du film :
1949, Japon – 115′ – VOST
Policier
De Akira Kurosawa avec Toshiro Mifune, Takashi Shimura, Isao
Kimura.

« DODES’KADEN » 1970
Explorant l’envers du décor d’un Japon en plein boom
économique, Kurosawa se montre des plus cinglants vis-à-vis
de cette société vouée au matérialisme.
Très critique vis-à-vis de la société nippone, « DODES’KADEN » n’en est
pas moins un film souvent émouvant et parfois très drôle. Ce premier
film en couleurs de Kurosawa – tourné en vingt-huit jours – est adapté
d’un ouvrage de l’écrivain Shugoro Yamamoto, dont l’oeuvre l’avait
déjà inspiré pour « SANJURO » et « BARBEROUSSE ».
Fiche du film :
1970, Japon – 135′ – VOST
Comédie dramatique
De Akira Kurosawa avec Zushi Yoshitaka, Kin Sugai, Junzaburo Ban.
Un jeune homme mentalement attardé conduit un tramway
imaginaire à travers un quartier défavorisé. Sa route croise celles
d’un modeste employé persécuté par sa femme, d’ouvriers
alcooliques, d’une fille de 15 ans violée par son oncle au chômage ou
encore d’un clochard et de son fils qui ont élu domicile dans une
carcasse de voiture.

« BARBEROUSSE » 1965
Exploration des tréfonds du désespoir et de la misère, un film
d’une grande richesse psychologique et humaine.
En apprenant à secourir les autres et en leur consacrant énergie et
dévouement, c’est eux-mêmes que sauvent les personnages de
« BARBEROUSSE ». Deux années de tournage furent nécessaires à la
réalisation de cette ambitieuse saga, le dernier film à réunir Kurosawa
et Mifune.
Fiche du film :
1965, Japon – 170′ – b – VOST
Comédie dramatique
De Akira Kurosawa avec Toshiro Mifune, Yuzo Kayama, Kyoko
Kawaga.
A la fin de ses études, le jeune Noboru Yasumoto, désormais diplômé
de médecine, revient à Edo où il espère entamer une brillante
carrière. Sa déception est grande quand il se voit nommé au côté du
docteur Kyojo Niide, surnommé Barberousse. Autoritaire et coléreux,
ce dernier est pourtant unanimement respecté. Ce médecin a
consacré sa vie aux pauvres, instaurant même dans l’hôpital qu’il
dirige une consultation gratuite. Yasumoto décide de pousser
Barberousse à le renvoyer.

Diffusion
sur Ciné+ Classic
NUIT KUROSAWA
Vendredi 30 Septembre

« DODES’KADEN » à 20h40
« KUROSAWA, LA VOIE » à 22h55
de Catherine Cadou (2010)
« BARBEROUSSE » à 23h45

+ samedi 24 Septembre à 22h30
« CHIEN ENRAGÉ »

* programmes disponibles aussi « à la demande » sur internet et TV

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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