« Paranoiac! » (« Paranoïaque ») : le fils prodigue

Freddie Francis, 1963

Un film des mythiques studios anglais Hammer, spécialisés dans l’horreur (notamment avec le personnage de Dracula : « Le Cauchemar de Dracula », 1958, « Les Maîtresses de Dracula », 1960, « Dracula, prince des ténèbres », 1965, de Terence Fisher), qui livrent là avec « Paranoiaque » en 1963 un thriller lorgnant plutôt du côté d’Hitchcok matiné d’un brin d’épouvante, réalisé par Freddie Francis (il réalisera ensuite ‘ »Dracula et les femmes », 1968)
Après la mort de ses parents dans un crash d’avion onze ans plus tôt, Simon Ashby, jeune homme cruel mentalement pertubé, vit avec sa tante Harriett et sa soeur Eleanor qu’il essaye de faire passer pour folle afin de détourner sa part de leur énorme héritage. Lors de l’office funèbre d’anniversaire, un inconnu apparaît qui fait défaillir Eleanor, il ressemble comme un frère à Tony, leur plus jeune frère, qui s’est suicidé, en se jetant de la falaise, huit ans plus tôt.

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Une fausse infirmière, maîtresse de Simon, chargée de droguer sa soeur pour lui faire perdre pied, la tante Harriett pas pressée qu’elle guérisse non plus, Simon ivrogne, brutal, terrorisant les domestiques, le village, la soeur Eleanor vivant couchée dans sa chambre, l’ambiance parano est posée… Mais, terrifiée par cette vision de feu son frère Tony, Eleanor, à bout de nerfs, tente de se suicider en se jetant également de la falaise, elle est sauvée in extremis par le sosie de Tony ou Tony lui-même, on ne sait pas… Le film joue tout de suite sur le vrai et le faux, la fausse nurse trop séduisante en uniforme moulant, le frère prodigue qui se souvient de tout de son enfance ou presque, que sa soeur reconnaît aussitôt, que son frère Simon et leur tante Harriet rejetent trop catégoriquement comme un imposteur…
 


Très captivant durant un bon moment, le film se perd en excès d’effets et en complications de scénario, il en rajoute et cela produit l’effet inverse d’une banalisation des mauvaises actions de trop de monde, bref, il aurait gagné à faire plus simple car l’ambiance oppressante est diablement réussie. Ce qui est assez original, c’est l’irruption de l’amour néo-incestueux qui va  infléchir le cours de l’histoire que les protagonistes machiavéliques, escroquerie rajoutée au drame (c’est là où ça fait beaucoup), n’avaient pas prévu dans leur plan, Eleanor va tomber amoureuse de son frère Tony, la tante Harriett se révélant nourrir une passion macabre pour Simon, le frère psychotique…
Un bon moment de cinéma pour les amateurs de thrillers freudiens flirtant discrètement avec l’épouvante, malgré l’intrigue inutilement surchargée, on ne boude pas son plaisir, Oliver Reed dans le rôle de Simon inquiétant à lui tout seul.

Un document extrêmement complet surwww.cinemafantastique.net : Touuuut sur l’histoire des studios Hammer…

Vu sur TCM, rediff le vendredi 28 aout à 7h40.

 

Notre note

3 out of 5 stars (3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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