"Paranoïak" : mêmes les paranos ont des ennemis!

D.J. Caruso, 2007

sortie le 22 aout

 


Comme je suis affiliée à la plate-forme BlogBang où j’avais choisi de diffuser quelques pubs sur des films qui me semblaient intéressants, dont notamment « Paranoïak », présenté comme un remake de « Fenêtre sur cour » d’Hitchcock, film qui sort demain mercredi 22 aout en salles, j’ai été invitée à l’avant-première ce soir dans les meilleures conditions avec un beau carton d’invitation noir et blanc et sans file d’attente au Grand Rex à Paris, cool… Malheureusement, le film était en VF, sur le moment, j’ai cru, comme mes voisines, que je m’étais trompé de salle! Il a bien fallu se faire une raison…

Le film est une grosse machine issue des productions ciblées ados où tout est surligné de façon incroyablement voyante, chaque mouvement, chaque émotion, chaque situation, est accompagné d’une musique type, souvent assourdissante, pour danger, tristesse, amusement, etc… Le fils pousse la porte du bureau de son père mort, ambiance tamisée et petite musique douce, etc…

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Le film est divisé en 4 parties dont seule la dernière sera violente avec une explosion non stop de violence bien sage où tout le monde amoche tout le monde et les gentils sont sauvés, les méchants punis. Cette dernière partie démarre de rien car il n’y a aucun crescendo dans la violence, au contraire, avant, on s’amuse… C’est à dire qu’hormis l’intro avant le générique dans un style différent du reste du film mettant en scène un accident assez spectaculaire qui voit le fils face à son père tué sur le coup, accident dont il portera la culpabilité, les scènes vont se succéder avec un double objectif majeur : ne pas ennuyer le spectateur et le faire rire. Ainsi, les plans s’enchaînent en moins de temps qu’il ne faut pour le dire : K envoie un coup de poing dans la gueule de son prof d’espagnol, le plan suivant, il répond au tribunal. K fait des machines à laver en donnant des coups de pied dans la porte en accéléré pour ne pas lasser le spectateur, avec les gros plans des objets de consommation courante, écran de l’ordi, porte du frigo, etc… facilitant la lecture du film comme des icônes balisant l’histoire…

Shia LaBeouf
© Paramount Pictures France Galerie complète sur AlloCiné

 

 

 

Comme suite à son altercation avec son prof d’espagnol (pour de bonnes raisons… il lui avait parlé de son père), K se voit assigné à résidence. Oisiveté mode d’emploi, K se traîne de son ordinateur à la télé, de son Ipod au frigo, représentation réaliste de la nouvelle génération de la middle class américaine des banlieues lisses genre « Desperate housewives » abrutie de nourriture et de télécommandes. L’arrivée de nouveaux voisins dont une super bimbo va lui redonner le goût de vivre… Coincé chez lui par un bracelet à la cheville lui interdisant de dépasser les limites de son jardin, K va donc entreprendre une surveillance à la jumelle de la voisine et dans la foulée de tous ses voisins, y compris un type solitaire à mine patibulaire dont il n’avait jamais remarqué combien il s’échinait à être discret…

A ce moment du film, soit au 2/3, une piste scénaristique intéressante semble se dessiner. La lecture d’un atroce fait divers dans le journal avec la disparition d’une jeune femme sans doute enlevée par un serial killer texan, dont on connait les habitudes de congeler les cadavres de ses victimes, va titiller l’imagination de K, son seul moyen d’évasion : et si c’était lui le coupable, le voisin solitaire qui possède d’ailleurs, d’après les infos, une voiture de la même marque et couleur que celle de l’assassin? A ce moment donc, le scénariste a le choix : Soit la parano de K est en marche et le voisin meurtrier s’avérera être le fruit de son imaginaire malade… Comment on en arrive à trouver des indices allant dans le sens des soupçons et à se monter la tête, d’autant plus que K a retrouvé un copain de classe et noué des relations tendres avec la voisine, formant un trio de choc. Soit K est un détective en herbe et le voisin est bien le serial killer qu’on recherche… Le trio de choc agira alors en justicier…

Quelques points positif : « Disturbia », traduit en français par « Paranoïak »… pseudo-remake de « Fenêtre sur cour » relevant plus de l’industrie cinématographique que du cinéma proprement dit… malgré la longeur du film (1h45), ne laisse aucune place pour l’ennui (vrai objectif du film), avec un rythme effréné, des situations simplifiées, un ado sympa et une violence stylisée qui ne traumatisera personne… Aux USA, le film est en tête du box-office depuis 3 semaines…

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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