"Paranoïd park" : les ados, suite…

Gus Van Sant, Cannes 2007, prix du 60° anniversaire, sortie le 24 octobre

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Bien que je ne me précipite pas systématiquement sur « le dernier Gus Van Sant » et quil marrive de passer mon tour, jaime ce réalisateur depuis « Prête à tout », film avec lequel je lai découvert. Mais il semble que depuis « Elephant » le cinéma de Gus Van Sant ait adopté une position auteuriste de plus en plus radicale.

Paranoïd Park est une variante de la fascination de Gus Van Sant pour les ados. Le portrait intime dun ado inséré dans le portrait géant de Paranoïd park, lieu de prédilection de jeunes skaters de Portland, ville natale du réalisateur.


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Bien quelle sinspire dun fait réel et que le film soit ladaptation très lâche dun roman (de Blake Nelson), lintrigue filiforme nintéresse pas grand monde ni lui (Gus VS) ni nous, elle sert de motif autour duquel senroulent les séquences plus quelles ne se déroulent.

Un ado au bord de la mer écrit des notes sur un cahier Les ennuis ont commencé un soir où Alex et Jared, son meilleur ami, décident daller faire du skate à Paranoïd Park, lieu violent et mal famé, squatté par une sorte de communauté de loubards, skaters virtuoses vivant en autarcie. Quand son copain Jared lui demande si il est prêt à aller là-bas, Alex répond que personne nest jamais prêt à aller à Paranoïd park.

Cest cette nuit-là quon retrouve un agent de sécurité le corps coupé en deux sur une voie ferrée près du skatepark. La police interroge alors tous les férus de skate du lycée dont Alex à qui le drame semble alors revenir en mémoire

Dans le rôle de loncle dAlex entraperçu (on ne voit quasiment pas la famille), Christopher Doyle, chef opérateur de Wong Kar Wai qui a travaillé avec Gus Van Sant pour ce film. Cela explique-t-il le tropisme pour les ralentis ? On a une image surexposée, blanchie, déformée parfois, avec des cadrages alambiqués, de nombreux ralentis pour les scènes de skate surtout. La BO est éclectique et omniprésente, du punk au rap et au folk (beaucoup de musiciens originaires de Portland), en passant même par Nino Rota (musique de « Juliette des esprits » de Fellini).

 

Gabriel Nevins
© MK2 Diffusion Galerie complète sur AlloCiné

 

 

Recrutés sur MySpace, les acteurs ont le physique de tous les ados du monde, filmés au plus près (les visages), jouant sobrement dans un registre introverti par essence (sauf peut-être la petite amie un peu plus expansive). Si on nest pas polarisé par le sujet du monde adolescent, on a du mal à partager cet envoûtement du réalisateur dont la caméra semble dire quil ne sen lasse pas de les scruter.

Personnellement, jai retenu une scène qui est une vraie uvre dart isolée, à se demander si le film na pas été créé pour enserrer cette scène Alex sous la douche, un très long plan fixe du visage de profil dAlex, lavant les souvenirs de Paranoïd Park (sans doute) Le son monte à plein régime, au bruit de leau de la douche devenu assourdissant sest greffé un bruit davion au décollage. Puis Alex est filmé de face, pas longtemps et encore de profil, lautre Ce sont des moments de grâce comme celui-là qui forcent le respect pour Gus Van Sant mais le film nest grand public qu’à cause de la notoriété de son réalisateur. Une obsession (les ados), une ville aimantée (Portland), une idée du cinéma uvre dart, une démarche esthétique et non moralisatrice avant tout. A voir pour ceux qui ont aimé les précédent films du réalisateur, car cest une pièce dune uvre qui évolue et sépure, sétiole, sestompe.

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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