Reprise du blog Cinémaniac : spécial Corsica, yc focus sur le 18° festival de Lama avec « La Source des femmes »

Radu Mihaileanu, sortie 2 novembre 2011

Compétition officielle/CANNES2011

   
18° Festival de Lama (2 aout 2011) 

Après trois semaines de pause sur mon île natale, une longue pause plus pratiquée depuis 5 ans (soient les débuts du blog), reprise du blogging ce lundi 22 aout avec, en transition, un retour sur quelques temps forts culturels ; car une pluie de festivals étoile depuis quelques années le ciel insulaire durant le mois d’aout, ça avait commencé en amont début juillet avec la présence d’Iggy Pop au festival Calvi on the rocks avant l’évènement Ben Harper au festival Porto-Latino à Saint Florent le 3 aout, concert à guichets fermés. Ensuite, les rencontres de musique classique dans des lieux uniques comme le récent festival de Santa Reparata en plein-air (soirée de clôture avec la pianiste Brigitte Engerer), les rencontres de musiques classique et contemporaine de Calenzana (réparties dans des églises) ; les soirées lyriques : Roberto Alagna en clôture du festival d’Erbalunga (13 aout), un incontournable rendez-vous annuel de musiques éclectiques (émigré avec le temps du port -plus cool mais exigu- au grand théâtre de verdure tout neuf), démarré cette année par un doublé, Raphaël et ZAZ (11 aout) ; à venir, fin aout, le 5° festival des nuits lyriques de Bastia (du 24 au 30 aout 2011) au Palais des gouveneurs dans la citadelle de Bastia avec « Cavalleria rusticana » de Pietro Mascagni en ouverture, « Carmen » de Bizet en point d’orgue (26 et 28 aout). A noter une nouveauté, le festival Rock’Inseme de Biguglia en deux volets, juillet et les 19/20 aout avec Puggy (vu à Cannes, très craquant!) et Julian Perretta.

Et toujours la tournée insulaire d’I Muvrini sous la houlette des deux frères Bernardini, originaires de la Casinca, ils ont démarré leur tour (leur « Giru ») le 9 aout tout près de leur village, soit au stade de Vescovato. Les coups de coeur comme ce concert intimiste dans l’église de Penta di Casinca de Patrizia Gattaceca, longue et androgyne, guitare et voix unique, romantique et engagée, poète, un peu Joan Baez insulaire… Bien entendu, il s’est passé encore plein d’autres évènements aoutiens mais l’observateur aura peut-être noté que, basée moi-même en Haute-Corse, je n’ai pas parlé de la Corse-du-Sud dont je potassais moins les programmes, étant trop loin pour m’y rendre le soir en voiture. Cependant, les groupes phares corses comme Canta u Populu Corsu et Chjami Aghjalesi ont également fait un certain nombres de dates sur l’île et Ajaccio s’est vu doté d’un concert gratuit de Patrick Fiori la nuit du 15 aout. Je zappe les soirées DJ branchées genre Ibiza de la Via Notte à Porto-Vecchio qui ne m’intéressent pas…
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Raphaël au festival d’Erbalunga (11 aout 2011)

On est donc partagé entre se laisser aller à la douceur du farniente et faire des petites ballades nocturnes pour aller aux concerts, aux festivals. Le lendemain de mon arrivée, je fonce au festival de Lama qui en est à sa 18° édition avec une programmation en béton dont notamment trois films en compétition officielle à Cannes : « La Source des femmes », « Melancholia » et « Habemus papam ». Ce soir-là, Radu Mihaileanu est adossé à un petit parapet près d’un des restos de Lama qui font terrasse comble en attendant la projection de son film vers 22h dans un lieu féérique en plein-air mais néanmoins un tantinet difficile d’accès : un petit quart d’heure de sentier pierreux abrupt, peu éclairé, pour accéder au paradis : une « salle » en plein air comme creusée au milieu des montagnes sous un ciel étoilé, un écran géant, des chaises, un bar, le maquis et les fleurs, ça peut démarrer. Après la projection, le réalisateur répond aux questions des spectateurs, depuis le festival de Cannes, où « La Source des femmes » était en compétition officielle, c’est la première projection au public (2 aout).
Ce conte moderne se passant dans un pays oriental imaginaire dénonce la condition d’un groupe de femmes obligées d’aller chercher l’eau au puits dont certaines, enceintes, ont perdu leur enfant, en tombant sur le chemin. Pour forcer la main de leurs hommes à aller chercher l’eau au puits, un groupe de femmes a l’idée de faire la grève de l’amour… La critique du film en bas de cet article…

I Muvrini (JF Bernardini) au stade de Vescovato (Viscuvati) (9 aout 2011) 

 

  
Raphaël et ZAZ au festival d’Erbalunga (11 aout 2011) 


quelques films du festival de Cannes au programme du festival de Lama 2011

 
Lama, le bureau des ventes de tickets et accréditations sous le platane / l’église


Lama, la grande « salle » de projection dite « La Piscine »


Radu Mihaileanu après la projection du film

  
mon pass et air béat sous les étoiles de Lama… (2 aout 2011)

 

   
Penta di Casinca : clocher de l’église (15 aout 2011) / jardin dans la montagne avec vue sur mer Tyrrhénienne et l’île d’Elbe au loin…

Liens :

Festival de Lama (Balagne) 30 juillet/5 aout 2011
Festival d’Erbalunga (Cap corse) 11/13 aout 2011
Calvi on the rocks (Balagne) 1/6 juillet 2011 FB
Porto-Latino (Saint Florent, Nebbiu) 3/7 aout 2011 FB
Festival de musique classique de Santa Reparata (Balagne) 6/10 aout 2011
Rencontres de musiques classique et contemporaine de Calenzana (Balagne) 17/22 aout 2011
Rock’Inseme en deux parties (Biguglia, au sud de Bastia) juillet et 19/20 aout 2011
I Muvrini, Giru Corsica (15 villes) 9/24 aout 2011
Patrizia Gattaceca, église de Penta (Casinca) aout 2011
Canta u Populu Corsu aout 2011
Chjami Aghjalesi  10/17 aout 2011
Festival des nuits lyriques de Bastia (Bastia, Palais des gouverneurs) 24/30 aout 2011

 

       

 

 « La Source des femmes » de Radu Mihaileanu (sortie 2 novembre 2011)

 

Pitch.
Afin que les hommes aillent chercher l’eau au puits à leur place pour les aider dans cette tâche épuisante, les femmes du village font la grève de l’amour sous le leadership de la belle épouse de l’instituteur.

Dans un pays du Maghreb ou pays arabe imaginaire, le réalisateur Radu Mihaileanu présente son film comme un conte sur la condition des femmes. Le début du film fait craindre qu’on aligne les clichés pendant deux heures. RM ne fait pas dans la finesse : tandis qu’une jeune femme enceinte glisse en allant chercher de l’eau au puits, faisant une fausse couche, dans une maison, une autre jeune femme est en train d’accoucher, la mort, la vie, RM n’hésite pas à plonger dans le pathos racoleur d’entrée pour toucher le plus grand nombre.

 

Une jeune femme concentre toutes les intrigues du récit bien que ce soit un film choral, et c’est un peu beaucoup pour un seul personnage, fut-il central. Leïla, l’étrangère au village, qu’a épousé Sami, l’instituteur, le seul salaire du village. Contrairement à la plupart des couples du village, c’est un mariage d’amour, cultivé, éclairé, l’instituteur soutient le combat de Leïla de s’émanciper, car c’est elle qui va proposer à ses compagnes la grève de l’amour pour forcer leurs hommes à aller chercher l’eau au puits à leur place. Leïla (Leïla Bekhti), chérie par son beau-père, honnie par sa belle-mère, jalouse. Leïla qu’un journaliste, arrivé au village pour des recherches sur les insectes, son ancien fiancé, voudrait bien récupérer. Leïla, l’écrivain public, amie de Loubna (Hafsia Herzi), qui écrit les lettres à sa place et aussi celles factices de son amoureux infidèle, Slim, bellâtre qui en a épousé une autre, plus riche.



photo Europacorp

Beaucoup de chants, de danses, pour exprimer la révolte des femmes, les actrices phares les plus jeunes étant souvent un peu trop bien habillées, défilé de mode, mais ce n’est pas un film réaliste, c’est un conte merveilleux qui dénonce gentiment la condition des femmes dans un pays musulman, laisse entendre par la voix de l’instituteur qu’il existe un islam éclairé, plusieurs manières de lire le Coran dont celle traditionnelle qui asservit la femme, épuisée par des tâches physiquement trop lourdes comme porter des énormes fagots de paille, des seaux d’eau depuis le lointain puits.

 

C’est un film joli, trop joli, avec cette brochette de belles jeunes femmes séduisantes qui dansent et chantent, le tableau des moeurs est lissé, aseptisé, bien que tout soit évoqué, la polygamie, la répudiation des femmes qui se rebiffent, quelques cas de maltraitance, ces coups qu’on entend la nuit d’un mari qui frappe sa femme. Une femme forte dans ce gynécée, celle qui n’a plus à séduire, Vieux-fusil (Biyouna, très belle interprétation), qui conseille les plus jeunes, les exhorte à la révolte, les console. Un film à visée tout public, et plus encore… par un réalisateur visiblement féru des succès en salle depuis « Le Concert ».

Liste des avant-premières en France de « La Source des femmes » :

 22/08 : ILE DYEU (Ciné Islais), 21h

          22/08 : NOIRMOUTIER (Mimosas), 21h

          23/08 : LA ROCHELLE (Dragons), 20h30

          24/08 : ARCACHON (Eden), 20h

          24/08 : BORDEAUX (UGC Ciné Cité), 20h15

          25/08 : ANGLET (Monciné), 20h

          25/08 : SAINT JEAN DE LUZ (Sélect), 21h

          27/08 : DEAUVILLE (Morny), 20h30

          29/08 : LE TOUQUET (3 As), 20h

          29/08 : BOULOGNE SUR MER (Stars), 21h

          31/08 : AVIGNON (Capitole Studios), 19h30

          01/09 : ARLES (Actes Sud), 20h15

          02/09 : AIX EN PROVENCE (Cézanne), 20h

          02/09 : MARSEILLE (César), 20h

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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