« The Burning plain » (« Loin de la terre brûlée ») : 3 Femmes

Mostra de Venise 2008, compétition, Guillermo Arriaga, sortie 11 mars 2009
Trois Femmes. Trois générations de femmes. Deux histoires. Une au présent et une au passé qui se font écho. Le film passe sans cesse du présent au passé, aux différentes époques du passé car il y a un avant et un après l’accident. Dans le désert du nouveau Mexique, une caravane explose et laisse deux corps calcinés, entremêlés, qu’il faudra découper pour les séparer… Gina et Nick, son amant brûlant, sont morts dans l’incendie de la caravane. A l’enterrement, les familles sont séparées avec le mari trompé de Gina et leurs quatre enfants d’un côté, les fils de Nick de l’autre côté… Une famille blonde middle class américaine et une famille brune à peau basanée de latinos ne parlant qu’espagnol.A cette période rousse et jaune du désert sous le soleil répond une période glacée et bleutée dans un port américain : Sylvia, une  ravissante quadragénaire (toujours habillée en bleu-gris), propriétaire d’un restaurant chic, est présentée  vivant une double vie, encore un va et vient entre les scènes  de la vie montrée et de la vie cachée, hyperpro au restaurant, névrosée, nympho, versée dans l’automutilation

dans l’intimité (elle va sur la plage déserte en hiver s’entailler les cuisses, le film tournant beaucoup sur le symbole des cicatrices). Pendant qu’elle se noie dans des nuits sans lendemain avec des hommes différents, un inconnu suit Sylvia de loin qui semble chercher autre chose…
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photo Wild Bunch 

Après la mort de Gina et de Nick, sa fille aînée Mariana et Santiago, un des fils de Nick, vont être attirés l’un vers l’autre pour comprendre leurs parents après le traumatisme de leur mort violente, habiter leurs corps, refaire les mêmes gestes… Dans la chambre autefois celle des parents, il met la chemise de son père mort, elle porte la nuisette de sa mère morte, démarrant une relation perverse et désespérée provoquant à nouveau le scandale dans leur entourage.Quatrième histoire, si l’on peut dire, après celle de Sylvia la restauratrice, celles de Gina et Nick les amants morts, celle de  leurs enfants Mariana et Santiago, l’histoire d’une fillette, Maria, qui accompagne son père travailler dans les champs  : le père possède un avion spécialisé dans l’épandage des cultures, un jour, cet avion explose, prend feu, comme la caravane autrefois…


photo Wild Bunch 

Le film n’est pas dénué de charme, surtout la première partie, ensuite, on peine à retrouver un rythme, le zapping ne suffisant plus à donner de la vie aux personnages. La galerie de femmes est cohérente : Gina/Kim Basinger pathétique dans un rôle qui ne l’est pas moins, le visage démoli par la chirurgie esthétique, la maigreur, la blondeur  brûlée… Julia/Charlize Theron, coproductrice du film, égale à elle-même, très belle avec le mélange forte et fragile, et une jeune actrice assez géniale interprétant Mariana : Jennifer Lawrence, une vraie découverte qui a reçu d’ailleurs le prix Marcello Mastroniani à Venise pour ce rôle (le film figurait en compétition à la Mostra de Venise cette année). Quant aux hommes, je connaissais par coeur l’interprète de Nick et pour cause… Il a joué dans « 24 h chrono' » (dans la saison 3, si ma mémoire est bonne) : Joaquim de Almeida, un acteur d’origine portugaise très sexy et parfaitement crédible dans ce rôle d’un homme qui fait perdre la tête à une mère de famille de quatre enfants. 


photo Wild Bunch 


C’est un film à la structure éclatée et qui le revendique un peu trop ostensiblement, zappant sans cesse : à l’intérieur du présent, du passé, des périodes du passé, des états psychologiques des personnages montrées civilisés ou à la dérive, etc… Quand on sait que c’est le premier film d’un scénariste qui a écrit pour Iñárritu, on comprend mieux (« 21 grammes », « Babel »), c’est un style, un système, sauf qu’ici, tout est surligné et repris, à la fin, on fait une véritable « révision » des personnages et des situations, donc c’est moins drôle, beaucoup plus studieux… S’il ne tient pas la comparaison avec les films d’Iñárritu, le réalisateur  mexicain Guillermo Arriaga en propose une déclinaison  light, sans folie, sans génie, laborieuse, un bon élève appliqué mais trop timoré, délivrant une bonne copie mais qui aurait tout intérêt à développer propre style.  


site officiel du film : www.loindelaterrebrulee.com

 

Notre note

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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