« The Wrestler », le DVD

Darren Aronofsky 2008, sortie DVD 23 septembre 2009


Quand j’ai vu « The Wrestler » en avant-première mi-janvier (il est sorti en février), on avait à peine démarré l’année 2009 et pourtant je savais que je n’allais pas de sitôt retrouver un film qui puisse le supplanter dans mon top 10 de fin d’année, le risque était infinitésimal de trouver même aussi bien… Mi-octobre, c’est toujours mon film number one et ce n’est rien de dire ma bonne humeur quand j’ai reçu le DVD…
La résurrection de Mickey Rourke n’a étonné que ceux qui ne l’avaient pas suivi dans les années 80, dès ses débuts dans « Body heat » et « Rusty James »… Le séducteur pervers

dans son appartement New-Yorkais désert de « Neuf semaines et demi » d’Adrian Lyne, la quête identitaire du privé en Louisianne tendance vaudou dans Angel heart » d’Alan Parker, le flic jamais revenu mentalement du Vietnam sévissant à Chinatown dans « L’Année du dragon » de Michael Cimino, le gangster au visage de monstre  de « Johnny belle-gueule »… Peu de temps après, le navet « L’Orchidée sauvage » est un tournant dangereux, il y rencontre la sublime Carré Otis, ancien top model au visage d’Ava Garner, qu’il épouse pour se détruire ensemble, drogue, violences conjugales, quand elle le quitte, c’est pire, il plonge pour une longue traversée du désert. Une renaissance qui n’a étonné que ceux qui ne connaissaient de lui pendant des années que sa photo dans la rubrique people, le visage détruit par la reprise tardive de la boxe, la chirurgie esthétique et les drogues. Car Rourke est un combattant, fut-il autodestructeur, ce rôle est un peu son histoire, la descente aux enfers d’une star qui préfère les souffrances masochistes du ring, les coups, les risques, mais ce public en empathie hurlant son nom lors des combats, à l’insupportable solitude de la vie quotidienne. On est d’ailleurs sidéré par le changement de sa voix, autrefois douce, presque affectée, parlant bas, aujourd’hui rauque, énorme, portant encore davantage que sa physionomie les stigmates des souffrances endurées.
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photo Wild Bunch

Le DVD comporte plusieurs bonus dont le making-off du film où l’on voit peu Mickey Rourke, en tout cas, il ne s’y exprime pas, en revanche, Darren Aronofsky raconte le tournage dans le froid durant l’hiver, 37 lieux en 37 jours, un tournage interrompu tous les WE pour filmer les scènes de combats, le mélange des acteurs professionnels et des anciens du catch jouant dans le film, ses partis pris de mise en scène, pas de story-board pour conserver une liberté d’improvisation (d’autant qu’avec Rourke, il s’attendait à tout), et son engagement de ne jamais penser aux réactions que pourra susciter un film lors de sa sortie quand on est en train de le tourner ; un passionné, un intègre qui a imposé Mickey Rourke aux producteurs et a vu ses moyens fondre comme neige au soleil mais, au fond, c’est tant mieux, il a été obligé d’engager des « vrais gens » et ça le fait, ça participe à l’impression d’authenticité. Savoureux le catcheur barge qui joue Necro butcher racontant qu’il a « trébuché » et alors s’est retrouvé dans ce film à l’image de sa vie… Lors de la dernière scène, le combat avec L’Ayatollah, Darren Aronofsky dit qu’alors Mickey Rourke était devenu Randy the Ram…
Autre bonus particulièrement touchant, une table ronde d’anciennes stars du catch pour parler de leurs impressions sur le film, il y a là la doublure de Rourke dans le film, la cinquantaine, cheveux blonds filasse, plus de 30 ans de catch, autrefois confiné sur le ring dans le rôle du méchant. Et aussi un catcheur brisé qui dit s’en sortir à peine, l’année précédente presque paralysé, autrefois dopé, sauvé par la religion, un autre catcheur le soutient, lui passe une main sur l’épaule. Tous disent qu’ils formaient et forment une sorte de communauté pour veiller les uns sur les autres car ils n’ont ni assurance maladie ni aujourd’hui de retraite, les bars, les clubs de strip-tease comme dans le film, ils

n’avaient que ces lieux à leur disposition en sortant d’un combat à minuit, tous les restaurants fermés. Les voyages incessants, épuisants, parfois tous les jours de la semaine, les nuits sans trouver le sommeil après ces montées insensées d’adrénaline (15 ans sans dormir, dit l’un d’eux) les ont pour la plupart éloignés, séparés de leur famille. Un catcheur trouve que Rourke a bien pigé également leur calme dans la vie quotidienne, hors du ring, ce sont des gentils. 


photo Wild Bunch

Au passage, pas mal de projets pour Mickey Rourke après que « The Wrestler » ait obtenu le Lion d’or à Venise l’année dernière et deux Golden globes dont celui du meilleur acteur. On retient un film d’après le roman « The Ice man », l’histoire d’un tueur à gages très pro qui congelait ses victimes tout en menant une double vie familiale rangée, « Passion play » avec Megan Fox dans le rôle d’un ange. A suivre…
A noter aussi « The Informers » (lire la critique du film…), adapté d’un livre de nouvelles de Bret Easton Ellis, qu’il a tourné depuis, film assez décevant sorti brièvement aux USA et pas encore en France.


Lire ma critique du film « The Wrestler »…
DVD Warner. Avec un code pour un téléchargement (définitif) offert du film. Existe en Blue-Ray. Sortie le 23 septembre 2009.

 

Notre note

(5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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