WEEK-END à Cannes / J4-J5 + « Chacun son cinéma »

J4 : samedi 19 mai : 2 films en compétition
"No country for old men" des frères Coen
"Breath" de Kim Ki-duk
+ "U2 3D" de Catherine Owens et Mark Pelligton

J5 : dimanche 20 mai : 1 seul film en compétition :
"Tehilim" de Raphaël Nadjari (sortie en salles le 30 mai)
+ "Chacun son cinéma"


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"No country for old men" de Joël et Ethan Coen

Pitch : un brave texan trouve une valise pleine de dollars dans le désert abandonnée après une bagarre entre des dealers chicanos. Mais les parrains de la drogue décidés à récupérer le magot lancent à alors à ses trousses un tueur implacable (Javier Bardem). Adapté du roman de Cornac Mc Arthur, un western moderne violent façon road movie matiné d’un thriller.

l'équipe du film posent sur les marches (photo L'Oréal Cannes)

l’équipe du film posent sur les marches (photo L’Oréal Cannes)


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"Breath" ("Souffle") de Kim Ki-duk

Pitch : une jeune femme trompée par son mari se sent en phase avec un condamné à mort, connu dans la presse pour ses tentatives de suicide à répétition. Elle en vient à le visiter régulièrement en prison et une relation étrange et complice va naître de cette rencontre entre les deux désespérés.

"Tehilim" de Raphaël Nadjari

La journée de dimanche sous le signe du 60ième anniversaire ne verra la projection en fin de matinée que d’un seul film en compétition "Tehilim", le festival restant concentré sur le film anniversaire concocté par 35 réalisateurs ayant livré chacun un court-métrage de 3 mn sur la salle de cinéma. On a déjà eu lors de la cérémonie d’ouverture le court de David Lynch, "Absurda", véritable merveille (voir mon billet sur l’ouverture)"Chacun son cinéma" sera diffusé pour les abonnés de Canal plus ce soir dimanche 20 mai à 20h50 en même temps qu’à Cannes (19h et 23h). La cérémonie des 60 ans du festival de Cannes sera retransmise dès 20h20.

35 réalisateurs ayant tourné chacun un court-métrage de 3 minutes et passant leur journée ensemble…

18375378le moins cool!!!
A la conférence de presse dans l’après-midi, Roman Polanski, qui n’a cessé de monopoliser la parole, fait un esclandre en proposant qu’on abrège la conférence de presse. Il reproche aux journalistes le niveau lamentable de leurs questions alors qu’ils ont face à eux un parterre de réalisateurs d’exception, les accusant de faire des copier-coller sur leurs ordinateurs et de ne pas connaître leurs oeuvres et lance "allons bouffer!", il s’en va, seul, car personne ne le suit. Explication possible de ce manque élémentaire de contrôle sur soi de la part de la palme d’or pour "Le Pianiste" : pendant le photocall, Polanski arrive en retard et veut mener la barque en donnant des directives au groupe de réalisateurs qui l’attendait patiemment pour la photo… Pendant la conférence de presse, après que Polanski ait largement parlé à son tour alors que d’autres réalisateurs n’ont pas dit un mot, un incident a précédé cette colère : interrompant pour prendre la parole lors d’une question adressée à Atom Egoyan, Polanski défend l’idée que la salle de cinéma n’est pas menacée par l’avènement du numérique, des vidéos sur téléphones mobiles, etc… Atom Egoyan lui réplique qu’il n’est pas d’accord et que la vision en salle d’un film ancien sera bientôt réservé à une élite, lançant à Polanski au passage qu’il a été élevé avec ses court-métrages, ce qui, sans doute, a renvoyé le colérique metteur en scène au choc des générations…

18427007 le plus top!!!
Quel beau mec, se dit-on en voyant arriver l’élégant Walter Salles, un des réalisateurs brésiliens les plus en vus, qui parle parfaitement français sans un brin d’accent étranger. L’auteur de "Central do brasil" et "Carnets de voyage" ne cache pas qu’il craint qu’on regarde ses films à l’avenir sur un téléphone portable… Car, pour Walter Salles, le cinéma est une aventure collective destinée à un public collectif… En ce sens, Cannes est un lieu de résistance pour les auteurs. Son court-métrage, tourné dans le Nordeste du Brésil avec deux comédiens improvisant devant une salle de cinéma posée au milieu de nulle part avec à l’affiche "Les 400 coups" de Truffaut, est le plus drôle et le plus simple, un régal de concentré d’esprit brésilien au ryhtme des percussions qui accompagnent là-bas tous les évènements de la vie.

Les 35 réalisateurs en haut des marches (photo L'Oréal Cannes)

Les 35 réalisateurs en haut des marches (photo L’Oréal Cannes)

 

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Le casting du "Guépard" (1963) de Visconti réuni + de quarante ans plus tard… Claudia Cardinale et Alain Delon au dîner qui a suivi la projection de "Chacun son cinéma".
Photo Hugo Meyer, voir les autres photos de la soirée sur le blog HM festival de Cannes…

 

"Chacun son cinéma"



Parmi les court métrages de chacun 3 minutes des 35 réalisateurs, très peu font appel à ses stars, Jeanne Moreau pour Theo Angelopoulos ou Michael Lonsdale pour Raoul Ruiz. En revanche, la star, c’est la cabine du projectionniste comme celle de Cinéma Paradiso. En vedette, la petite salle de cinéma posée au milieu de nulle part au bout du monde comme celle de Walter Salles où deux acteurs désopilants improvisent devant l’affiche des «400 coups» de Truffaut dans le Nordeste du Brésil ou celle de Kitano pour fermiers dans la campagne japonaise. Fantasme récurrent d’une époque que personne ici n’a connue : fumer au cinéma… Dans deux films, on verra le thème du pickpockett se faufilant dans la pénombre en profitant de la fascination de la spectatrice pour ce qu’elle voit à l’écran comme dans le film des frères Dardenne. Les relations amoureuses nouées dans une salle de cinéma sont traitées mêlées aux larcins, en fauchant dans le sac à main de la spectatrice, le voleur trouvera sa main. Erotisme et sensualité, fauteuils et talons rouges, images et corps emmêlés, chez Wong Kar Waï qui livre 3 mn bien supérieures à son terne film d’ouverture «My Blueberry nights». Enfin, beaucoup ont marqué l’importance du son et de la BO comme Innaritu mettant en scène Ana, jeune femme non voyante qui écoute les voix de Piccoli et Bardot dans Le Mépris de Godard et demande en sortant à son mari si le film était en en noir et blanc ou en couleur. La violence est représentée chez Lars Van Triers avec un massacre à la machette d’un critique qui pérore dans une soirée de gala de cinéma, Amos Gitaï avec un attentat terroriste dans une salle de cinéma, David Cronenberg, le suicide du dernier juif du monde dans les toilettes d’un cinéma, voire chez Bille August avec le racisme à l’encontre d’une femme voilée dans un cinéma. Certains ont fait simple comme Nanni Moretti avec son journal d’un spectateur qui raconte assis dans une salle de cinéma ses souvenirs liés à des films à son jeune fils qui préfère Matrix.

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zoliobi

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