Yoshida : l’intégrale…

sortie DVD 24 mars 2009
On n’en finit plus d’être bluffé par les cinéastes de la Nouvelle vague japonaise que sont Nagisa Oshima et Kîju Yoshida, on ne pourrait plus aujourd’hui faire des films aussi forts et novateurs, tellement brillants et engagés, racontant une histoire en miroir en synergie avec l’histoire de leur pays, décuplant par là la force de leur cinéma. Cinéastes de génie, maniant aussi bien les images que la cérébralité, l’un est plus physique, l’autre plus intellectuel, chacun aura sa préférence mais quelle force…  

   

Après quatre nouveaux DVD d’Oshima dont
« L’Obsédé en plein jour » et « Eté japonais, double suicide », parus le 4 mars dont je parlais dans un précédent billet, faisant suite au cinq films d’Oshima Nouvelle vague sortis en DVD cet été (dont la magnifique trilogie de la jeunesse), voici venir la suite du phénomène Yoshida, son contemporain : l’année dernière, ce fut le choc de découvrir ce cinéaste incomparable avec une rétrospective à Beaubourg et pas moins de deux coffrets DVD : « Une Vague nouvelle » (1960/64) et « Contre le mélodrame » (1965/68). « La Source thermale d’Akitsu » (1962)… la plus belle histoire d’amour qu’il m’ait été donné de voir au cinéma… Quant à  « Eros+massacre » (1969), paru également l’année dernière en DVD, film fascinant d’une audace et d’une modernité indescriptibles, il fait partie d’un triptyque politique*** dont les deux autres volets sortent en DVD le 24 mars : « Purgatoire eroica » (1970) et « Coup d’état » (1973). En tout, paraissent 7 nouveaux DVD de Yoshida avec également « Adieu, clarté d’été » (1968), Aveux, théorie, actrices » (1971) et des films d’une période plus récente : « Promesse » (1986), « Les Hauts de Hurvelent » (1988) et « Femmes en miroir » (2002).
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Trilogie politique : « Eros + Massacre » (1969), premier volet sur l’anarchie,« Purgatoire eroica » (1970), second volet sur le communisme, « Coup d’état » (1973) , troisième volet sur le nationalisme.Quand dans le premier film « Eros+massacre », on vivait le passé au présent, dans le second « Purgatoire eroica », on vit le présent en se projetant vers l’avenir. Dans le premier, c’est l’anarchie, le versant féminin, dans le second, le communisme et la lutte armée, le  versant masculin stérile. Dans tous les cas, Yoshida pensait que la politique est une farce avec ses luttes internes de pouvoir même au sein d’un mouvement révolutionnaire. Le troisième film « Coup d’état », traitant du coup d’état raté de février 1936 et du théoricien socialiste ultranationaliste Ikki Kita, montre que les luttes de pouvoir, qu’elles soient de droite ou de gauche, qu’il s’agisse du régime impéraliste ou de la révolution socialiste, ont les mêmes mécanismes.

PS. Je complèterai bientôt avec les critiques détaillées des films.

DVD éditions Carlotta, sortie 24 mars 2009.

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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