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« Couples mythiques du cinéma » sur OCS (mai)

focus film à partir du lundi 4 mai 22h20 sur OCS Géants

Pitch

Ceux qui symbolisaient l'harmonie conjugale (Paul Newman et Joanne Woodward) et ceux dont la vie conjugale vira au drame (Laurence Olivier et Vivien Leigh), voire à la passion destructrice (Richard Burton et Liz Taylor), tous ces couples de légende nous fascinent encore de nos jours...

Notes

Jeudi 2 avril, j’ai été conviée à visionner deux documentaires de la série doc « Couples mythiques du cinéma » dans le cadre d’une soirée OCS au cinéma L’Arlequin à Paris en présence des trois réalisateurs de ces six films. La chaîne avait choisi deux films, deux couples symbolisant l’harmonie conjugale avec, en tête de liste, presque 50 ans de mariage, Paul Newman et Joanne Woodward et, ensuite, Humprey Bogart et Lauren Bacall. Soit dit en passant, ce qui m’a frappé, c’est que l’un et l’autre étaient déjà mariés quand ils rencontrent la femme de leur vie.

J’ai visionné ensuite deux autres films qui me tentaient davantage où la vie n’est pas un long fleuve tranquille… En premier lieu, l’histoire la plus touchante, tragique, est celle du couple anglais parfait que formaient Laurence Olivier et Vivien Leigh, en apparence… Puis, le doc sur le couple explosif de Liz Taylor, mon actrice fétiche, avec Richard Burton qu’elle épousa deux fois.

 

PAUL NEWMAN/JOANNE WOODWARD

Paul Newman abandonne épouse et enfants quand il rencontre Joanne Woodward (« celui-là, il me le faut! », dira-t-elle…), il est un des piliers de l’Actor’s studio, elle étudie dans une autre école mais l’actrice qui monte, c’est elle, à l’époque, Paul Newman n’est pas connu. Pourtant, c’est lui qui deviendra une star alors qu’elle était meilleure actrice que lui (au début au cinéma, dans des films comme « Marqué par la haine » (1956), il surjoue, ayant du mal à se débarrasser des tics et de la gestuelle exagérée du théâtre, elle est plus naturelle). La carrière de Joanne W s’envole avec « Les Trois visages d’Eve » (1957) mais on y célèbre plus son talent que son sex-appeal. Frustrée quand Paul Newman devient une star, un personnage en soi (alors que Joanne Woodward est , au contraire, une actrice au service de ses personnages), pour elle, il se fait réalisateur, notamment avec ce drôle de film « De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites » (1972). En 1978, le fils de Paul Newman d’un premier mariage meurt d’une overdose, c’est le drame de sa vie… Ensemble, ils créent en 1980 « The Scott Newman fondation ». On a la nette impression que Joanne Woodward a géré son couple comme une petite entreprise avec une intelligence aiguisée (toute la famille habite dans le Connecticut, loin des paillettes de Hollywood, elle alterne vie de famille et vie professionnelle, soutient inconditionnellement son mari devenu une star exposée).

Joanne Woodward et Paul Newman

Joanne Woodward et Paul Newman

 

HUMPREY BOGART/LAUREN BACALL

L’histoire de la rencontre entre Humphrey Bogart et Lauren Bacall est plus connue, issu d’un milieu aisé, il a 44 ans, marié pour la troisième fois à une névropathe, malheureux, elle a 19 ans, d’origine modeste, découverte par Diana Vreeland, mannequin occasionnel pour Harper’s Bazaar. Leur couple durera 13 ans jusqu’à la mort de Bogart en 1957. Le doc dit de Lauren Bacall qu’elle a créé un personnage de femme fatale avec humour, ce qui n’est pas banal. Avant elle, Bogart jouait des méchants qui finissaient mal, reprenant deux rôles dont George Raft n’avait pas voulu (« Le Faucon maltais », 1941 et « Casablanca », 1942). Quand Bogart tourne »Le Port de l’angoisse » (1944) avec Lauren Bacall, c’est le coup de foudre bien qu’au départ l’acteur n’était pas ravi qu’on ait casté une débutante. Ensemble, ils tourneront 4 films dont l’hermétique »Le Grand sommeil » (1946), « Les passagers de la nuit » (1947), « Key Largo » (1948), la légende est en marche…

 

Humprey Bogart et Lauren Bacall

Humprey Bogart et Lauren Bacall

Et aussi

 

LAURENCE OLIVIER/VIVIEN LEIGH

La rencontre de Heathcliff (LO joue au théâtre et au cinéma « Les Hauts des Hurlevent ») et de Scarlett O’Hara, ce rôle que toutes les stars US convoitaient et qui allait revenir à une actrice anglaise, la somptueuse Vivien Leigh. Quand ils font connaissance, ils sont mariés tous les deux, pourtant, sans attendre leurs divorces respectifs, le couple s’installe ensemble, scandale. Encore une fois, elle est une actrice établie quand il rame, pas très beau, mais Vivien Leigh va veiller à en faire un séducteur, en lui dégageant le front, en lui faisant refaire les dents : dans les années 30 Laurence Olivier (qu’elle appelle Larry) est un peu l’élève de Vivien Leigh… Plus tard, à Hollywood, Laurence Olivier, comédien Shakespearien, aura du mal à s’adapter au cinéma (il déclamait trop fort) et préférera toujours le théâtre. En 1938, cependant, Hollywood le réclame, il tourne « Les Hauts des Hurlevent » avec Merle Oberon, jalouse, Vivien l’y retrouve et décroche le rôle principal du futur « Autant en emporte le vent ». Problème, elle décrochera l’Oscar et pas lui… Les deux acteurs ont eu des enfances difficiles, le couple qu’ils formeront sera conflictuel jusqu’au drame, Vivien Leigh souffrant de psychose maniaco-dépressive (bipolarité) à une époque où les traitements efficaces n’existaient pas. Une chute, suivie d’une fausse-couche déclenche sa maladie, elle sombre dans la dépression, développe une addiction au sexe, multiplie les scènes et n’en sortira plus. Quand « celui que vous aimez devient votre pire ennemi », c’est ce qui arrive à Laurence Olivier, qui, épuisé, finira par demander le divorce. L’aimait-elle plus que lui? Pour calmer son angoisse, elle multiplie les amants de passage, lui, a des aventures avec des hommes, pourtant son fils (interviewé dans le doc) affirme qu’il n’était pas bisexuel au contraire de sa mère (la première femme de Larry).Vivien Leigh n’a jamais oublié Larry, obsédée par lui, ayant conservé toutes ses lettres. Mais le doc raconte que, après sa mort, Laurence Olivier ayant vu à la TV le film « Le Visage du plaisir » pleurera toute la soirée. Dans ce dernier film, Vivien Leigh a un peu le même genre de rôle que celui culte de Blanche Dubois dans « Un Tramway… », un rôle de beauté vieillissante ne supportant pas son âge, tombant ici sur un gigolo. Blanche Dubois, le personnage en miroir, sombrant dans la folie, avait précipité le mal de Vivien Leigh. Elle mourra en 1969 de la tuberculose. Il y a encore tellement de choses dans ce doc, sans doute parce qu’au contraire d’un couple comme Bogart/Bacall ou Burton/Taylor, on connaît peu la vie de Lord et Lady Olivier, ce couple si chic à la ville, si détruit à l’intérieur.

 

Vivien Leigh et Laurence Olivier

Vivien Leigh et Laurence Olivier

 

Laurence Olivier, Vivien Leigh, Marylin Monroe, Arthur Miller ("Le Prince et la danseuse" (1957)

Laurence Olivier, Vivien Leigh, Marylin Monroe, Arthur Miller (« Le Prince et la danseuse » (1957)

RICHARD BURTON/LIZ TAYLOR

Je ne dirai pas grand chose du couple car je connais leur histoire par coeur et tout le monde un peu aussi. Les 8 mariages de Liz Taylor dont deux avec Richard Burton, leur rencontre sur le tournage chaotique de « Cleopâtre »en 1960 (le film sortira en 1963), une production pharaonique, pavée de problèmes, que le réalisateur Manckiewicz n’oubliera jamais.

Liz Taylor est une enfant-star formée très jeunes par les Studios, trop jolie avec ce regard mauve améthyste, on ne sait pas trop quoi lui faire jouer, puis, elle démarre avec « Lassie » (1946). Premier mariage de Liz Taylor avec un héritier Hilton qui la bat, second mariage avec le calme Michael Wedding, troisième mariage avec son grand amour Michael Todd (c’est lui qui l’initie à la vie de superstar) qui meurt dans un accident d’avion.

Richard Burton, d’origine Galloise très modeste (il a été mineur), marié et père d’un enfant handicapé, est très attaché à sa famille. Parallèlement, grand acteur de théâtre, il veut les grands rôles et la célébrité. Précédé d’une mauvaise réputation, c’est un grand buveur et il couche avec toutes les actrices de ses films, sur le tournage de « Cleopatre », Liz Taylor s’en méfie. D’ailleurs, la star ne lui plait pas, en la regardant tourner, il trouve qu’elle manque d’expressivité mais en voyant les rushes, quelle présence à l’écran! Ce coup de foudre progressif vire à la passion, leur union carbure à la dynamite sexuelle et à l’alcool, le couple menant un train de vie fastueux ; ils se marieront deux fois (1964/1974 et 1975/1976), ne pouvant ni vivre ensemble ni séparément… On les fait jouer tous les deux dans des films mineurs, « La Chevalier des sables » (1965), « Les VIPS » (1963), « Boom » (1968), un drôle de Losey… Car on les voit autant ou plus dans la presse people qu’au cinéma, c’est le premier couple star aussi médiatisé. « Qui a peur de Virginia Wolf? » (1966) les a ébranlés, ce couple qui s’étripe, c’est eux et ça leur a fait mal. Premier divorce 1974, second 1976. Burton vit avec Susan Hunt, Liz épouse le sénateur Warner, son septième mariage (plus âgée, elle se mariera encore une huitième fois).

Réunis au théâtre une ultime fois dans « Private lifes » en 1983, dans la foulée de la pièce, Burton épouse Sally Hay, et Liz Taylor, informée par la presse, s’effondre… Ils ne se reverront jamais. Richard Burton, épuisé, miné par les excès, finit sa vie en Suisse dans une maison aussi modeste qu’il avait connu le luxe avec Liz Taylor. A 50 ans, en 1984, vaincu par l’alcoolisme.

Richard Burton et Liz Taylor

Richard Burton et Liz Taylor

 

Richard Burton et Liz Taylor

Richard Burton et Liz Taylor

Annexe

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Diffusion

« Les couples mythiques du cinéma » (série doc OCS « signature »)

OCS Géants

série doc diffusée à partir du lundi 4 mai  22h20 jusqu’au 6 juin 2015

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Notre note

4 Stars (4 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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