FUR : An imaginary portrait of Diane Arbus : Masques

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Portrait imaginaire d’une photographe célèbre ayant sévi dans les années 60/70 aux Etats-Unis, suicidée en 1971, ce film imagine la vie de Diane Arbus par le biais de son histoire d’amour avec son voisin, atteint d’une maladie incurable qui en a fait un monstre de foire.

Le film en flash-back débute par une scène où Diane Arbus arrive faire des photos dans un camp naturiste, accueillie par un couple qui la reçoit entièrement nu et lui demande d’en faire autant pour son reportage. Quelques mois plus tôt, à New York en 1958, l’emménagement d’un voisin un peu particulier à l’étage au dessus de leur appartement, va faire basculer la vie de Diane Arbus, jeune femme étrange et coincée, qui va passer à l’acte en mettant ses fantasmes au service d’une œuvre photographique future, voyant ainsi démarrer sa carrière d’artiste.

Mariée à Allan, un ami d’enfance photographe, elle lui sert d’assistante pendant quelques années pour des photos de mode, pour Harpers Bazaar ou Vogue, qui l’assomment. Fille de riches fourreurs, Diane n’est attirée depuis l’enfance que par les «freaks», des personnages hors normes, des monstres de cirque : géants, nains, femme sans bras, sœurs siamoises. Bien entendu, de la fourrure parentale à l’excès de pilosité dont est victime le voisin du dessus, couvert de longs poils de la tête aux pieds, il n’y a qu’un étage que Diane va franchir un jour… La ficelle psychanalytique est un peu épaisse… Le tropisme de Diane pour les poils est surligné depuis le départ : les sourcils qu’elle épile, le poignet poilu du mari, le générique tapis de cheveux puis agrandissements de poils au microscope, le prénom du voisin Lionnel, etc…

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Dans un décor très étudié avec un appartement chic et clair aux tons neutres du ménage Arbus contrastant avec celui ocre et sombre, meublé de bois précieux et de masques africains du voisin du dessus, le film a un ton délibérément singulier et mystérieux comme le comportement de son personnage principal, Diane, sur fond de reportage Vogue des années 50 : Nicole Kidman, sage chignon châtain, est engoncée dans des robes ternes gris perle ou grège boutonnées jusqu’au menton, une seule robe rouge décolletée, symbole de la passion, lors de la provocante présentation du voisin Lionnel à ses parents et ses amis pour son anniversaire de mariage.

Le mal de chien que se donne le réalisateur pour fabriquer du fantastique dans un film inutilement sophistiqué n’aboutit pas à l’ambiance étrange qu’il veut visiblement produire. En revanche, c’est de l’improbable histoire d’amour entre cette jeune femme coincée et atypique et cet homme promis à une mort prochaine par une maladie rare d’hypertrophie de la pilosité (hypertrichose) qui envahit ses poumons et l’asphyxie, que vient la bonne surprise : le couple fonctionne et leur relation est assez touchante, surtout la scène sensuelle où le voisin (Robert Downey Jr) demande à Diane (Nicole Kidman) de le raser, les regards défoncés et le trouble moite de Nicole Kidman évadée dans ses fantasmes, sont assez parlants et communicatifs.

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Ni film d’auteur ni cinéma commercial, c’est le genre de petits films littéraires comme Nicole Kidman aime en tourner, dont elle dit elle-même qu’ils ont assis sa réputation : par exemple, «Les Autres» d’Amenabar ou «Portrait de femme» de Jane Campion d’après un roman d’Henry James. A la fois pas trop produit Hollywoodien et biographie de femme hors du commun telle celle de la romancière Virginia Wolf dans "The Hours", également suicidée. L’actrice la mieux payée des studios a réussit là toutes les autres ont échoué : à devenir une star grâce à des films qui ne sont pas des succès aux box-office, alternant intelligemment un Lars Von Triers (« Dogville» ) avec un Sydney Pollack («L’Interprète» ) sans jamais tomber dans la production à la Disney… Dès ses débuts, elle se fait connaître avec un savoureux petit film de Gus Van Sant « To Die for » tout en étant l’épouse très médiatisée de Tom Cruise aux côtés de qui elle tourné aussi bien «Horizons lointains» que dans le dernier Kubrick «Eyes wide shut»….

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Réduisant en grande partie la personnalité et la pathologie de Diane Airbus, apparemment exhibitionniste et voyeuriste, à une variante de «La Belle et la bête» en focalisant le récit sur la relation entre Diane et son voisin, ce film offre une biographie imaginaire assez timorée et superficielle de l’artiste. L’implication extrême de Diane Arbus avec ses modèles tout au long de sa carrière est néanmoins éffleurée grâce à l’introduction. Un film blanc et lent, sans montée de l’intensité narrative, quelquefois attachant grâce à la prestation délicate de Nicole Kidman et le non dit de la souffrance de la différence du personnage du voisin monstrueux sous ses masques.

 

Mini-Pitch : la vie imaginaire de la photographe Diane Arbus et sa rencontre avec son premier modèle, sorte de monstre de foire, personnage hors normes comme elle en photographiera toute sa carrière avant de mettre fin à ses jours en 1971.

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Posted by:

zoliobi

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