Journée Meryl Streep « Julie&Julia », Aldrich « The Grissom gang » (« Pas d’orchidées pour Miss Blandish ») et doc « Boy interrupted »

Enfin la météo s’améliore, le samedi ayant également amené un lot conséquent de parisiens, Deauville s’anime, ce sera sans doute le seul WE où les hôtels afficheront complet, le seul WE qui verra passer des stars américaines patentées, après Eric Bana hier en ouverture et ce matin en conférence de presse pour « Hors du temps », Meryl Streep ovationnée ce soir au CID en venant présenter « Julie&Julia » avec l’équipe du film. Vers 14h30, la conférence de presse de Meryl Streep avait attiré la foule, en compagnie de la réalisatrice Nora Ephron et des deux acteurs du film, Stanley Tucci et Chris Messina, les questions n’ont porté que sur la cuisine, le film aussi d’ailleurs, ça tombe bien, étonnant combien il y avait peu à dire qu’énumérer son plat préféré, dire sa passion de manger… Si la semaine prochaine verra défiler Andy Garcia, Robin Wright-Penn et Harrison Ford, on est davantage dans l’hommage aux stars des années 80 que dans la relève des années 2000, d’ailleurs, la mode tente un revival eighties cette année… 

     



Une journée devenue soudain ensoleillée et pavée de stops dans les bars, les terrasses, parfois en compagnie de confrères blogueurs (Tadah! Blog, In the Mood for Deauville, Une Dernière séance?), terrasses du festival, « Bar du soleil », bar du Royal, etc… Démarrant par un film rare de Robert Aldrich « The Grissom gang » (« Pas d’orchidées pour Miss Blandish », 1970), un polar noir en couleur légérement horrifique, une histoire d’amour entâchée du tabou social entre kidnappée et kidnappeur, un second degré vaguement parodique, beaucoup de niveaux de lectures pour ce grand moment de cinéma, le meilleur depuis mon arrivée. Après la conférence de presse de Meryl Streep, je me laisse tenter par un doc de l’Oncle Sam « Boy interrupted », le récit d’une histoire vraie, le suicide du fils de la réalisatrice qui vient sobrement présenter le film au cinéma du casino, un ado de 15 ans souffrant depuis l’enfance de troubles bipolaires à tendance dépressive marquée, ses deux parents réalisateurs possédant beaucoup de films et photos à tous les âges de sa courte vie. Dur, flippant, la tendance naturelle des parents désemparés à rationaliser un comportement échappant à une logique immédiate, le psy en rajoutant dans la confusion, on mesure la solitude de l’incompris que tout l’amour de l’entourage ne rassure pas, qu’une lucidité exacerbée sur l’inconvénient d’être né pousse à quitter ce monde.
« Boy interrupted »

 

Stanley Tucci, Nora Ephron et Meryl Streep présentent « Julie&Julia » au CID

sortie 16 septembre 2009

Soirée cuisine donc, « Julie&Julia », deux histoires en parallèles, deux époques, deux manières de publier, une sorte de Jean-Pierre Coffe au féminin des années 50 ayant édité un célèbre livre de cuisine pour réduquer la ménagère américaine du cauchemar climatisé à ne plus ouvrir des boites de conserve mais à mitonner un Boeuf bourguignon, une jeune femme des années 2000 tenant un blog cuisine en hommage à la précédente dont les lumières vont éclairer sa vie. Film US à gros budget, bien construit, sage, formaté, focalisé sur le personnage interprété par Meryl Streep qui concocte un rôle de composition très extraverti où on croirait entendre… Jacqueline Maillan, la diction, le placement de voix, les accélérations de débit, les petis rires étouffés, c’est assez hallucinant en anglais, un hommage à cette grande actrice de théâtre disparue, parfois épouse de Louis de Funès au cinéma (« Pouic-Pouic »), voire de Michel Galabru avec la troupe du Splendid (« Papy fait de la résistance »), en plus de l’hommage à la cuisine française…

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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