« Le Grand appartement » : Sympa à tout prix

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Encore une comédie… Hormis «Hors de prix» un peu au dessus de la mêlée, ce n’est pas du côté du réalisateur de «Pleure pas la bouche pleine» et «Le Chaud lapin» qu’on va se faire plaisir… Tout comme pour «Le Héros de la famille» la semaine dernière, les critiques de la presse écrite font preuve d’une étonnante indulgence pour cet appartement de 320 m2 avec Laetitia Casta et Pierre Lescure intégrés car tout le monde veut jouer la comédie : l’ancien pdg, le top model, l’animateur télé, etc…

Le sujet de cette comédie tient en une ligne : dans un appartement dont le loyer obéit à la loi de 1948, une joyeuse bande menée par Laetitia Casta est menacée d’expulsion par une propriétaire cupide (Noémie Lovsky)… Une idée diluée sur deux heures au point qu’on en oublie d’où on partait et où on voulait en venir, surtout quand le réalisateur par l’entremise de Pierre Arditi qui joue lui-même un réalisateur, se met à tourner d’interminables scènes de french cancan dans l’appartement sans qu’on comprenne bien pourquoi cette digression qui prend un quart du film même si certains critiques y ont vu, à juste raison sur l’idée de départ, une métaphore du cinéma français agonisant.

Un staff amicalo-familial occupe l’appartement : Francesca, Martin (Mathieu Amalric) et leur fille, la sœur de Francesca et ses copines, la sœur de Martin, la grand-mère et le squatteur de charme : Adrien qui saute sur toute femme versée dans la nourriture : la fromagère, la marchande des quatre saisons, etc… en revenant de ses exploits avec une roue de Comté, un cageot de légumes… L’atmosphère est totalement idéalisée, tout le monde il est beau et gentil et un tout petit peu ronchon, même le patron du bar est comme de la famille… Il paraît qu’ils habitent Paris… Je vous donne en mille de reconnaître l’ambiance speed et stressée de la capitale dans ce tableau idyllique…

Devant la lâcheté de son époux, c’est la belle et courageuse Francesca qui va prendre le dossier d’expulsion en main et même remplacer l’avocat… Laetitia Casta interprète cette héroïne de la vie moderne pour laquelle le réalisateur se donne un mal fou pour qu’elle n’ait pas l’air d’un mannequin mais d’une jeune femme naturelle : peu de maquillage, robes à fleurettes, petits gilets, dessous en coton blanc Petit Bateau et poils sous les bras qui ont fait jaser, ce qui a l’air de l’agacer, je l’ai lu dans plusieurs magazines ayant publié un nouveau type d’interviews auxquelles elle a répondu : celles faites par les lecteurs, on n’arrête pas le progrès…

Les situations mollement vaudevillesques tiennent lieu de scénario : l’infidélité du mari en Italie qui ne voulait pas céder à la tentation avec Amalric plutôt mal à l’aise dans la comédie, roulant des gros yeux affolés, les maîtresses de Pierre Arditi qui sont les seules scènes drôles, ce dernier surjouant à mort avec une certaine grâce, parfois même désopilant si on n’y regarde pas trop côté caricature du personnage : le regard de Pascal Thomas sur les hommes et les femmes est en effet assez consternant : les hommes lâches et obsédés sexuels, les femmes portant la culotte quand elles ne l’enlèvent pas aussitôt pour devenir des nymphos, une comédie à l’ancienne qui ne s’embarrasse pas de psychologie…

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Tandis que les rôles principaux reviennent à des transfuges, quelques solides acteurs du cinéma français comme Bernard Verley, Jean-François Balmer, François Morel jouent des rôles minuscules… Malgré cette tentative de renouvellement du casting, on tournerait un film dans l’appartement "Paris chante-t-il?" : car c’est d’un film nostalgique du cinéma de papa et de la qualité de vie des années 70 qu’il s’agit, en quête que tout et tout le monde soit sympa à tout prix… Un Paris sur cinéma peint en rose Demy, longuet et peu crédible, avec quelques scènes amusantes imputables au seul Pierre Arditi… Pourquoi tant de comédies françaises sur les écrans de France, on frise l’overdose…

Critique du film également parue sur le site Ecran Large…

 

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zoliobi

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