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« Mémories of murder » : reprise d’un chef d’œuvre du polar

focus film Bong Joon-ho, 2003, reprise le 5 juillet 2017

Pitch

Après l'assassinat de plusieurs jeunes femmes, commis selon un rituel identique, on dépêche de Séoul un jeune inspecteur spécialisé dans les crimes en série...

Notes

C’est le polar coréen multi-primé dont on a dit souvent qu’il avait révolutionné l’univers du polar. Il n’a pas pris une ride car c’est un chef d’œuvre. Une enquête à la « Zodiac » où on ne connaîtra jamais l’assassin, ce serial killer qui obsède deux inspecteurs stupides et bornés d’une bourgade coréenne près d’une mine auquel on a adjoint un inspecteur mandaté de Séoul, spécialisé dans les serial killers, l’inspecteur Jeo, qu’ils ont du mal à supporter.

"Memories of murder"

« Memories of murder »

Un plan au soleil et ce sera le seul (je crois qu’il y en a un autre vers la fin du film) : un petit garçon trouve sous une dalle en béton le cadavre d’une jeune femme, ligotée, avec sa gaine sur la tête. Les deux inspecteurs en viennent vite à soupçonner le fils débile et dégénéré d’un restaurateur qui avoue ce qu’on veut. Mais l’inspecteur Jeo comprend qu’il a été incapable de faire des noeuds sophistiqués sur le cadavre. Dépitée, la police le relâche. On trouvera ainsi d’autres coupables qui ne sont pas coupables…

Mais l’inspecteur Jeo à observé que le meurtrier agit toujours un jour de pluie sur des jeunes femmes habillées en rouge et une musique peu connue demandée régulièrement par un auditeur à une radio (« Lettre triste »), une chanson très triste. Ce qui aboutit à arrêter un ouvrier de l’usine, obsédé sexuel à ses heures, qui possède un slip en satin rouge. Encore une bévue…

On en est à présent à 6 victimes…

 

Et aussi

Sans être parodique du tout, « Memories of murder », possède beaucoup d’humour en décrivant la psychologie des personnages, leur sottise, leur vanité et leur crédulité, notamment celle des deux acolytes bornés et du chef de la police qui l’est à peine un peu moins. D’une manière subtile, le film met en scène les embûches que sont la pléthore d’exercices de sécurité (simulation incendie coupant la vie de tout une école, par exemple) qui entravent les enquêtes et fait un portrait acide de la société coréenne du début des années 2000.

L’image demeure cependant celle d’un polar noir, gris-verdâtre, lugubre, où le plan ensoleillé du début du film a disparu avec la découverte de la première victime. C’est un film captivant qui demeure un vrai polar réaliste qui fait souvent froid de le dos. Le réalisateur a une certaine tendresse, tel Flaubert dans « Bouvard et Pécuchet » (son dernier livre inachevé), pour ses deux anti-héros et aussi cet inspecteur de Séoul trop beau et tellement plus avisé que les deux compères. Tous s’investissent selon leurs moyens et aucun n’en sortira indemne.

"Memories of murder"

« Memories of murder »

Difficile d’expliquer la jubilation du cinéphile devant ce film parfait qui captive, fait rire plus souvent qu’on ne l’aurait cru, la perfection de la mise en scène, la beauté des images, l’intelligence dans l’observation des gens et des lieux, l’analyse fine de la société, une rareté à déguster sans modération. Jamais en France ni aux US, on n’arrivera à moins de la moitié de ce niveau de perfection.

 

Bande annonce

Notre note

5.0 Stars (5,0 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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