« Quartet » : drame élégant sous le manteau de la comédie romantique, le premier film réalisé par Dustin Hoffman

Dustin Hoffman, sortie 3 avril 2013

Pitch

Une maison de retraite pour musiciens dans la campagne anglaise dont on a annoncé la fermeture dans six mois. Sauf si un concert exceptionnel attire assez de donateurs pour la sauver, arrive alors sur place une ancienne diva.

C’est un film élégant sur le naufrage de la vieillesse et ses joies comptées, ses souvenirs d’un passé qui éclaire parfois le présent déclinant pour en marquer ensuite cruellement la différence car il y a cet avant et cet après. Après une vie professionnelle plus ou moins brillante, il y a l’anti-chambre de la fin, ici, la maison de retraite de Beecham house au coeur de la campagne anglaise qui abrite des musiciens et des chanteurs d’Opéra. Scène cruelle de Jean Horton, ancienne diva, dans son appartement Londonien vide qui attend, depuis sa fenêtre, la voiture qui l’emmènera à Beecham house.
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Que semble dire le film? Que seule la passion (ici, de la musique) maintient en vie? Que le visage de la vieillesse (et la solitude, sa soeur) est la conséquence de la somme des erreurs d’une vie? Jean Horton débarquant à Beecham house, les anciennes passions et les vieilles rancunes sont exhumées des mémoires de trois personnages, ses anciens partenaires à la scène, Reginald, ténor qui fut aussi son mari et n’a pas pardonné l’infidélité, Cissy et Wilfred. Reginald donne poussivement des cours de musique, Cissy perd la mémoire, Wilfred se fait croire qu’il aime encore séduire toutes les femmes. Mais il faut sauver Beecham house en donnant un gala de fin d’année qui attire les riches donateurs et, pour cela, en puisant l’énergie du présent dans leur passé commun, le quatuor va se reformer : celui de « Rigoletto » de Verdi avec lequel les quatre interprètes triomphaient autrefois sur les scènes internationales.


photo Pyramide distribution

Adapté d’une pièce de théâtre, le film en a les défauts et les qualités, il faut aimer les adaptations théâtrales (je n’en suis pas, en général), transcendé par une interprétation brillante d’acteurs qui ont le sens de la mesure à tous les sens du terme… Drame pudique sur la fin de vie, traité comme une comédie romantique nostalgique, le film est très touchant, triste et digne malgré l’omniprésence de l’humour. Bien que produit et réalisé par Dustin Hoffman (45 ans de carrière mais son premier film en tant que réalisateur), c’est un hommage à l’esprit british « never complain, never explain », au chic anglais discret et introverti. Maggie Smith (Jean Horton) y est, comme toujours, magnifique et une mention spéciale à Michael Gambon, très drôle.
 

Notre note

(4 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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