« The Comedians » (« Les Comédiens ») : le rôle de leur vie

TCM, rétrospective Liz Taylor, Peter Glenville, 1967

Pitch

Haïti, années 60. La femme oisive d'un ambassadeur et un patron d'hôtel désenchanté ont une liaison apparemment passionnée sur fond de terreur du régime du dictateur Duvalier et des Tontons Macoutes....

Un quadragénaire anglais, Brown, revient à Haïti après trois mois d’absence à New-York où il a vainement tenté de vendre son hôtel « Le Trianon » que lui a légué sa mère qui vivait sur place en concubinage avec un médecin haïtien. Brown débarque du paquebot avec un couple de riches industriels américains, Monsieur et Madame Smith, idéalistes, fervents défenseurs des droits de l’homme, qui comptent installer un centre végétarien à Haïti. Egalement du voyage, le Major Jones qui est arrêté à sa descente de bâteau et mis en prison sans motif. Brown rejoint la belle Martha Pineda, femme d’un ambassadeur, dans sa voiture, et le couple semble entretenir une liaison passionnée. Pourtant, on s’aperçoit petit à petit que Martha aime son mari et surtout son jeune fils Angelito qu’elle n’a pas l’intention d’abandonner pour Brown malgré ses effusions. Brown, lui, dit qu’il voulait vendre son hôtel pour avoir de l’argent afin de suivre Martha quand son mari sera nommé ailleurs.
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Les Smith, naïvement héroïques, portés par leurs convictions, s’installent à l’hôtel « Le Trianon » chez Brown et graissent la patte du ministre de l’industrie qui les ménage afin de faire délivrer le Major Jones. Pourtant, l’avalanche de morts assassinés par les Tontons Macoutes du régime du dictateur Duvalier va avoir raison de leur bonne volonté, ils repartiront à mi-film. Dans cette ambiance de terreur menée par capitaine Concasseur, chef de la police de Duvalier, les uns et les autres continuent pourtant à aller et venir, l’habitude diminuant la perception du danger.


Film destiné à réunir à l’affiche le couple Burton/Taylor sur un scénario de Graham Greene, il est en fait au second plan. Ce film au look un peu désuet au premier abord est franchement réaliste pour l’époque, dénonçant clairement et montrant les atrocités du régime Duvalier. Parallèlement, on est immergé dans le désenchantement des étrangers obligés d’habiter Port-au-Prince, Brown à cause de l’hôtel hérité de sa mère, Martha pour accompagner son ambassadeur de mari : dans la crédulité des touristes de passage, les Smith croyant apporter la diététique et la santé en Haïti, le Major Jones, petit escroc tentant sa chance. Insidieusement, les sentiments de Brown et Martha vont s’élimer, tandis qu’une vague conscience politique va finalement poindre chez ces deux êtres égocentriques, plus par désespérance, oisiveté et sentiment de leur inutilité que par courage ou engagement. Cette lenteur de vivre, cet ennui chronique, cette absence de vitalité, ce train-train colonial ponctué de morts violentes et d’arrestations des autochtones persécutés, sont bien rendus avec un rythme lent donnant un ton mélancolique au film, une ambiance blanche  et lourde de solitude, de mensonge permanent, chacun jouant un rôle avec de moins en moins de conviction, lassé de mentir. Ce sont « les Comédiens » du titre du film.
 


Casting en or, Liz Taylor époque Burton, brushing boule laqué et petites robes sixties, un rôle un peu tiède face à son mari au superlatif de l’époque, deux Martha la même année (avec celle de « Qui a peur de Virginia Wolf? » (1967), un personnage d’épouse d’ambassadeur d’origine allemande, désabusée, superficielle mais maternelle, qu’elle aurait pu pimenter davantage (elle le fait vers la fin), entourée aussi de grands acteurs comme Peter Ustinov et Alc Guiness. Un film pas inoubliable mais intéressant, qui aurait gagné à être plus contrasté, plus radical.
 

Rétrospective Liz Taylor sur TCM, rediff : Lundi 10 Mai 2010 à 06.55 ; Jeudi 13 Mai 2010 à 03.30 – Dimanche 16 Mai 2010 à 03.00.Lire mon article sur la rétrospective Liz Taylor en 27 films tous les soirs sur TCM en mai 2010…


Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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