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« À Monster calls » (« Quelques minutes après minuit ») : Les chemins imaginaires de la vérité

focus film Juan Antonio Bayona, sortie 4 janvier 2017

Pitch

D'après le roman de Patrick Ness, l'histoire de Conor, un petit garçon qui se refugie dans l'imaginaire pour apprendre le travail de deuil.

Notes

La mère de Conor est en train de s’éteindre doucement, traitement anti-cancéreux après traitement alternatif, de leur maison à l’hôpital, le jeune garçon le sait mais il ne veut pas le savoir. Coincé entre le harcèlement de ses camarades de classe et l’autoritarisme de sa grand-mère, un père absent remarié, Conor se réfugie toutes les nuits dans un imaginaire à la fois terrifiant et réconfortant qui prend la figure d’un arbre gigantesque, à la fois monstrueux et affectueux, qui représente l’inconscient refoulé, ce qu’on ne peut pas accepter consciemment. Connor peut-il à la fois adorer sa mère et souhaiter que cessent enfin les souffrances endurées par les deux partis puisque la mort se profile, inéluctable, incontournable? En le protégeant de la vérité le jour, la mère de Conor, le condamne à ne pas la supporter et l’arbre monstrueux va lui enseigner la nuit le travail de deuil, la nécessité et la légitimité  du chagrin pour affronter et accepter cette vérité.

"A monster calls" (photos Metropolitan Filmexport)

« A monster calls » (photos Metropolitan Filmexport)

Et aussi

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L’image est somptueuse dans ce film qui a déjà fait tant pleurer les spectateurs qui l’ont vu, pas moi, en vérité, pas immédiatement en tout cas… Car c’est un film qui touche immédiatement ou qui nécessite un temps de décantation pour extrapoler cette histoire à d’autres situations de deuil.

Les lieux et décors intemporels, les intérieurs comme « hors du temps » sont très intelligents car il soulignent bien l’intemporalité, voire l’universalité, du travail de deuil, traité ici sous l’angle fantastique, un choix qu’on attendait du réalisateur de « L’Orphelinat », Juan Antonio Bayona. La force du fantastique, générateur d’angoisse, est ici au service du bien, ce qui est rarement le cas au cinéma, sans doute parce qu’ici le fantastique et l’imaginaire se mélangent et s’interpénètrent.

C’est l’adaptation d’un livre pour enfants (de Patrick Ness) et j’ignore si ce conte était également traité à la manière fantastique mais je le suppose. Est-ce pour cela que le spectateur adulte, s’il ne fonctionne pas par identification immédiate émotionnelle, trouve, comme cela a été mon cas, la construction du récit trop explicative et démonstrative?

 

POST RÉDIGÉ LE 8 décembre 2017

 

 

Notre note

3.5 Stars (3,5 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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