« Crazy heart » : ex-star du country, version soft

Scott Cooper, sortie 3 mars 2010

Pitch

Pendant que Bad Blake, ex-star du country, végète dans des tournées minables, Tommy Sweet, à qui il a tout appris, à décroché le jackpot, devenu une superstar remplissant les stades, quand survient Jean Craddock, une journaliste débutante...

 

La country music est tendance au cinéma en ce moment, après le superbe choc « White lightnin' », voilà encore un portrait d’ex-star déchue du country qui se bat contre ses démons. En comparaison de la descente aux enfers de Jesco White et de sa bouleversante histoire d’amour fusionnelle avec l’unique femme de sa vie, l’alcoolisme chronique du bougon Bad Blake dans « Crazy heart » et sa love historette avec une journaliste débutante venue l’interviewer ne va pas bouleverser grand monde. Reste que Jeff Bridges, qui porte le film tout seul sur ses épaules, est magnifique, que les concerts et la BO vraiment cool, on aurait d’ailleurs préféré voir à l’écran s’enchaîner les concerts de country et zapper la maniérée Maggie Gyllehaal avec ses mines de de femme fragile, son sourire forcé, son petit garçon perfection, qui naturellement devient le meilleur copain de Bad Blake au premier regard…
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photo Twentieth Century Fox

L’histoire tient en deux mots : dans les années 80, Bad Blake écume la région durant des tournées minables, comme chanter dans un bowling, végéter dans des motels avec un plateau-repas, changer de musiciens tous les soirs. Autrefois star du country, il fut le mentor de Tommy Sweet devenu, lui, une superstar du New Country remplissant les stades et vendant des millions d’albums comme rien. Les deux hommes fâchés lors d’une tournée antérieure, une réconciliation relative se profile, Tommy fait demander à Bad de composer les chansons pour son prochain album, l’invite en première partie de son concert, le second accepte, rancunier, amer, parce qu’il a besoin d’argent.
Bad (Jeff Bridges) et Tommy (Colin Farrell) sont, à mon avis, le vrai couple du film, les rapports entres les deux hommes complexes, intéressants, bien que traités superficiellement, l’un n’existe pas sans l’autre, et chacun des deux se passerait de cette équation… Tommy sait que Bad lui a tout appris, mais la reconnaissance, comme chacun sait, est lourde à porter, Bad est obligé d’accepter de ramasser aujourd’hui les miettes du succès de son protégé, n’ayant pas trop le choix pour survivre artistiquement, financièrement. 


photo Twentieth Century Fox

Hormis quelques scènes de Bad Blake malade, alcoolique chronique fumant comme une cheminée et vomissant entre deux chansons, le film est pavé de bons sentiments et de politiquement correct, la réconciliation des frères ennemis qui s’estiment mutuellement, l’histoire d’amour entre Bad et Jean, la journaliste attirée par les bad boys mais mère responsable qui préfèrera mettre fin à sa liaison avec un alcoolique auto-destructeur pour protéger son fils, une vraie campagne de prévention de santé contre l’alcool et la cigarette…A voir néanmoins pour Jeff Bridges, aussi craquant que dans « Susie et les Baker boys », au demeurant vrai musicien dans la vie,  Robert Duvall dans un second rôle et surtout pour la BO concoctée par T Bone Burnett et Stephen Bruton (qui aurait eu une vie proche du personnage de Blake) avec le contribution de Jeff Bridges himself… De la chanson « Fallin’&flying », le grand succès de Bad Blake, reprise par Tommy Sweet, T Bone Burnett dit « c’est à propos d’un mec qui s’écrase et qui passe du bon temps à le faire. Il y a vraiment des moments où la chute ressemble à un envol ». Bad Blake s’exprime

mieux dans ses chansons que dans la vie et le film aussi…PS. Ce film vient d’obtenir 2 Golden globes : meilleur acteur et meilleure musique.


photo Twentieth Century Fox

 

Notre note

(3 / 5)

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Posted by:

Camille Marty-Musso
Créateur et responsable éditorial du site www.cinemaniac.fr, en ligne depuis janvier 2006.

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